Dans le métier depuis quelques années, la comédienne québécoise Daphnée Côté-Hallé a récemment décroché le premier grand rôle de sa carrière. Et c’est à Paris que son art l’a conduite, où elle donne la réplique à Eric Judor dans la série Week-end Family actuellement en tournage et produite par Disney+ France. La Presse lui a parlé.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

Au bout du fil, de Paris, la voix de Daphnée Côté-Hallé oscille entre l’étonnement, la joie et les rires, nombreux et généreux. La comédienne qui n’a pas 30 ans se pince encore. Elle défend le premier rôle féminin d’Emmanuelle dans Week-end Family, une série de huit épisodes de trente minutes tournée en français et produite par Disney+ France.

« Je joue avec une star française [Eric Judor, vedette de Platane] dans une série qui sera traduite dans 45 langues pour être diffusée partout dans le monde [d’où son titre anglais]. Ce que je vis en ce moment est un peu surréel. C’est mon premier projet en France, mais c’est en fait mon premier gros projet tout court en tant qu’actrice », dit la comédienne en entrevue.

Comme son titre le laisse présager, Week-end Family est une comédie familiale de type « film pur bonheur » (feel-good movie en anglais) ». Fred (Judor) est le père de trois filles (Clara, Victoire et Romy) de 15, 12 et 9 ans, issues de trois mères différentes et dont il a la garde durant les fins de semaine. Un jour, il croise Emmanuelle (Côté-Hallé), doctorante en psychologie du Québec dont il tombe follement amoureux.

Le reste est à l’avenant. Emmanuelle est introduite dans la famille et fait petit à petit sa place alors que ses connaissances universitaires sont mises à l’épreuve dans le contexte de la réalité quotidienne.

PHOTO TIRÉE DU SITE IMDB

Le comédien Eric Judor

« Comme mon personnage étudie en psychologie de l’enfance, il arrive dans cette famille avec ses grandes théories et les confronte avec la réalité, résume Daphnée Côté-Hallé. Emmanuelle est pleine de bonne volonté avec les filles, mais elle est parfois un peu maladroite en essayant d’appliquer ses théories. Sa relation de couple évolue aussi à travers cela. »

Si le personnage d’Emmanuelle est québécois, le scénario ne s’y attarde pas, indique la comédienne qu’on a vue au Québec dans Faits divers (la policière Pascale Pineau surnommée P. Pineau), Six degrés, Victor Lessard III et Le Killing.

Oui, je suis la belle-mère québécoise, mais on n’insiste pas sur le décalage culturel et je trouve ça cool. Je ne suis pas une Québécoise à Paris, mais une jeune femme qui vit des choses à Paris en s’intégrant dans une famille. Les gens de la production m’ont même demandé de conserver mon accent.

Daphnée Côté-Hallé

Que les artisans de la série aient considéré la candidature de la jeune comédienne dès le début demeure un mystère pour cette dernière. D’une façon ou d’une autre, son nom et sa photo circulaient dans les officines. Un jour, le téléphone a sonné chez son agente (Agence M) et le reste a suivi.

« On a fait une audition à distance. On nous a demandé d’envoyer tout ce que j’avais fait. On a couru à gauche et à droite pour trouver mes démos antérieurs. J’ai eu une rencontre en Zoom avec Eric Tudor, les réalisateurs Pierre-François Martin-Laval et Sophie Reine, la directrice de casting, etc. J’ai su à deux semaines du début du tournage que j’avais le rôle. On m’a dit que je suis passée par 28 approbations ! [rires] »

Dès les premiers contacts, une fois sur place, Daphnée Côté-Hallé a senti que les choses allaient bien se passer.

Les actrices incarnant les enfants [Liona Bordonaro, Midie Dreyfus et Roxanne Barrazuol] ont l’âge de leur personnage et elles sont adorables. Nous sommes devenues comme une petite famille. Sur le tournage, elles sont un peu mes petites sœurs.

Daphnée Côté-Hallé

Quant à son propre personnage d’Emmanuelle, il est très proche d’elle. Je suis zéro dénaturée, dit-elle. Je suis super à l’aise de jouer ce personnage qui est vraiment moi. Je crois posséder l’énergie qu’on recherchait. »

La majorité des scènes sont campées dans l’appartement de la famille. Le plateau est installé dans un appartement du 6e arrondissement, sur la rive gauche. Quelques scènes sont tournées à l’extérieur. D’ailleurs, au lendemain de notre entrevue, Daphnée Côté-Hallé avait des scènes de patin à glace à tourner. « Mon personnage fait du patin artistique alors que je suis nulle en patin, rigole-t-elle. Alors, j’ai une doublure. »

En tout, Daphnée Côté-Hallé passera trois mois à Paris pour ce tournage. Elle prévoit de revenir au Québec à la fin du mois de juillet.