Assurément, c’est le genre le plus casse-gueule en télévision. Chez nous, si on exclut la websérie Terreur 404, aucune chaîne ou plateforme n’a encore osé programmer une vraie série d’horreur, en format régulier, éclaboussée de sang et de viscères.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Non, L’échappée n’entre pas dans cette catégorie, même si la petite ville de Sainte-Alice a longtemps été terrorisée par un tueur en série qui portait un masque à la Michael Myers des films Halloween.

Du côté américain, la matière à répulsion pousse partout : Ratched, American Horror Story, Dracula, The Haunting of Hill House ou Servant, il y a du stock pour faire des cauchemars pendant une semaine de relâche complète. De rien, les enfants.

Jeudi matin, les abonnés du Club illico de Vidéotron découvriront les cinq premiers épisodes de Patrick Senécal présente, série écrite par cet auteur québécois prolifique, spécialiste du gore et du suspense. C’est très réussi. J’ai vu mardi les trois premiers épisodes et je ne me suis pas emmerdé une seule seconde.

Chacune des émissions de 30 minutes – quel bon choix de format, ni trop long ni trop court – raconte une histoire bouclée, complètement indépendante des autres. C’est comme regarder un recueil de nouvelles inédites avec des acteurs différents pour chacun des récits. L’ordre ne revêt aucune importance. Le seul lien ? Tous les protagonistes y vivent leur pire journée.

Le premier épisode, Seule, qui met en vedette Mylène Mackay et Sébastien Huberdeau, a été mon préféré. Rien à redire. Le deuxième, Audition, avec Théodore Pellerin et Anne-Marie Cadieux, est tordu à souhait et nous joue sournoisement dans la tête.

Le troisième, Sans génie, porté par Lou-Pascal Tremblay, relève plus du fantastique que de l’horreur. C’est le plus faible des trois, à mon avis.

Mais revenons au début. Tous les épisodes commencent de la même façon : assis devant sa sa machine à écrire rétro, l’écrivain Patrick Senécal entame la lecture d’un conte d’épouvante. Un clin d’œil à Alfred Hitchcock, qui a utilisé cette technique d’introduction dans sa propre série, diffusée entre 1955 et 1962.

Puis, ça démarre. Nous sommes d’abord à Cerbois, petite ville tranquille de troisième couronne, où s’installe la timide réceptionniste Julie (Mylène Mackay). Très vite, sa vie routinière bascule dans l’effroi. La nuit, un maniaque court dans les rues et coupe la main droite de ses victimes. Julie n’ose plus sortir seule et fraternise avec son voisin Olivier (Sébastien Huberdeau), qui traverse une crise matrimoniale. Vous ne croirez pas ce que vous verrez ensuite, titrerait sans doute un site web québécois à potins.

PHOTO KARINE DUFOUR, FOURNIE PAR ILLICO

L’écrivain et scénariste Patrick Senécal

Dans la deuxième demi-heure, un jeune acteur (Théodore Pellerin) passe une audition devant une énigmatique metteure en scène (Anne-Marie Cadieux), flanquée d’un assistant louche (Sébastien René). La réalité se mêle à la fiction, il y a un couteau sur la table et un nain qui marche vite, vite, vite. Quelle sorte de compagnie théâtrale s’installerait dans un lieu aussi glauque ?

Au troisième épisode, nous rencontrons un chanteur (Lou-Pascal Tremblay) qui habite un loft au 2054, rue des Ormes (clin d’œil, clin d’œil). Dans la ruelle derrière le bar où il joue, le chanteur découvre un vieux cellulaire glissé dans un étui aux motifs vaguement égyptiens. Il l’allume et sa vie changera de façon draconienne, sans doute pas pour le mieux, vous vous en doutez.

Derrière la caméra, ça paraît que le réalisateur Stéphane Lapointe (Faits divers) s’amuse comme un petit fou. Il maîtrise les codes associés à l’horreur et livre un produit de bonne qualité.

Évidemment, si la moindre goutte de sang vous lève le cœur, passez votre tour. Patrick Senécal présente s’adresse aux fans d’horreur qui en ont vu d’autres. Serez-vous capables d’identifier toutes les références aux classiques ?

Alerte au ralentissement

Est-ce que le premier épisode du téléroman Alertes à TVA, compact et haletant, était trompeur pour la suite ? La semaine dernière, j’ai trouvé le deuxième épisode très lent, trop lent. Comme si l’auteure Julie Hivon avait freiné pour ne pas épuiser son matériel scénaristique.

Lundi soir, quelques revirements ont ponctué le troisième épisode d’Alertes, mais le niveau de tension n’est jamais remonté à celui du premier, qui a été un exemple parfait de pilote pour une nouvelle série.

PHOTO FOURNIE PAR TVA

Les personnages de Lily-Rose et de Renaud dans une scène d’Alertes

Faudra encore patienter quelques semaines pour déterminer si Alertes a du souffle ou non. Lundi soir, 781 000 téléphiles ont assisté à l’arrestation du conducteur (Marc Beaupré) du camion-bélier, contre 482 000 qui ont opté pour Faits divers à Radio-Canada.

Une autre histoire (900 000) est restée devant L’échappée (754 000). District 31 (1 517 000) n’a pas bougé du sommet. Du côté des téléréalités, la quotidienne de Star Académie, où Lara Fabian a été au mieux, a intéressé 796 000 fans. C’est toujours captivant quand la directrice repasse le gala du dimanche en y ajoutant ses commentaires francs, sans complaisance. C’est ce qui fait que les jeunes s’améliorent.

Chez Noovo, 528 000 accros ont vu François Lambert s’installer dans la chambre du patron de Big Brother Célébrités pour la deuxième fois. J’ai hâte que Camille, Maxime et Richardson se réveillent, cibole !