L’épisode de la semaine prochaine de 5Rang venait à peine d’être mis en ligne sur l’Extra de Tou.tv – une primeur pour les abonnés payants – que les courriels bardés de points d’interrogation s’empilaient dans ma messagerie : « J’ai bogué tout l’épisode sur la température, alors que l’hiver s’installait et qu’il faisait frette cette semaine, on était maintenant rendu en plein été et tout le monde était en t-shirt et en jupe courte ».

Hugo Dumas
Hugo Dumas La Presse

C’est vrai, le téléroman agropolicier de Radio-Canada passera brusquement, mardi soir, en mode canicule, sans toutefois que l’histoire ait progressé aussi rapidement que les saisons. Dans le jargon télévisuel, on dit que ces épisodes ne sont plus « raccord ».

Il neigeait à Valmont et, sept jours plus tard, les arbres ploient sous le poids d’immenses feuilles d’un vert pétant. Oui, c’est étrange. Et aucun personnage ne bronche devant ces changements climatiques extrêmes.

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA

L’automne bien entamé, on retrouve Jean-Michel et Kim (Frédéric Millaire-Zouvi et Catherine Brunet) en t-shirt et en jupe courte dans la série 5e Rang.

Encore une fois, la faute de ce bond météorologique revient à la COVID-19. Les tournages de mars et avril de 5Rang ont été annulés, puis reportés en juin et juillet, d’où ce paysage estival.

Honnêtement, on tique pendant quelques secondes, puis on se dit que c’est bien moins pire que le nom de l’entreprise Fou de Food. Pour expliquer l’absence de printemps dans 5Rang, la comédienne Maude Guérin, alias Marie-Luce dans la série, a enregistré une courte vidéo de 30 secondes qui circule actuellement sur les réseaux sociaux.

C’est donc mardi à 21 h sur Radio-Canada (ou immédiatement sur l’Extra de Tou.tv) que vous visionnerez la première émission de 5Rang fabriquée en mode distanciation physique. Première observation : Gladys (Julie Roussel) et Fred (Maxim Gaudette), le duo le plus divertissant du téléroman avec Jean-Michel (Frédéric Millaire-Zouvi) et Paul (Luc Senay), travaillent dans un poste de police flambant neuf. Le vieux, semble-t-il, était contaminé.

Deuxième truc : la flamboyante Francine Bérubé (Muriel Dutil) effectue un retour fracassant à Valmont, qui ne plaira pas trop à Marie-Luce. Oui, Francine affectionne encore le maquillage voyant. Il y a des choses que même une pandémie ne changera pas, quand même.

Troisième point : Pauvre Réginald (Maxime de Cotret), sérieux. Son grand-père était un pédophile violent. Son père Charles (François Papineau) l’a toujours détesté. Sa mère Louise a été victime d’un tueur en série. Sans oublier tous les traumatismes de guerre qu’il a vécus en Afghanistan, dont le viol collectif qui le hante encore.

Quatrième remarque : voici le décompte officiel des squelettes retrouvés dans 5Rang. Trois ont été déterrés sous la roulotte déglinguée, sans oublier les ossements de Guy Bérubé (Bobby Beshro) et ceux de Carole Lacombe (la maman de Réginald), qui ont été exhumés chez Marie-Luce. Total des squelettes : cinq. On dirait que c’est l’Halloween à longueur d’année à la ferme Goulet et Filles.

Au moins, l’enquête policière progresse. L’épisode de mardi se conclut avec un punch qui vous fera voir l’intrigue d’un tout autre œil. Indice : cet œil n’est pas maquillé en rose et turquoise.

Rentabiliser son Apple TV+

Parfois, j’oublie que je suis abonné à Apple TV+. J’ai déjà vu The Morning Show, Servant, Defending Jacob et rien ne captait mon attention jusqu’à ce que je tombe sur Téhéran. Oh. Mon. Dieu.

Les fans de Homeland, 24 et Kalifat s’y sentiront en territoire (hostile) connu. C’est une série d’espionnage qui carbure à l’adrénaline et aux missions risquées. Comme son titre l’indique, ce thriller israélien de huit épisodes se déroule dans la capitale de l’Iran. Ah oui, si vous avez dévoré Fauda sur Netflix, sachez que Téhéran a été imaginée par le même créateur,  Zonder.

Téhéran compense son léger manque de raffinement – mettons que les coins géopolitiques ont été arrondis – par son efficacité.

On y suit une agente du Mossad qui pénètre en Iran grâce à un habile subterfuge. Évidemment, la mission de l’agente, qui tente de saboter une centrale électrique, déraille et le régime iranien se décarcasse pour la capturer. Chacun des épisodes, comme dans une production policière de Harlan Coben (Safe, The Stranger), se termine sur un revirement qui nous scotche à l’écran.

La série qui a des airs de The Bourne Identity a été tournée en hébreu, en anglais et en farsi. Le doublage en français est excellent.

C’est le type de suspense qui se dévore un samedi soir d’automne pluvieux (tiens, tiens), en linge mou et avec un bol de popcorn sur les genoux. On se farcit un autre épisode ? Euh, oui. Ça presse.