Le premier ministre François Legault implore les Québécois depuis des semaines de limiter leurs contacts sociaux afin d’aplatir, une fois de plus, la maudite courbe des infections, même si la province au complet en a plein le dos des consignes sanitaires et a juste le goût de partir sur une brosse de deux mois pour oublier cette année merdique.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Alors, de voir une personne comme Éloïse à Occupation double enfreindre impunément les règles d’un jeu sans subir aucune réprimande a enflammé les réseaux sociaux dimanche soir. Ça n’a pas été joli du tout, avec plusieurs pétitions à l’appui. Sortez la tricheuse d’OD ! Qu’elle déboule de la montagne Coupée ! Aplatissons son toupet et non la courbe du virus !

Ça grognait au point où l’équipe d’Occupation double a dû avertir qu’elle ne tolérerait pas la violence écrite ni la méchanceté envers Éloïse. Au souper dominical avec les garçons, l’animateur Jay Du Temple, pourtant si doux et taquin, n’a pas non plus caché son irritation envers cet écart de conduite.

Lundi soir, à son talk-show, Julie Snyder, qui produit OD, a assuré que personne ne cautionnait le geste d’Éloïse et qu’elle ne « laissera pas ça de même ».

PHOTO SACHA BOURQUE, FOURNIE PAR NOOVO

La tension grimpera dans les trois maisons d’Occupation double et la pression s’accentuera sur Éloïse, qui bouclera ses valises dimanche.

De ce que je comprends, c’est qu’Éloïse subira des « conséquences importantes » dans les prochains jours. Et pas une petite tape sur ses ongles toujours bien manucurés. La tension grimpera dans les trois maisons et la pression s’accentuera sur Éloïse, qui bouclera ses valises dimanche.

« On va tout exposer ça. On voulait laisser la chance à Éloïse de s’expliquer aux autres. Il ne faut pas oublier qu’OD, c’est un tribunal populaire. C’est le public qui décide à la fin. Nous n’avons jamais sorti un participant de l’émission, même s’il n’avait pas respecté son contrat », note la productrice au contenu de la téléréalité de Noovo, Valérie Dalpé.

C’est bien vrai. En Grèce (chez nous, hou-ouh), Olivier et Pézie avaient caché qu’ils se connaissaient très bien avant de s’envoler pour la Crête et ils n’ont pas été exclus. Résultat ? Les fans les ont pris en grippe et ils ont été lessivés au vote du public. Il n’y a maintenant aucune chance qu’Éloïse et Charles emménagent dans le condo neuf de Laval. Ils sont cuits, brûlés, bien « saucés ».

Le plus fâchant dans ce récent « scandale », je trouve, c’est que l’ami de cœur d’Éloïse, Charles, jetait tout le blâme sur Vincent-le-serpent et militait pour évincer sa copine Noémie. Pardon ? Notre leader autoproclamé de la transparence qui ferme les yeux sur la malhonnêteté de sa belle Éloïse ? De beaux principes à géométrie variable.

Imaginez la réaction intempestive du gourou (et non du Guru) Charles si la concurrente fourbe avait été Andréanne ou Stacey. Elles auraient été encore plus humiliées qu’à un quiz de géographie.

Encore pire, personne sauf Naadei ne s’offusquait de cette tricherie flagrante. La maquilleuse Julie banalisait même le geste. À la table d’élimination, jamais la photo d’Éloïse, 28 ans, n’a été pointée comme une victime potentielle de la guillotine.

Selon mes infos, c’est à l’aide d’un Roku (l’équivalent d’un Chromecast) qu’Éloïse a pu contourner le « contrôle parental » et se connecter à YouTube pour visionner des extraits d’Occupation double : chez nous. La propriétaire d’un institut de beauté aurait aussi regardé des vlogues qui décortiquaient l’émission.

Personne de l’équipe de production ne savait qu’Éloïse, confinée pour un test de COVID-19, avait goûté au fruit défendu avant qu’elle ne disperse elle-même les informations juteuses — et récoltées de façon frauduleuse — pendant le party d’Halloween. Il était trop donc tard pour stopper la contamination des autres candidats.

Au bout du compte, c’était fini, terminé, kaput pour Julie à Saint-Jean-de-Matha, même elle le prédisait. Si Éloïse avait été renvoyée dimanche soir, Julie aurait été retranchée la semaine suivante. C’était inévitable. Reste qu’il existe des manières « plus chevalesques », dixit Naadei, de faire les choses.

Critique éclair d’En studio

C’est très bien fait, En studio, la nouvelle émission musicale de TVA qui a décollé dimanche soir. L’animateur Marc Dupré y fait preuve d’une bienveillance réconfortante. Ses collaborateurs distillent d’excellents conseils pratico-pratiques, particulièrement Fred St-Gelais, la révélation de la soirée. Bien aimé également la sensibilité d’Éloi Painchaud avec la famille Nadeau.

Le problème, c’est que le concept d’En studio le condamne à la répétition. Une personne qui a vécu une épreuve, dans la majorité des cas, enregistre une chanson pour remercier un proche qui l’a épaulée. On rencontre l’aspirant-interprète, on raconte son parcours (souvent difficile), on assiste à sa progression en studio, puis on offre la pièce à son ange gardien. Est-ce assez fort pour nous ramener à TVA tous les dimanches à 19 h 30 ? Pas certain. La narration, trop présente, devient lourde.

Aussi, En studio est le type d’émission qui carbure aux émotions et qui devrait nous montrer des gens qui s’enlacent. En temps de pandémie, ça ne se peut pas. Les participants restent plantés chacun dans leur coin de la pièce, ce qui dégage une certaine froideur.

Le premier épisode d’En studio a rassemblé 800 000 personnes devant leur téléviseur, contre 1 057 000 qui ont opté pour Tout le monde en parle de Radio-Canada. Le débat sur le « mot en N » y a été éclairant, mais les quatre invités (Vanessa Destiné, Émilie Nicolas, Webster et Ricardo Lamour) partageaient tous la même opinion tranchée. Ç’aurait été bien d’y inclure le point de vue d’un Dany Laferrière, d’un Boucar Diouf, d’un Maka Kotto ou d’un Normand Brathwaite, plus modérés sur ce sujet délicat.

En août dernier, Ricardo Lamour a déposé une plainte à l’ombudsman de Radio-Canada à la suite d’une chronique de Simon Jodoin à l’émission Le 15-18 d’Annie Desrochers au 95,1 FM. Le commentateur et l’animatrice discutaient alors d’une professeure de l’Université Concordia qui avait cité le titre du livre Nègres blancs d’Amérique de Pierre Vallières, ce qui avait choqué des étudiants.

« En tant que personne noire, j’ai été heurté, éprouvé du stress et été contrarié par cet échange entre deux personnes caucasiennes n’ayant pas de considération de la charge accompagnant l’usage du mot employé », a écrit Ricardo Lamour, entrepreneur social et auteur qui attendait son tour en régie pour une entrevue avec Annie Desrochers.

La plainte a été rejetée lundi en fin d’après-midi. L’ombudsman des services français, Guy Gendron, n’estime pas que « Radio-Canada doive bannir l’usage du mot nègre en toutes circonstances, mais il doit être utilisé de manière responsable », peut-on lire dans la décision.

De retour à TVA, le lancement de Bijoux de famille a été suivi par 816 000 curieux. Vlog (761 000) et LOL (747 000) ont eu une bonne performance, tout comme Occupation double (654 000).