La neuvième saison de Dans l’œil du dragon tombe pile-poil avec l’initiative gouvernementale du Panier Bleu, qui nous encourage à consommer local en cette période économique désastreuse.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Dans le premier épisode de la téléréalité entrepreneuriale de Radio-Canada, en ondes ce mercredi à 20 h, vous découvrirez plusieurs entreprises québécoises qui offrent des jeux de société et même des sauces à côtes levées bien d’ici.

J’ai eu un gros coup de cœur, comme les dragons d’ailleurs, pour les produits d’entretien ménager écolos The Unscented Company de la Montréalaise Anie Rouleau. Non, attendez. Je rectifie, par souci d’honnêteté. L’an dernier, j’ai acheté du savon à vaisselle non parfumé de Mme Rouleau après avoir lu que Gwyneth Paltrow recommandait les produits de The Unscented Company sur son populaire site web Goop.

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Anie Rouleau, de The Unscented Company, l’une des participantes de la 9e saison de l’émission Dans l’œil du dragon

Oui, oui, la Gwyneth Paltrow, gourou autoproclamée du bien-être bourgeois déconnecté, qui nous énerve avec ses chandelles parfumées à l’odeur de vous savez quoi. Ses techniques de marketing fonctionnent toutefois très bien quand elles pincent nos cordes sensibles chauvines.

Bref, grâce à Gwyneth, j’ai troqué le Palmolive (elles ont trempé !) pour la marque The Unscented Company sans frôler la faillite. Cinq dollars pour une bouteille de 750 ml. Seul bémol ? Le nom unilingue anglophone de l’entreprise. Un effort de francisation aurait pu être fait, je trouve.

De retour à Dans l’œil du dragon, vous retrouverez dans les fauteuils capitonnés Marie-Josée Richer, des collations Prana, Isabèle Chevrier, des produits Bio-K +, ainsi que Nicolas Duvernois, de Pur Vodka et Romeo’s Gin.

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Les dragons pour cette 9e saison : Isabèle Chevrier, des produits Bio-K+, Nicolas Duvernois, de Pur Vodka et Romeo’s Gin, Georges Karam, de Cognibox, et Marie-Josée Richer, des collations Prana

Le sympathique Dominique Brown, des Chocolats favoris, ne reviendra que deux fois cette année comme investisseur invité. Il cède sa chaise permanente à Georges Karam, PDG de Cognibox, qui avait visité le plateau l’an passé.

Ça paraît que les dragons ont acquis de l’expérience télévisuelle. Ils paraissent plus détendus et chaleureux à l’écran. Plus comiques, aussi. Et l’obsession des dragons pour l’implication sociale et l’écoresponsabilité des entreprises, qui frôlait le lavage de cerveau en 2019, a été atténuée, merci.

L’an dernier, cette carte verte, certifiée bio et 100 % éthique, avait été abattue pour redorer le blason de l’émission après les fiascos médiatiques de Caroline Néron, Gilbert Rozon et Martin-Luc Archambault. Personne n’est dupe, ici.

Les fans de Dans l’œil du dragon retrouveront avec bonheur les formules connues de « je passe », « c’est quoi vos marges de profit ? » ou « quels ont été vos revenus l’an dernier ? ». Il s’agit de classiques dont on ne se tanne pas.

Attendez maintenant de voir la réaction de Nicolas Duvernois quand ses compétiteurs du gin Bleu royal, en vente à la SAQ, se pointeront devant lui. C’est très surprenant.

C’est comme ça que ça finit ?

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De gauche à droite : François Létourneau, Marilyn Castonguay, Karine Gonthier-Hyndman et Patrice Robitaille, les acteurs principaux de la série C’est comme ça que je t’aime

Je m’adresse ici aux fans qui ont enfourné les 10 épisodes de la formidable série C’est comme ça que je t’aime, offerte sur l’Extra de Tou.tv. Les retardataires s’exposent ici à des divulgâcheurs aussi désagréables qu’une chemise en rayonne (lavée, portée) qui ne respire pas.

C’est bon ? Alors, dans les premières minutes du premier épisode, le scénariste François Létourneau nous dévoile la conclusion de sa télésérie. Les corps des quatre caïds de Sainte-Foy flottent dans l’eau rouge sang de la piscine hors terre de Serge Paquette (Patrice Robitaille).

C’est le voisin Claude (Sébastien Rajotte), avec qui Micheline (Karine Gonthier-Hyndman) a couché, qui découvre les quatre cadavres. Pourtant, à la fin du 10e épisode de C’est comme ça que je t’aime, tous les membres de l’organisation criminelle de Sainte-Foy sont en vie.

En aurions-nous raté des grands bouts, comme Micheline, Coco (Mani Soleymanlou) et Puff (Mathieu Gosselin) sur une balloune de coke à Montréal ?

Non. Deux hypothèses là-dessus. La première, la moins vraisemblable, veut que les quatre corps ne soient pas ceux de Serge, Micheline, Huguette (Marilyn Castonguay) et Gaétan (François Létourneau).

La deuxième, pratiquement confirmée par François Létourneau en conférence de presse, m’apparaît la plus plausible. Jamais la date de la mort des quatre gangsters néophytes n’a été communiquée. Les épisodes se déroulent à l’été 1974, mais la scène de la piscine ensanglantée date peut-être de 1975, 1976 ou 1977.

Ce saut dans le temps permettrait à François Létourneau d’écrire d’autres saisons de C’est comme ça que je t’aime (yeah !), ce qu’il a répété en entrevue.

J’ai beaucoup aimé C’est comme ça que je t’aime, malgré de petites longueurs en début de parcours. Les cerises alcoolisées, le Midi-Minuit, la lesbienne politique (Sophie Desmarais), l’engrenage, l’œil du tigre, le superbe couple formé par Jeannine (Chantal Fontaine) et le Caïd (René Richard Cyr), c’est du bonbon. Une paparmane rose pigée dans un bol en verre taillé.