La troisième saison de la série Faire œuvre utile vient d’être lancée sur les ondes d’ARTV.

Léa Carrier Léa Carrier
La Presse

Le printemps dernier, Janie a dû faire le deuil d’une partie de son adolescence. Du jour au lendemain, plus d’école, plus de bal de finissants, même pas un dernier au revoir à ses enseignants et ses camarades de classe. Elle a trouvé du réconfort dans sa collection du Journal d’Aurélie Laflamme.

« C’est dans ces livres que j’ai compris ce qu’était le deuil, peut-être à un âge trop jeune pour le comprendre complètement », raconte à la caméra Janie, 17 ans.

Son premier contact avec l’univers imaginé par l’auteure India Desjardins remonte à l’école primaire. Elle a toujours son premier exemplaire, un petit livre aux coins écornés et aux pages tachées. « Je ne compte plus les fois où je l’ai relu », dit-elle en rigolant.

Lorsque la pandémie a frappé le Québec, Janie a ressorti sa collection. Pour affronter ce deuil sans nom, sans tombe. Celui de son adolescence. « T’as l’impression qu’il faut que tu laisses quelque chose derrière toi, mais tu ne sais pas exactement c’est quoi », souffle-t-elle, émue.

Dans ce premier épisode d’une série de quatre, la jeune femme a raconté son histoire dans la troisième saison de l’émission Faire œuvre utile, qui a débuté le 23 avril à ARTV.

PHOTO FOURNIE PAR ARTV & ZONE3

L’auteure India Desjardins et Émilie Perreault discutent… en respectant les règles de distanciation dans le premier épisode de Faire œuvre utile, diffusé vendredi dernier.

India, marraine des ados

Pour des générations d’adolescents, India Desjardins est une marraine éloignée. Elle les écoute, les conseille, leur crée des mondes à leur image. Et surtout, elle veut le meilleur pour eux. « Je trouve les jeunes tellement résilients. Ils vivent un deuil totalement inattendu et je trouve qu’on ne les écoute pas assez », a-t-elle expliqué à La Presse.

Les jeunes avaient le droit de pleurer leur bal de finissants, dit-elle. Tout comme leur cérémonie de diplomation et leur entrée au cégep. « Tous ces rites de passage, on leur a enlevé. J’ai l’impression que les adultes minimisent un peu ce qu’ils vivent, mais leurs émotions sont valides », poursuit-elle.

Elle s’est sentie honorée de rencontrer Janie, une jeune femme « merveilleuse », dans le cadre de l’émission. Surtout, l’auteure s’émeut de voir qu’une partie d’Aurélie Laflamme vit toujours en elle. « Ça me touche de savoir que les mots que j’ai écrits il y a 15 ans aident encore les jeunes à traverser les obstacles de la vie. Ça a toujours été mon objectif. »

L’œuvre avant la vedette

Pour l’animatrice Émilie Perreault, toujours aux commandes de la série, il est plus important que jamais de rappeler la fonction essentielle des artistes. « D’une certaine façon, beaucoup d’artistes se sont sentis inutiles, cette année. Ils n’avaient plus de contact avec leur public, ils ne savaient pas si ce qu’ils lançaient était reçu », explique-t-elle.

Pourtant, leur impact est immense, et c’est ce que tient à démontrer Émilie Perreault, sans tomber dans le culte de la personnalité. « Faire œuvre utile, ce n’est pas un groupie qui rencontre son idole. Je veux expliquer ce qu’est le rôle de l’artiste dans notre société, à travers la relation entre un être humain et une œuvre. »

Dans le deuxième épisode, l’auteur Simon Boulerice s’entretient avec un jeune trans sur son livre L’enfant mascara, et une réfugiée rwandaise explique le lien particulier qui l’unit à la chanson Quand on est en amour de Patrick Normand. Les comédiens Christine Beaulieu et Louis Morissette, le chanteur Émile Proulx-Cloutier, l’auteure Chrystine Brouillet et le dramaturge Michel Marc Bouchard se retrouveront également dans les nouveaux épisodes de cette troisième saison.