Cela n’a pas surpris grand monde, mais la principale concernée, elle, n’en revient pas : Josiane Comeau, de l’équipe de Cœur de pirate, l’a emporté dimanche lors de la grande finale (toute féminine) de La voix, avec une écrasante majorité de votes. Au lendemain de sa victoire, la jeune Acadienne veut être un exemple de persévérance et se « lance dans le vide » pour le début d’une carrière qui promet.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Comment se sent-on après avoir été couronnée grande gagnante de La voix ? Et avec une si grande avance dans les votes, en plus ?

Je n’y crois pas encore. Je vis tellement d’émotions en même temps. De la joie, mais aussi de la peine que ce soit fini. Et de la peine de ne pas pouvoir coller les autres et donner de l’amour. Mais ce sont surtout de beaux feelings, ç’a été une tellement belle expérience, je suis contente !

En parlant du fait de ne pas pouvoir donner de câlins, comment s’est déroulée cette finale sans public et sans contact ?

Ç’a été vraiment difficile. La finale de l’année passée, il y avait tellement de monde dans la salle et des gens qui se tenaient par la main et se prenaient dans leurs bras. Ça m’a fait de la peine de ne pas pouvoir faire ça. Mais l’amour a été ressenti. Les girls [les trois autres finalistes et elle], entre nous, on s’aimait beaucoup et on est devenues proches à travers les semaines. On était toutes connectées malgré tout.

Beaucoup de monde prévoyait cette issue-là pour la finale. De votre côté, est-ce que ç’a vraiment été une parfaite surprise ?

Je m’étais dit que je n’aurais aucune attente. Tout le monde a tellement de talent et une belle personnalité. Tout le monde méritait de gagner. J’allais être surprise, peu importe ce qui arriverait, parce qu’on le méritait toutes. […] Après mes performances, je vais toujours regarder les commentaires des gens, mais jamais avant mes performances. J’aime laisser place au moment présent, je préfère laisser les gens voir les performances avant de se prononcer sur la personne pour laquelle leur cœur bat.

L’année dernière, personne ne s’était retourné lors de vos auditions. Et il y a quatre ans, vous avez participé à The Voice Kids, en France. Vous avez retenté le coup cette année. La voix représente-t-elle une des meilleures occasions de lancer une carrière à vos yeux ?

La voix n’est pas juste un concours, c’est une expérience au complet. C’est télévisé en plus, alors on a ce contact avec le public et les gens à la maison. On a le contact avec les candidats, on peut travailler avec des gens qui aiment la même chose que nous. On fait de belles rencontres, on travaille avec des coachs qui sont tellement bons dans leur domaine. C’est beaucoup d’apprentissage. C’est une expérience incroyable que je conseillerais à tout le monde.

La troisième fois a été la bonne pour vous. Votre parcours pourrait inspirer plusieurs personnes…

Oui. Il ne faut jamais lâcher. On ne sait jamais ce qui se trouve en arrière d’une porte qui se ferme. Il y en a toujours d’autres qui s’ouvrent et on ne sait jamais quel chemin s’ouvrira à nous.

Si je n’avais pas décidé d’y retourner, je ne serais pas ici aujourd’hui, dans ma chambre d’hôtel en train de faire des entrevues et de réaliser que j’ai gagné. C’est fou ! Il faut foncer dans la vie, ne jamais laisser tomber. Une défaite n’est jamais négative, c’est positif et constructif. On apprend toujours de ça.

Josiane Comeau

Vous avez décidé de chanter la pièce Lonely, de Noah Cyrus, pour la grande finale. Pourquoi ce choix ?

Cette chanson a un texte puissant, proche de mon cœur. Dans la vie, j’ai toujours été quelqu’un qui voulait donner son 100 % pour tout le monde et qui voulait prouver qu’elle est capable de tout faire. J’essaie d’être la meilleure dans tout ce que je fais, mais je travaille tellement fort que des fois, je me perds là-dedans et je me sens un peu seule. C’est un peu ce que j’ai vécu avec La voix. J’ai eu tellement de fun, mais j’ai tellement travaillé fort pour me rendre là, pour impressionner les gens et me rendre jusqu’au bout. Avec les études aussi, j’ai travaillé fort. Je me suis perdue là-dedans : je travaillais pour mes rêves, mais j’en oubliais ma petite personne qui était fatiguée. Cette chanson, c’était pour dire qu’il ne faut pas se sentir seule, ne pas oublier qu’on est entouré de plein de gens qui nous aiment et qu’il faut continuer de faire ce qu’on aime et ce qui nous fait du bien.

Au-delà du fait que ce soit elle qui vous a donné votre chance au départ, que retenez-vous de toute cette expérience avec votre coach, Cœur de pirate ?

Elle m’a donné plein de conseils. C’est une artiste incroyable qui a tellement à donner. Elle a un talent unique. Avec nos mondes qui se sont mélangés, on a pu faire quelque chose de beau. Elle m’a appris à ramener les choses à l’essentiel, à la simplicité. Je veux toujours donner tout ce que j’ai, mais des fois, c’est trop. Trop, c’est comme pas assez, et elle m’a outillée là-dedans. […] J’ai adoré travailler avec elle et j’espère qu’on pourra continuer dans le futur. Je vais toujours garder tout ce qu’elle m’a dit et toute cette expérience en tête.

PHOTO FOURNIE PAR OSA IMAGES ET TVA

Cœur de pirate et Josiane Comeau

De quelle façon votre parcours a-t-il profité d’avoir vu votre père se rendre en demi-finale de La voix l’an dernier ?

Quand je l’ai vu, j’ai réalisé que j’étais prête à le vivre, que je voulais faire comme lui. Ça m’a donné la drive d’y aller de nouveau. Je savais à quoi m’attendre, alors j’ai su comment me préparer.

Vous écrivez vos propres textes. On peut donc s’attendre à entendre vos compositions à l’avenir ? Quels sont les plans pour la suite ?

Je travaille sur mes choses, dans ma bulle. Avec tout ce qui se passe, oui, je vais pouvoir partager ça avec les autres. J’ai vraiment commencé à écrire des chansons complètes, avec mon piano, il y a un an. Ça ne fait pas si longtemps que ça. […] Je me lance dans le vide pour l’instant. J’ai beaucoup d’idées, mais je suis ouverte et j’ai hâte de voir ce qui va se passer avec tout ça. Je vais vivre ça au jour le jour. Au cours de l’aventure, j’ai réalisé qu’il y a des styles que j’aime plus que d’autres. Ça a évolué pour le mieux. Je me dis qu’on va construire au fur et à mesure et ça va être le fun.