Chronique de type « touski » aujourd’hui. Voyez ça comme un réconfortant potage télé d’automne à déguster en regardant tomber les feuilles multicolores, alors que l’album Folklore de Taylor Swift enterre à peine les ronflements du chien à vos pieds.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Ouin. Quétaine, n’est-ce pas ? Pour faire moins « influenceuse de base habillée en beige qui sirote un latté à la citrouille épicée dans un verger », cette chronique pourrait aussi s’appeler : télévision à la plaque, tiens, comme le nouveau livre de Ricardo.

PHOTO VÉRO BONCOMPAGNI, FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Roy Dupuis dans Toute la vie

C’est ultra tendance, paraît-il. On sacre plein d’affaires pas rapport ensemble et on fait rôtir le tout en tricotant un foulard à grosses mailles. Et voilà ! Chronique à la plaque, donc.

Commençons avec Toute la vie de Radio-Canada. La famille tordue de Christophe L’Allier (Roy Dupuis) apporte une dimension super accrocheuse à ce téléroman de Radio-Canada, dont la popularité grimpe de semaine en semaine depuis la rentrée de septembre.

Jouée par Micheline Lanctôt, la mère de Christophe, une femme inapte et zéro maternelle, a battu ses enfants et fermé les yeux, semble-t-il, sur de l’inceste. Le policier Patrick L’Allier, que campe avec une froideur glaçante Jean-Nicolas Verreault, aurait violé sa sœur Julie L’Allier (excellente Larissa Corriveau), aujourd’hui toxicomane, enceinte de jumeaux et séropositive.

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Micheline Lanctôt joue le rôle de la mère de Christophe (Roy Dupuis) dans Toute la vie.

On comprend maintenant pourquoi Christophe a rompu les liens avec ces gens malsains, même s’ils sont liés par le sang.

Toute la vie a gagné en rythme. Les histoires ne s’étirent plus sur une demi-saison et l’auteure Danielle Trottier saupoudre davantage d’intrigues « dangereuses » et « illicites », comme la relation inappropriée qui se développe entre la cuisinière Victoria (Charlotte Aubin) et l’adolescente voilée Sassan (Lyna Khellef). Ça capte notre attention immédiatement.

Toute la vie a aussi mis sur la glace les (looongs) efforts de Tina Carpentier-Trudel (Hélène Bourgeois Leclerc) pour retrouver sa mère biologique, une quête qui s’enlisait. Le dossier a été discrètement réactivé cette semaine, sans que ça bouffe trop de temps d’antenne.

Par contre, pourrait-on organiser une battue à la Mémoires vives pour retracer la jeune autochtone Méli (Jemmy Echaquan Dubé), dont l’école Marie-Labrecque a perdu la trace depuis trois épisodes ? Merci de votre écoute.

Avis aux fans : la productrice Fabienne Larouche promet un épisode choc de Toute la vie mardi. Vous aurez été prévenus.

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Patrick Huard (à droite) en compagnie d’un des collaborateurs de La tour, Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques

À TVA, une très bonne deuxième semaine pour La tour de Patrick Huard. Ce concept, qui s’ajuste de jour en jour, a débouché sur des discussions pertinentes à propos des vedettes qui ne se prennent pas pour des 7UP dégazés, de l’étiquette sur les médias sociaux, des « boys club » dans le showbiz et des limites de l’humour au Québec.

Vraiment, La tour se regarde de façon hyper agréable. Les monologues concis et punchés de Patrick Huard atteignent toujours la cible. Et les conversations, franches et parfois trop courtes, ne manquent jamais de gaz.

Semaine chargée chez District 31 avec la tuerie au salon de massage Athéné, qui a coûté la vie à l’une des héritières de la puissante famille Trottier, dont on ne sait que très peu de choses.

Selon mes infos, le scénariste Luc Dionne n’insistera pas davantage sur la saga du clan Trottier. On aurait pu s’imaginer que cette influente famille avait le bras long, qu’elle tirait les ficelles du gouvernement, mais non. Le dossier des Trottier se fermera cette semaine. La fille Trottier a été greffée à la fusillade mortelle pour montrer le travail des policiers quand une personnalité connue est visée.

Le carnage au salon de massage a été perpétré par le complotiste Yan Gadbois (Jean-Denis Beaudoin), un adepte de théories farfelues comme la COVID-19 en a tant fait sortir de leurs tanières. Ils pourraient d’ailleurs y retourner et personne ne s’en plaindrait.

Luc Dionne a abordé ce délicat sujet des complotistes avec prudence, quand même. Il aurait pu les faire passer encore plus pour des illuminés.

D’ailleurs, le voisin fêlé de Gabrielle Simard (Geneviève Brouillette) croirait-il, lui aussi, à cet Ordre qui contrôle « toute la société » ? La finale de jeudi soir a frappé fort.

Confession de salle d’interrogatoire, ici. J’adore Mélissa Corbeil (Brigitte Paquette) du Bureau des enquêtes indépendantes. Pugnace, ratoureuse et têtue, son sourire narquois parle plus que 13 pages de texte. La présence de Mélissa Corbeil garde l’équipe du 31 aux aguets et ce n’est pas une mauvaise chose.

J’avais déjà englouti la minisérie Mon fils sur le Club illico, que TVA diffuse actuellement les lundis à 20 h. Pour me rafraîchir la mémoire, j’ai revu l’épisode de lundi (le quatrième sur un total de six) et, doux Jésus, ça cogne en plein plexus. Encore plus en cette période cafardeuse, où le confinement joue avec nos nerfs.

Vous avez été nombreux à me dire que Mon fils était trop difficile sur le moral. Je comprends. On essaie tous actuellement de conserver le plus de douceur possible – et un semblant d’équilibre mental – dans nos vies. Et voir un jeune homme en psychose, qui entend des loups et qui violente sa petite sœur, c’est bouleversant. Trop, peut-être.