Vous haïssez la téléréalité autant que le Québec déteste la neige en octobre ou la frange d’Éloïse d’Occupation double qui l’empêche de voir clair ? Mauvaise nouvelle, les copains, copines. Ce type de production bikinis et boissons bizarres grugera davantage de temps d’antenne au cours de l’hiver.

Hugo Dumas
Hugo Dumas La Presse

Deux très gros projets téléréels mijotent présentement, soit Love Island chez Québecor et Big Brother Célébrités sur Noovo, sans oublier Star Académie qui décollera cet hiver à TVA.

Visitons d’abord Love Island. Cette téléréalité Cupidon cartonne en Grande-Bretagne, son pays d’origine, et a fait des petits (musclés et épilés) dans 18 pays. Il s’agit d’une émission quotidienne où des célibataires sexy, tous dans la vingtaine, se mettent en couple au tout premier épisode, uniquement en se basant sur leur aspect physique. Oui, c’est parfois malaisant à regarder. Toi, la blonde en maillot rose, viens te coller, ma chanceuse !

PHOTO FOURNIE PAR LOVE ISLAND UK

La téléralité Love Island, née en Grande-Bretagne, a fait des petits (musclés et épilés) dans 18 pays.

Les seins naturels, les ventres mous et les dents brunes n’accostent pas au port de Love Island, désolé. Tous les concurrents peu vêtus ont l’air de sortir d’une pub de médicament miracle qui guérit la calvitie, les troubles érectiles et l’acné du dos.

Évidemment, Love Island ne réunit pas des Prix Nobel de médecine, mais bien la traditionnelle clientèle d’entraîneurs de gym et de vendeurs de chaussures de centre commercial. Le but du jeu ? Demeurer en couple le plus longtemps possible pour remporter la cagnotte de 100 000 $.

Contrairement à OD, qui se tourne environ trois semaines à l’avance, Love Island se déroule quasiment en direct dans nos télés, avec un décalage de moins de 24 heures entre l’action et sa diffusion. C’est ce qui permet au public d’influencer le jeu à Love Island, ce que n’offre pas Occupation double.

La version britannique de Love Island est joyeusement trash. Ça fume, ça boit et ça s’embrasse goulûment dans une villa tropicale toujours un peu quétaine-nouveau-riche. Hyper populaire, l’émission vient aussi avec un côté très sombre, voire une malédiction : deux ex-participants se sont donné la mort, tout comme son animatrice depuis 2015, Caroline Flack, qui s’est suicidée en février 2020.

La mort tragique de Caroline Flack, 40 ans, a d’ailleurs soulevé un débat sur l’immense pression médiatique que subissent les stars de téléréalité, que les tabloïds européens ne lâchent pas d’une semelle.

Québecor n’a pas annoncé de date de mise en ondes ni la plateforme (TVA, Club illico) qui diffusera Love Island Québec. La destination a déjà été choisie : l’île Grande Canarie, au large des côtes du Maroc. C’est l’équipe derrière XOXO, La voix et Star Académie, Productions Déferlantes, qui manufacturera les épisodes de Love Island.

Pour les curieux, le service Crave offre la deuxième saison (américaine) de Love Island, d’abord relayée par CBS l’été dernier. La pandémie a relégué l’équipe sur le toit de l’hôtel Cromwell, à Las Vegas, au lieu des Fidji, qui ont accueilli les jeunes fêtards l’an dernier.

Big Brother Célébrités, maintenant. Le tournage s’effectuera dans un manoir de L’Île-Bizard, et non dans un grand studio, comme aux États-Unis. Un peu à la Loft Story, des vedettes québécoises cohabiteront ensemble pendant 13 semaines cet hiver, filmées 24 heures sur 24.

Et comment s’appellent ces braves qui tenteront l’expérience du grand confinement ? Aucun nom n’a encore été confirmé. Selon mes infos, la chaîne Noovo ne vise pas des C ou des D, comme ce que nous avons vu dans Des gens pas ordinaires à MusiMax, en 2005.

L’embauche de Marie-Mai comme animatrice des soirées d’élimination du dimanche confirme que Noovo ne souhaite pas offrir un produit bas de gamme à ses téléspectateurs. La dernière édition de Celebrity Big Brother a notamment réuni la mère de Lindsay Lohan, le nageur Ryan Lochte et le comique Tom Green.

Les concurrents d’OD, non affiliés à l’Union des artistes (UDA), sont mis en quarantaine et testés régulièrement pour le coronavirus, avant de pouvoir se bécoter, smack, smack, sur du mobilier Must Société.

Mais comment la production gérera les mesures sanitaires pour les candidats de Big Brother Célébrités, presque tous membres de l’UDA, on imagine ? Bonne question. Le protocole s’élabore présentement, affirme Noovo.

Selon la CNESST, l’isolement de 14 jours ou le dépistage régulier de la COVID-19 ne permettent pas à un plateau de télé, où travaillent des membres de l’UDA, de déroger aux consignes de sécurité élaborées au cours de l’été. Par exemple, la Santé publique interdit aux comédiens de s’embrasser ou de se tenir à moins d’un mètre les uns des autres plus de 15 minutes par jour.

Ces mesures empêcheraient, sur papier, les joueurs de Big Brother Célébrités de vivre sous le même toit. À moins qu’ils portent un masque en permanence (impossible) ou qu’ils se tiennent à deux mètres de distance sans exception (encore moins probable).

Comme dans une soirée d’élimination arrosée de vin maison, ça risque de débattre fort pour obtenir les dérogations nécessaires.