Julie Perreault n’a pas raccroché sa sacoche verte de L’échappée pour demeurer au chômage bien longtemps.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Selon mes espions, la comédienne et photographe a décroché le rôle principal du nouveau thriller policier Un doute raisonnable de Radio-Canada, où son personnage dirigera une escouade féminine spécialisée dans la résolution de crimes sexuels.

On me dit qu’Un doute raisonnable, écrit par Danielle Dansereau (19-2, Le négociateur) et produit par Fabienne Larouche chez Aetios, aura des petits airs de Fortier, qui a marqué le genre au Québec. Attendez-vous à voir des cas glauques et « heavy ».

Derrière la caméra, nul autre que Podz, qui a dirigé Julie Perreault dans Minuit le soir, il y a 15 ans. Podz, Daniel Grou de son vrai nom, a récemment planché sur Cardinal au Canada anglais ainsi que sur la série Vikings.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

La comédienne Julie Perreault

Dans Un doute raisonnable, Julie Perreault campera Alice Martin, détective qui a approfondi ses connaissances en psychologie et en criminologie. Elle dirige une équipe de policières qui enquêtent sur des viols ou des meurtres à la Law & Order : Special Victims Unit.

La première saison d’Un doute raisonnable comprendra 10 épisodes d’une heure. Leur tournage a été reporté plusieurs fois en raison de la pandémie. En théorie, la machine repartira au printemps, pour une diffusion possible à l’automne 2021.

L’annonce du recrutement de Julie Perreault par Radio-Canada aurait dû se faire à la fin de mars, quelques jours après la diffusion du dernier épisode de L’échappée où elle apparaissait sous les traits de la musicienne Brigitte Francœur.

Même si cette finale de saison laissait entendre que la brouillonne Brigitte Francœur pourrait revenir à Sainte-Alice-de-Rimouski, la décision de Julie Perreault était prise depuis longtemps. Elle quittait pour de bon lundi soir le populaire téléroman de TVA, qui lui a valu son premier trophée Artis. Les textes de la scénariste Michelle Allen ne la stimulaient plus comme actrice, et la production le savait depuis plus d’un an.

Depuis 19-2, Podz n’a pratiquement pas réalisé de télésérie pour le marché québécois. Il a fait beaucoup de cinéma (L’affaire Dumont, King Dave). Son plus récent film, Mafia inc., avec Marc-André Grondin, est excellent.

Toujours dans la lignée des crimes sexuels, il ne faut pas rater Et je disparaîtrai dans la nuit, la version française doublée d’I’ll Be Gone in the Dark, qui a débuté le 1er septembre sur Super Écran et Crave. C’est une des plus captivantes séries de « true crime » de 2020.

On y suit la blogueuse Michelle McNamara, une mère de famille de 46 ans complètement obnubilée par le Golden State Killer, tueur en série de Californie.

Ce maniaque de la côte ouest américaine a tué 13 personnes, en plus d’en violer 50 autres, entre 1974 et 1986. Il a été en cavale pendant de nombreuses années. Ne googlez rien sur ce psychopathe si vous ne voulez pas divulgâcher votre plaisir de visionner Et je disparaîtrai dans la nuit.

La fascination de l’auteure devient dangereuse. Plus elle fouille, plus ses obsessions malsaines recoupent celles de l’assassin. Tout devient sombre et la noirceur s’infiltre partout.

Aimez-vous Lovecraft Country ?

Après deux épisodes, j’étais loin d’être convaincu de la pertinence de l’étrange série Lovecraft Country, une grosse pizza garnie d’horreur, de science-fiction, d’aventure et de ségrégation raciale.

Après cinq épisodes, force est d’admettre que cette proposition aussi hétéroclite qu’originale se tient. Lovecraft Country se regarde sur HBO Canada et Crave, en anglais. Super Écran en a amorcé la diffusion en français mercredi dernier.

L’histoire de cette mystérieuse télésérie ? Très dense et impossible à résumer clairement en peu de mots. Je m’essaie. Le récit débute à Chicago, dans les années 1950, où les Blancs et les Noirs ne s’assoient pas ensemble dans l’autobus.

De retour d’une mission de guerre en Corée, le soldat Atticus Freeman (Jonathan Majors), grand amateur de littérature fantastique, ne se doute pas qu’il s’apprête à vivre – en vrai – des trucs dignes des bouquins qu’il dévore.

Pensez ici à une secte quasi satanique, un livre ancien à déchiffrer, des créatures dégueulasses à combattre, un labyrinthe à parcourir ou un rituel de purification dans une maison hantée, toujours avec le racisme ambiant en toile de fond, qui évoque tristement des évènements contemporains.

En fait, Lovecraft Country s’apparente à un mélange des Goonies, de La guerre des mondes et de Mississippi Burning. Étonnamment, oui, ça fonctionne. Lovecraft Country porte la griffe du créateur Jordan Peele (Get Out) et du producteur J. J. Abrams (Lost). Pas des débutants, mettons.

Souvent anachronique, la trame sonore impressionne avec des classiques d’Etta James, Shirley Caesar ou Nina Simone, mais également des morceaux récents de Rihanna, Leon Bridges, Frank Ocean ou Cardi B.

Bref, voilà une série aux accents surnaturels qui ne ressemble à rien d’autre. Oui, c’est parfois confus et éparpillé, sans ligne directrice claire. Mais c’est bien joué et hautement divertissant. Et ça donne le goût d’engloutir tout le reste.