C’était samedi dernier, sur la page Facebook de l’émission Si on s’aimait. Sous la vidéo des adieux entre la solitaire Jennifer et le fusionnel Mike, des commentaires très francs s’empilaient et dévoilaient des éléments moins glorieux de cette populaire « expérience » télévisuelle.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Ces messages ont été rédigés par Mike lui-même, un des huit participants de la docuréalité de TVA. « Ce fut long et pénible », a d’abord confié Mike. Ensuite, quand une téléspectatrice lui a fait remarquer que le malaise était palpable et qu’elle ne se sentait pas bien de le voir avec Jennifer à la télé, Mike a répliqué : « Imagine mon malaise. »

Puis, dans un long paragraphe, Mike s’est vidé le cœur. « Une fois engagé sur un chemin sans issue, malgré moi, sans aucune possibilité de rebrousser chemin, en détresse psychologique et à me démener pour survivre, la seule solution possible pour limiter les dommages collatéraux sera de fermer ma gueule et me réfugier dans ma grotte », a-t-il écrit.

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L’ÉMISSION

Mike, candidat de l’émission Si on s’aimait

Les critiques de Mike ont rapidement été effacées de la page Facebook de Si on s’aimait. J’ai vérifié et Mike, dont je tairai le nom de famille, en est bien l’auteur. Il n’a pas voulu accorder d’entrevue à propos de ses insatisfactions et m’a redirigé vers l’attaché de presse de l’émission de TVA, Junior Bombardier, qui a refusé de commenter tout ce qui concerne Si on s’aimait.

Le témoignage de Mike rejoint ceux de deux autres candidats mécontents à qui j’ai parlé dans les derniers jours. Ces deux personnes ont requis l’anonymat, craignant des représailles si elles enfreignent la clause de confidentialité contenue dans leurs contrats.

Une de ces personnes a même voulu abandonner Si on s’aimait après la troisième semaine de tournage, mais dit avoir été forcée de façon « contractuelle » à rester jusqu’à la fin, même si sa relation ne menait nulle part.

Divulgâcheur : le couple en question a évidemment éclaté une fois les caméras éteintes. C’était hautement prévisible. Et pour l’authenticité de l’engagement, on repassera.

Dans une téléréalité comme Occupation double, personne ne s’offusquerait des interventions de la production dans le contenu des émissions. Ça fait partie du jeu et les célibataires le savent en s’inscrivant.

Le problème ici, c’est que Si on s’aimait se présente comme une démarche sérieuse d’accompagnement relationnel, supervisée par la sexologue Louise Sigouin. Un livre de 160 pages a même été commercialisé pour enrichir l’expérience.

Si l’on enferme les cobayes de Si on s’aimait dans des couples voués à l’échec, cela fausse le procédé.

Dans les épisodes diffusés cette semaine, qui marquaient le début de la cohabitation des « amoureux », Jonathan et Marie-Ève se sont même présenté leurs très jeunes enfants. Anyck et Fanny ont également rencontré les adolescentes de l’un et de l’autre. Ça devient très sérieux comme cheminement.

Pendant et après les tournages de Si on s’aimait, des participants ont verbalisé leurs réticences et leur inconfort, me dit-on. L’image que l’émission donne d’eux ne correspondrait pas du tout à la réalité.

Sur les réseaux sociaux, certains concurrents qui ont publié un détail moins idyllique sur leur parcours ont reçu un avis qui se lit comme une mise en demeure : « Nous avons constaté que vous laissez volontairement planer plusieurs sous-entendus sur la page de Si on s’aimait. Nous aimerions simplement vous rappeler votre engagement envers nous, puisque vous avez signé un contrat de confidentialité qui vous empêche de divulguer des informations concernant la production. »

Les malaises auxquels nous assistons depuis cinq semaines déjà, les célibataires les ressentaient aussi. Lundi soir, Jennifer a de nouveau égratigné Mike : « C’était quelqu’un qui me suçait toute mon énergie, il avait un besoin de validation, il ne m’écoutait pas », a-t-elle confié à son nouveau partenaire Rémi.

C’est assez mesquin comme remarque quand on sait que Mike n’avait juste pas le choix de demeurer en contact avec Jennifer.

Aussi, le feu ne brûle pas fort, fort entre Marie-Ève la réservée et Jonathan le codépendant, qui ne déménagera jamais sans sa maman Micheline.

Et pas besoin d’être Nostradumas ni un spécialiste des cinq dualités pour constater que Rémi et Jennifer ne dépasseront pas le stade de l’amitié. Ils ressemblent à deux colocs qui font des activités ensemble, sans la moindre possibilité d’un rapprochement.

D’ailleurs, quand Rémi a visité Jennifer à son condo pour la première fois mardi, elle lui a lancé : « Quand tu es arrivé, j’étais en train de regarder des photos de mon mari qui est décédé. » Bonjour l’ambiance.

Ah oui, 90 % de la vie de Jennifer se déroule en anglais. Et comme Rémi ne parle pas du tout anglais, ça risque de prendre plusieurs verres de Château-Mal-de-Tête à Jennifer pour terminer l’aventure.