Il a été question de réchauffement climatique, de pénurie d’eau potable et de dénonciation d’agresseurs sexuels dans les deux premiers épisodes des Pays d’en haut, qui se déroulent en 1892, ne l’oublions pas.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Lundi soir, la série historique la plus moderne du petit écran québécois accueillera une pionnière de la médecine à Sainte-Adèle, la Dre Miller (Mélanie Pilon), spécialiste des maladies cardiaques. Et c’est Angélique Marignon (Madeleine Péloquin), de retour aux études pour devenir avocate, qui a recruté cette doctoresse pour sauver le pauvre Séraphin (Vincent Leclerc), maintenant pris du cœur.

Encore cette année, l’auteur Gilles Desjardins nous régale de détails historiques en les saupoudrant partout dans son western hyper réaliste. C’est délicieux. Je radote, mais Les pays d’en haut se bonifie tous les ans, grâce au travail d’orfèvre de Gilles Desjardins, et mériterait deux ou trois saisons supplémentaires tellement l’intrigue ne s’essouffle pas, contrairement au souffreteux Séraphin.

Tel le juge Lacasse (Paul Savoie), Radio-Canada a condamné Les pays d’en haut à la potence. La décision est sans appel. Il ne reste que quatre épisodes avant la fin définitive de la colonisation des Laurentides.

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Image d’une scène tirée des Pays d’en haut

Mais revenons-en à la synchronicité entre le passé et la période actuelle dans Les pays d’en haut.

Ce phénomène de résonance avec le présent a commencé l’an dernier avec la pandémie de COVID-19 et l’épidémie de variole à Sainte-Adèle. L’histoire finit toujours par se répéter.

Gilles Desjardins, scénariste des Pays d’en haut

Le scénariste a épluché une quantité phénoménale de journaux d’époque et a découvert, par hasard, plusieurs articles sérieux parlant du « chauffage de l’atmosphère », inspirés par les travaux du scientifique suédois Svante Arrhenius.

À l’époque, la surchauffe anticipée de notre planète recevait un accueil complètement différent. « Les gens pensaient que ça serait le paradis, qu’il n’y aurait plus d’hiver et qu’ils pourraient faire pousser des oranges », détaille Gilles Desjardins.

La Dre Miller, qui débarquera dans l’émission de lundi, a été inspirée de Maude Abbott, une médecin montréalaise qui a été une sommité en cardiopathie. Une aiguille à chignon réglera un problème grave lors d’une opération délicate pratiquée par cette spécialiste.

Quant à la révolte anticatholique du libidineux curé Caron (David La Haye), qu’Aurélie (Charlotte Aubin) menace de dénoncer, elle ressemble comme deux gouttes d’eau à celle du prêtre Charles Chiniquy à la fin du XIXsiècle. Que ce soit les sauceuses dans le chocolat, l’hôtel alpin de Sainte-Adèle, la Suisse du Nord rêvée par le curé Labelle ou la Montreal Secret Service Agency, le moindre petit élément de cette télésérie a été recherché et vérifié par le rigoureux Gilles Desjardins.

Les pays d’en haut s’appuient sur une distribution de haut niveau, à commencer par Vincent Leclerc, qui campe de façon spectaculaire un Séraphin mal en point cet hiver. J’adore les personnalités fougueuses de Délima Poudrier (Julie Le Breton) et de Caroline Malterre (Anne-Élisabeth Bossé). Et je pourrais vanter les mérites des autres personnages pendant des heures.

De saison en saison, de nouveaux visages s’ajoutent aux Pays d’en haut pour remplacer les disparus. Je pense ici au détective Pat Pessel (David Boutin), à Florent Chevron (Hugo B. Lefort) ou à la religieuse Iphigénie Lepotiron (Bianca Gervais), la fille du notaire Lepotiron (Jacques Allard).

Jamais les recrues ne détonnent dans ce Far-West québécois. Vraiment, je vais m’ennuyer de cette bande de personnages hétéroclites, aux contours bien définis par un auteur en pleine possession de ses moyens.

L’heure bleue, c’est quand ?

Vous êtes nombreux à poser des questions à propos du retour de L’heure bleue à TVA. Le populaire téléroman de Michel d’Astous et Anne Boyer a quitté les ondes à la fin de mars 2020 et depuis, plus de son, plus d’images, plus rien, un trou noir d’informations.

Voici donc les dernières nouvelles : L’heure bleue reprendra l’antenne de TVA au début du mois de septembre 2021, soit 18 mois après la diffusion de son dernier épisode. Il s’agira de la dernière saison de cette série, qui ne connaîtra pas de suite.

Assurément, il nous faudra un aide-mémoire pour resituer les intrigues, écartelées entre Cowansville et le Mile End. Bouleversante, la finale de L’heure bleue nous a montré la grande détresse psychologique de Thomas (Alex Godbout). Le jeune papa s’était jeté devant un camion et avait perdu la vie. Le petit Charlot, l’enfant qu’il a eu avec Clara (Alice Morel Michaud), avait cependant été épargné.

Chiffrier du mardi

Premier test aux audimètres pour deux séries attendues, mardi soir. Résultat ? Corrects. La comédie Contre-offre de Noovo a été visionnée par 282 000 personnes, loin derrière La facture (841 000) et La tour (630 000). Il faut préciser que la compétition est féroce à 19 h 30.

À 21 h, le remake de Caméra café a attiré 592 000 curieux à TVA, battu par le téléroman 5e Rang (874 000). La quotidienne de Big Brother a intéressé 579 000 fans. Toute la vie a frôlé le million avec ses 939 000 téléspectateurs, alors que District 31 (1 597 000), Le tricheur (1 075 000) et Le TVA 18 h (1 002 000) ont tous franchi cette barre magique.