Le fauconnier. Loup blanc. Le Réparateur. Gaïa. Fantomas. Shotgun. Plein de nouveaux noms ont rebondi dans la finale d’Alertes, relayée lundi soir sur les ondes de TVA, ce qui a semé la confusion dans une série déjà embrouillée.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Démêlons tout ça, d’accord ? Alors, La Garde, groupe néonazi dont les membres luttent contre les « politiques multiculturelles les faisant sentir coupables d’être Blancs », a été décapitée en partie. Pour les non-initiés d’Alertes, La Garde s’apparente à La Meute avec des attentats terroristes — et des meurtres — en prime.

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Jean-Simon Leduc dans la série Alertes

Le cerveau de l’opération, Christian Reed (Guillaume Champoux), soit le fameux Loup blanc, patron d’une boîte de télécoms, a été menotté. Gaston Ouellette (Luc Proulx), alias le Réparateur, a été abattu alors qu’il retenait en otage la pauvre Delphine Melançon (Alice Moreault), alias Cirrus, agente d’infiltration temporaire de la Sécurité du Québec.

Quant à la mystérieuse avocate Rachel Poliquin (Lise Martin), alias Gaïa, elle n’a pas encore été embêtée par l’escouade de la capitaine Stéphanie Duquette (Sophie Prégent). Son tour viendra sûrement à l’automne, quand Alertes reprendra les ondes de TVA. Car La Garde n’a pas été neutralisée entièrement. Il reste encore des cellules actives au pays.

Reste que Gaïa, Loup blanc, le Réparateur, Cirrus, ça fait beaucoup de surnoms pour autant de personnages peu importants, non ? C’est inutilement étourdissant.

Du côté des bonnes nouvelles, le ténébreux Pascal (Jean-Simon Leduc) a finalement déposé sa maudite lettre au comité de libération, après avoir passé 12 épisodes, ponctués de retours en arrière ensanglantés, à l’écrire. Malheureusement pour Pascal, ses talents épistolaires n’ont pas été reconnus à leur juste valeur, et l’assassin de son père a été relâché. Woups.

Ça n’augure rien de bon. Alertes a pris fin avec une séquence où le tourmenté Pascal espionne le meurtrier Sylvain Lanctôt (Louis-Philippe Dandenault) avec un regard fou. Dans cette intrigue, ça ne tenait pas la route que Hugo Champagne (Éric Robidoux) évalue l’homme qui a tué le mari de la femme qu’il courtise. Vous suivez toujours ? C’est bien. On achève.

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Gaston Ouellette (Luc Proulx) a été abattu alors qu’il retenait en otage Delphine Melançon (Alice Moreault), agente d’infiltration temporaire de la Sécurité du Québec.

Autre dossier réglé, celui de Corine Vaillancourt (Ève Lemieux). La jeune mère de famille a confessé ce que nous soupçonnions depuis quelques épisodes : elle a fugué avec Adam Vallières (Marc Beaupré) et n’a jamais été enlevée. C’est donc le patron Marc-André Bonenfant (Guy Jodoin) qui avait raison depuis le début. Dans les dents, capitaine Duquette.

J’avais beaucoup d’espoirs pour Alertes, qui a perdu des plumes depuis son premier épisode coup-de-poing. Le téléroman de Julie Hivon souffre d’un manque de direction. C’est un art que d’écrire un feuilleton qui avance vite, mais pas trop, qui nourrit les téléspectateurs toutes les semaines, sans les gaver.

Alertes pèche par excès d’extrêmes. C’est tout ou rien. Par exemple, interroger des suspects dans une cage digne du film Le silence des agneaux, c’est trop. Personne n’y croit. À l’inverse, rencontrer des témoins dans une immense salle aux murs de briques blanches, qui ressemble à un loft où Marilou cuisinerait des scones beiges sans gluten, ce n’est guère mieux.

Il y a moyen de redresser l’histoire d’Alertes, d’y injecter plus de crédibilité. Car le fait d’entendre Corine Vaillancourt dire que les « femmes enceintes sont des matrices pour La Garde en leur fournissant des futurs soldats », ça sonne faux et peu réaliste.

Et la belle Joëlle, elle ?

Intense débat — j’adore ça — sur la finale de la cinquième saison de L’échappée, que 871 000 fans ont regardée à TVA lundi soir.

Reprenons. La logique veut que l’illuminé Gérard Chaput (Alex Bisping) soit celui qui ait attaqué ou kidnappé Marie-Louise (Bianca Gervais) en pleine nuit, au milieu de nulle part. L’ultrareligieux Gérard la soupçonne de corrompre sa précieuse fille Rosalie (Milya Corbeil-Gauvreau). Et Gérard était l’un des seuls à savoir où se trouvait le fameux chalet loué par Marie-Louise et son amoureux, Richard L’Espérance (Pierre-Yves Cardinal). Il a bien vu l’adresse collée sur le frigo.

Sauf que dans L’échappée, la logique est loin d’être la meilleure conseillère pour deviner la suite des choses. Se pourrait-il que Joëlle (Laurie Babin) ait aussi voulu s’en prendre à Marie-Louise, qui ne la lâche pas à propos de la mort de Madeleine Trudeau, incarnée par Michelle Allen, créatrice de ce téléroman policier ?

Piste plus raboteuse, mais possible. Le thérapeute-gourou Jean-Simon (Steve Gagnon) a demandé à ses patientes de se débarrasser de la bille qui les empêchait de marcher droit. Pour Joëlle, Marie-Louise représente cette bille. Joëlle a quitté le motel refuge en pleine nuit pour commettre un geste épouvantable, qui n’a pas été révélé. Dans la note vocale retrouvée dans le téléphone de Marie-Louise, on entend une voix féminine, qui pourrait correspondre à celle de Joëlle.

Maintenant, comment Joëlle aurait-elle pu dénicher le lieu où Marie-Louise et Richard se reposaient pour le week-end ? Et comment aurait-elle pu deviner que Marie-Louise sortirait, en pleine nuit, pour admirer les étoiles filantes au-dessus du lac ? Cette hypothèse fonctionne moins bien.

Si Joëlle confesse l’attaque de Marie-Louise à Jean-Simon et à Jade (Charlotte Aubin), le truc de la « responsabilité croisée » ne la sauvera pas de la prison. Impossible. Quoique dans L’échappée, l’élastique de la crédibilité se tend parfois à son maximum. Rappelez-vous le masque de latex de David Lelièvre (Patrick Hivon). Cauchemar, mauvais sort.