(Los Angeles) La représentation des femmes et des minorités parmi les acteurs de séries télévisées aux États-Unis est presque au niveau de leur présence dans la société, mais elle reste très insuffisante dans les postes à responsabilité au sein de l’industrie, révèle une étude publiée jeudi.

Agence France-Presse

Le « rapport sur la diversité à Hollywood » réalisé par l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) estime que 35 % des rôles principaux dans les séries télé sont allés l’an dernier à des acteurs issus de minorités ethniques ou culturelles, qui représentent environ 40 % de la population américaine.

Les femmes comptaient pour 45 % des rôles principaux, avec une pointe à 49 % pour la vidéo à la demande.

En revanche, les minorités ne représentaient que 8 % des postes de dirigeants ou de cadres supérieurs dans l’industrie télévisuelle, et moins d’un tiers sont occupés par des femmes.

« Il y a eu beaucoup de progrès pour les femmes et les gens de couleur devant la caméra », résume Darnell Hunt, sociologue à UCLA et co-auteur de ce rapport.

« Malheureusement, il n’y a pas eu la même progression derrière la caméra. Particulièrement dans les postes de cadres, il y a eu très peu de changements depuis que nous avons commencé à réunir des statistiques voici cinq ans », déplore-t-il.

Plus d’un tiers des récompenses des derniers Emmy Awards, équivalent des Oscars pour la télévision américaine, sont allées à des acteurs noirs, un record. Mais le rapport de UCLA souligne que les autres minorités (latino-américaines, asiatiques, autochtones, etc.) sont encore sous-représentées à la télévision.

Et les hommes blancs règnent toujours en maître dans les postes à responsabilité.

Pour Ana-Christina Ramon, coauteure du rapport, ce manque de professionnels de couleur parmi les cadres supérieurs est « problématique », car certaines intrigues « peuvent manquer d’authenticité ou être écrites de manière caricaturale ».

Le rapport a analysé les séries télévisées diffusées entre 2017 et 2019 aux États-Unis et arrive aux mêmes conclusions qu’un rapport similaire réalisé en début d’année sur les productions cinématographiques.