À la veille de ces 28 jours de confinement, voici Emily à Paris, une série pimpante de Netflix qui ne révolutionne pas le genre, mais qui offre une évasion salvatrice à prix modique, des cafés bondés ainsi qu’une trame sonore bien vitaminée.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Si vous avez flanché pour The Bold Type, Le diable s’habille en Prada ou Gossip Girl, Emily à Paris tombera dans vos cordes. Cette mignonne comédie romantique incorpore plusieurs influences de son créateur, le prolifique Darren Star, qui a notamment manufacturé les séries à succès Sex and the City et Younger.

D’ailleurs, les chics tenues de l’héroïne (Lily Collins, fille du musicien Phil Collins) ont été assemblées par la styliste Patricia Field, celle-là même qui a créé les looks avant-gardistes de Carrie (Sarah Jessica Parker) dans Sex and the City. Vous reconnaîtrez immédiatement sa signature vestimentaire colorée et audacieuse. C’est magnifique.

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Lily Collins dans Emily à Paris

Comme son titre l’indique, Emily à Paris, qui sort vendredi sur Netflix, raconte l’installation à Paris de la jeune Emily (craquante Lily Collins), consultante en marketing de Chicago qui ne parle pas un traître mot de français.

Dans la Ville Lumière, Emily hérite d’un mandat ingrat, soit celui d’implanter la méthode de travail dite américaine — comprendre : efficace — dans une agence de relations publiques spécialisée dans les marques de luxe. Conflits et choc culturel à prévoir, vous vous en doutez.

Car, bien sûr, Emily à Paris s’amuse à touiller tous les clichés associés aux Parisiens qui bossent peu, lunchent pendant des heures, fument comme des cheminées et bardassent les touristes. Attendez-vous également à voir a) Emily marcher dans du caca de chien, b) frôler l’orgasme en mordant dans un croissant chaud et c) sacrer devant un vieil immeuble haussmannien dépourvu d’ascenseur. C’est la vie (cliché #31).

Mais le fait que la série mette superbement Paris en valeur m’a accroché un immense sourire au visage. Les rues sinueuses de Montmartre, le marché des Enfants-Rouges, le jardin du Palais Royal ou le Café de Flore (cliché #72), les images de la capitale mondiale de la mode nous font oublier, pendant 10 épisodes de 30 minutes, la morosité ambiante.

Vous reconnaîtrez la patronne française d’Emily, l’élégante et cassante Sylvie, jouée par Philippine Leroy-Beaulieu, qui incarne la femme cocue (cliché # 95) de Mathias dans Appelez mon agent.

Emily à Paris a été tournée en anglais, accents à couper au couteau inclus. Mais quand deux Parisiens se parlent entre eux, ils le font en français, avec sous-titres ajoutés.

En plus de conquérir ses collègues de bureau qui la détestent à la seconde où elle dit « bonne-jour » (cliché #104), Emily s’embarque dans une relation amoureuse compliquée. Comprendre : un ménage à trois (prononcé à l’américaine) avec le chef d’un bistrot en vue.

Le volet Instagram-influenceurs-médias sociaux occupe une partie trop importante de l’intrigue. Mais bon. Au bout du compte, Emily à Paris offre un divertissement sympathique et pétillant.

On ne commencera pas à râler et à chipoter sur des détails, tel un résidant du 10e arrondissement qui n’a pas encore pris son café-clope (cliché #168).

District 17 h 30

Après le District 13 h qui a cartonné ce printemps, au tour du District 17 h 30 de récolter des cotes d’écoute mirobolantes. Lundi soir, en cumulant les chiffres de RDI, LCN, Radio-Canada et TVA, nous étions 2 560 000 personnes à encaisser la nouvelle du confinement de 28 jours.

Entre 17 h 30 et 18 h, c’est à TVA (1 430 000) que ce point de presse a été le plus regardé, suivi de RDI (489 000), LCN (391 000) et Radio-Canada (250 000).

La tour de Patrick Huard (752 000) à TVA a été battue par Discussions avec mes parents (916 000) de Radio-Canada. Je vous reparlerai de La tour cette semaine après avoir vu d’autres épisodes.

À 21 h, Fragile (575 000) reste devant À tour de rôles (420 000). À 20 h, Une autre histoire (749 000) prend une petite avance sur Mon fils (628 000). District 31 (1 566 000) reste au sommet et Le tricheur (994 0000) chatouille le million d’habitués.

Le drame de Patrick

Patrick, 24 ans, avait toutes les raisons du monde de pleurer dans les premiers jours de tournage d’Occupation double : chez nous sur Noovo. J’ai écrit dans ma chronique de mardi que son cousin était mort de façon tragique à l’étranger. C’est bien pire que ça.

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L’ÉMISSION

Patrick, candidat à Occupation double : chez nous

En fait, la cousine de Patrick et son mari, âgés de 40 et 39 ans, ont été tués à la mi-août à Aurora, au Colorado, victimes d’un horrible guet-apens. Leurs cinq enfants, tous mineurs, se sont ainsi retrouvés orphelins. Quelle histoire épouvantable.

Le couple, en possession de 3000 $ comptant, avait rendez-vous avec un jeune homme de 18 ans pour lui acheter un Toyota RAV4 qu’il avait affiché sur l’internet. Il s’agissait d’un piège. Dans le stationnement d’un complexe d’habitation, le faux vendeur a abattu le couple et s’est enfui avec les 3000 $.

La police locale l’a arrêté deux semaines plus tard et l’a accusé du meurtre prémédité de ce couple sans histoire. Qui ne serait pas bouleversé par un acte aussi révoltant ? Toutes nos pensées à la famille élargie de Patrick.