C’est le changement le plus notable dans cette huitième saison de La voix à TVA. Les coachs ne s’obligent plus à systématiquement couvrir de compliments dégoulinants chacun des candidats, même les plus décevants.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Comme téléspectateur, cet ajustement, sans contredit emprunté à Révolution, procure un bien fou. Trop souvent, dans les éditions précédentes, nous râlions quand (insérez ici les noms de Lara Fabian, Isabelle Boulay, etc.) se pâmaient devant des gens qui se plantaient sur la scène. Ta voix descend du ciel comme un torrent de cristal liquide aussi brûlant que le feu qui brûle dans chacune de tes notes divines !

Voyons, ils ont fumé quoi, les coachs, pour autant tripper sur cet artiste de bateau de croisière qu’ils n’ont même pas repêché ?

Les maîtres de la téléréalité Révolution prouvent depuis deux ans que des critiques constructives, parfois raides, ça passe bien à la télé, avec une dose de bienveillance, bien sûr. Les Twins, Jean-Marc Généreux et Lydia Bouchard ont toujours été honnêtes et justes dans leurs remarques. Et c’est pourquoi on les a tout de suite aimés.

Pierre Lapointe, Cœur de pirate, Garou et Marc Dupré ont eux aussi décidé de dire les « vraies choses » à La voix, simplement, sans démolir personne, mais sans non plus verser dans l’hyperbole poético-fleurie.

Pendant cette deuxième ronde d’auditions à l’aveugle, qui n’a pas été particulièrement excitante dimanche soir, nous avons entendu des remarques sur des manques de justesse, sur une concurrente qui « a chiré » ou sur une autre qui a trop copié la version originale de la chanson qu’elle a reprise (Le parc Belmont, de Diane Dufresne).

C’est rassurant de voir que les coachs, comme nous à la maison, ne trouvent pas toutes les prestations extraordinaires ou spectaculaires. Pendant la relecture ratée de Si tu savais de Marie-Pierre Arthur, on pouvait même lire sur le visage des coachs qu’ils traversaient un bien mauvais moment.

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Jason Valentino, 32 ans, a renversé la foule avec son interprétation de la pièce Jealous du Britannique Labrinth.

Dans cette émission qui aurait facilement pu être raccourcie de 20 minutes, il a fallu attendre le 12e numéro pour assister au premier grand frisson de la saison. Le Jamaïcain Jason Valentino, 32 ans, installé à Montréal depuis quatre ans, a renversé la foule avec son interprétation de la pièce Jealous de l’auteur-compositeur-interprète britannique Labrinth.

Garou a même comparé Jason Valentino à Yama Laurent, championne de La voix en 2018. C’est Marc Dupré qui a finalement recruté ce joueur étoile dans son équipe.

Parmi les 15 concurrents vus dimanche, il y avait Marie-Luce Béland, 34 ans, de Trois-Rivières, qui a connu du succès en 2006 avec sa jolie chanson Pleine lune. Elle poursuivra l’aventure avec Cœur de pirate.

Découvert à La voix junior en 2017, le crooner Alexandru Tutuianu, 16 ans, a fait le saut dans la cour des grands en interprétant La bohème de Charles Aznavour.

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Catherine Laurin, 25 ans, a déjà collaboré avec Les Anges de Gregory Charles.

Une ancienne participante de L’école des fans et de L’heure de gloire, Frédérique Mousseau, 21 ans, de Drummondville, a elle aussi utilisé La voix pour replonger dans le showbiz. Catherine Laurin, 25 ans, de Trois-Rivières, a collaboré avec Les Anges de Gregory Charles.

Il y a beaucoup de ce type de candidats à la Geneviève Jodoin, je trouve. Je préfère quand le public découvre quelqu’un de totalement inconnu.

Autre truc qui me chicote : toute l’attention que la production porte à certains chanteurs comme Scott Ames, 36 ans, le dernier à fouler la scène. Sa sœur venue de Russie, le message vidéo de son neveu et ses deux parents qui ont pris l’avion du Texas pour l’entendre, ça peut paraître injuste pour les autres qui n’ont droit qu’à une tape dans le dos de Charles Lafortune, non ?

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Scott Ames, 36 ans

Sur l’écran radar !

Elle démarre ce lundi soir à 21 h sur les ondes de Radio-Canada et vous ne voulez pas rater la troisième saison de Faits divers, une délicieuse comédie policière truffée de personnages aussi nonos qu’attachants.

Toujours à Mascouche, la brave Constance (Isabelle Blais) et son sympathique acolyte Jonas (Maxime Mailloux) tentent d’élucider un meurtre vraiment bizarre. Un corps a été déposé au centre d’un agroglyphe sur une ferme d’élevage de dindons.

La victime de l’assassinat ? Benoît Charron (Blaise Tardif), le mari louche de l’ufologue Kathleen (Brigitte Lafleur), femme à l’intensité effrayante.

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L’ÉMISSION

Brigitte Lafleur, dans la troisième saison de Faits divers

Évidemment, une série d’évènements loufoques enfonceront les suspects du crime encore plus creux. Faits divers dose parfaitement les séquences d’humour et celles plus dramatiques. C’est très réussi, autant dans le jeu, l’écriture que la réalisation de Stéphane Lapointe.

Deux têtes sortent du lot dans ce troisième chapitre : celle rasée de l’épeurant Marc Laveau (excellent Stéphane Demers) et celle, en bataille, du naïf Kevin Fontaine (étonnant Éric Robidoux), une ancienne vedette pop déchue des années 90.

Pas besoin d’avoir dévoré les deux saisons précédentes pour embarquer dans Faits divers 3. Il y a peut-être des clins d’œil qui vous échapperont, mais rien pour gâcher l’écoute des six épisodes d’une heure, que j’ai dévorés sur l’Extra de Tou.TV cet automne.

Avis aux fans : la scénariste Joanne Arseneau a pondu une quatrième histoire, dont le tournage s’amorcera après la fonte des neiges.