Déjà 500 épisodes de District 31, peux-tu le croire, mon chum ? Déjà 500 demi-heures que Luc Dionne nous biberonne aux services secrets, à la malédiction des lieutenants du 31 et aux enquêtes tortueuses ô combien captivantes.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

River 1,8 million de personnes devant leur poste, du lundi au jeudi, en cette grande période d’éparpillement multiplateforme, c’est un tour de force.

Le secret du succès de District 31 réside dans l’écriture souple et tonique de Luc Dionne, capable d’alterner entre taquineries de bureau et scènes dramatiques à vous broyer le cœur. Cet équilibre entre le léger et le lourd, porté par des acteurs chevronnés, nous ramène quotidiennement à Radio-Canada pour notre dose électrisante de D31, comme le surnomment les fans.

PHOTO TIRÉE DE DISTRICT 31, FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA

Geneviève Brouillette et Vincent-Guillaume Otis dans District 31

Jamais en panne d’inspiration, Luc Dionne s’amuse avec ses fidèles en saupoudrant des indices qui leur permettent d’échafauder des théories parfois crédibles, tantôt farfelues. C’est aussi ça, le plaisir de suivre District 31. Certains croient encore que Nadine Legrand (Magalie Lépine-Blondeau) vit toujours quelque part avec Elvis Presley et John F. Kennedy. Divulgâcheur : Nadine est morte et ne ressuscitera pas.

Cette 500e émission, relayée jeudi soir, met la table pour une investigation complexe, qui nous absorbera pendant les prochaines semaines, me dit-on.

Les enquêteurs du 31 cuisinent Francis Garand (Frédérick De Grandpré), le mari de Gabrielle Simard (Geneviève Brouillette), qui a emprunté beaucoup de fric aux Italiens pour racheter les parts de son beau-père dans une entreprise de construction.

Mais comme l’a relevé Poupou (Sébastien Delorme), les Italiens ne tireraient pas sur une lieutenant de police et enlèveraient encore moins une adolescente de 14 ans pour collecter de l’argent. Qui en veut donc à Gabrielle, et pourquoi ?

PHOTO TIRÉE DE DISTRICT 31, FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA

Gildor Roy, Vincent-Guillaume Otis et Michel Charette dans District 31

Il faudra fouiller dans les vieilles histoires de la lieutenant Simard pour assembler les morceaux du puzzle. La semaine dernière, Gabrielle a croisé une ancienne camarade de son école secondaire, avec qui elle jouait au volleyball.

Rappelez-vous : il s’agissait de la mère d’un ado qui avait distribué la photo du jeune Alexis nu. Gabrielle n’avait pas réussi à la replacer.

Jeudi soir, Gabrielle a révélé que le Jean-François Michaud qui avait été tué dans un cambriolage était aussi un de ses amis du secondaire. La clé de l’énigme se trouve donc dans le passé – et l’adolescence – de Gabrielle, je pense bien.

Le Jean Raymond (Benoit Saint-Hilaire) qui a enlevé Emma Simard-Garand, il exécute clairement les ordres de quelqu’un d’autre. Mais qui ? Et qui ne méritait pas de mourir, selon Jean Raymond ?

Maintenant, rassurez-vous. Gabrielle Simard n’ira pas rejoindre la Riopelle, Nadine Legrand, Jeff Morin, Christian Phaneuf, Maxime Vézeau et Laurent Cloutier au cimetière bien rempli de personnages de District 31. Elle ne quitte pas le populaire feuilleton policier. Du moins, pas pour le moment !

Les pêcheurs, version Netflix

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

The Cabin with Bert Kreischer est une adaptation de l’émission Les pêcheurs de Martin Petit.

Si vous avez joyeusement mordu à la proposition des Pêcheurs de Martin Petit entre 2013 et 2017 à Radio-Canada, il y a de fortes chances que le remake proposé par Netflix vous laisse sur votre faim.

Personnellement, je préfère nettement la version québécoise à The Cabin with Bert Kreischer, en ligne sur Netflix depuis mardi. La version française porte le titre de Bert Kreischer se met au vert. Déjà, ça commence mal.

The Cabin ne ressemble plus du tout au concept imaginé par Martin Petit. D’abord, aucun dialogue n’y est écrit, tout est improvisé.

Aussi, la tête d’affiche de The Cabin, Bert Kreischer, n’est pas l’humoriste le plus connu des États-Unis, disons ça poliment. Le projet a d’abord été développé avec Jason Alexander de Seinfeld, mais les négociations ont avorté après deux ans.

Mais revenons-en à Bert Kreischer, un humoriste de 47 ans « sur le party » qui livre ses numéros en « bédaine », la plupart du temps. Il se réfugie au chalet – dans les montagnes de Malibu – pour se reposer, se ressourcer et retrouver une forme d’équilibre.

Évidemment, la « détox » et la détente ne dureront pas longtemps. Au premier épisode (sur un total de cinq), Bert et deux de ses amis humoristes – Joey Diaz et Tom Segura – dépècent une carcasse d’émeu à la tronçonneuse, sifflent des verres de vin rouge et roulent un immense cigare rempli de pot. C’est tout.

La finesse et l’absurdité de l’œuvre originale ont été évacuées, je trouve. Tout comme les scènes de pêche, puisqu’il n’y a pas de lac près du chalet. Pour décrire The Cabin, pensez à La vraie nature, formule trash, avec plein de sacres et de gens qui lancent des haches.

J’ai joint Martin Petit jeudi, et il ne se disait pas déçu de The Cabin, au contraire. « Le résultat est sur mesure pour l’humour de Bert et c’est drôle au final, c’est toujours ça l’important. Je ne sais pas si Bert va tenir le coup 65 épisodes le gaz au fond comme ça, mais c’est bien le fun comme créateur de voir que notre travail inspire d’autres comiques », confie le créateur des Pêcheurs en entrevue.

Au deuxième épisode, Bert Kreischer accueille Nikki Glaser, Fortune Feimster et Caitlyn Jenner, et ça commence avec une séquence où Bert s’épile l’anus avec une bandelette de cire.

La question à 100 $, maintenant : est-ce payant de vendre un concept à Netflix ? « C’est tout le temps financièrement intéressant, surtout quand tu penses que ça ne va jamais aboutir », répond Martin Petit.