Ceux qui crachent sur les téléréalités de type Cupidon ravaleront bien vite leur venin en visionnant l’émouvante docusérie Love on the Spectrum, de Netflix, qui suit les rendez-vous amoureux de jeunes célibataires ayant un trouble du spectre de l’autisme.

Hugo Dumas
Hugo Dumas La Presse

Dans ce rayon télévisuel déjà bien garni, c’est l’émission la plus vraie, la plus chaleureuse et la plus émouvante que j’aie visionnée cette année. Et de loin. On s’attache de façon instantanée aux participants et on croise les doigts hyper fort pour qu’ils trouvent (enfin) leur partenaire idéal.

Il n’y a aucun prix en argent ni condo à gagner dans Love on the Spectrum (Histoires d’amour et d’autisme, en version française sous-titrée). Le but de cette production australienne se résume à ceci : trouver l’amour, le véritable, sans promesse de devenir un influenceur sur Instagram. Voilà un remède parfait contre le cynisme ambiant.

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Sharnae et Jimmy, qui forment un couple, dans Love on the Spectrum

Une spécialiste (la formidable Jodie !) rencontre chacun des participants, tous dans la vingtaine, pour les préparer à leurs rendez-vous galants. Comment relancer une conversation quand elle s’enlise, comment jauger l’intérêt de la personne devant nous, faut-il serrer la main de l’autre, lui donner une accolade ou un bec sur les joues ? On envisage toutes les possibilités, on dresse des listes de sujets à discuter.

Il y a tellement de bienveillance dans Love on the Spectrum que, tout de suite, on comprend que ça ne virera pas en freak show. Sans filtre, les candidats parlent à cœur ouvert de leur vision de l’amour et confient des trucs super personnels à la caméra.

Et le réalisateur arrête le tournage quand l’une des deux personnes exprime de l’inconfort. Aussi simple que ça.

Pour un café, une visite au zoo ou une même une séance de speed dating, on rencontre l’optimiste Michael, 25 ans, fan de vieilles téléséries américaines, ou la ricaneuse Olivia, 25 ans, qui souhaite devenir comédienne. Ils sont adorables.

Ne vous attendez cependant pas à un conte de fées. Ça ne clique pas nécessairement lors des soupers en amoureux. Même que le courant ne passe parfois juste pas.

Love on the Spectrum comporte également des moments cocasses. Par exemple, l’amateur de mangas Kelvin ne sait plus où se garrocher quand sa compagne sort sa Nintendo Switch en attendant la nourriture au restaurant.

En plus des célibataires qui ont beaucoup d’humour, Love on the Spectrum entre dans la vie de deux jeunes couples de personnes autistes, Thomas et Ruth ainsi que Jimmy et Sharnae, qui nous font partager leur univers particulier. C’est vraiment très bien fait.

Chapeau aussi aux parents des « concurrents », qui ont toujours été là pour leurs enfants neuro-atypiques. Leur complicité transparaît à l’écran, et c’est beau à voir.

Il n’y a que cinq épisodes d’une heure de Love on the Spectrum. Ça se regarde beaucoup trop rapidement.

Tous pour un chalet (de milliardaire) !

Si vous préférez votre téléréalité plus légère, et il n’y a rien de mal à ça, Million Dollar Beach House sur Netflix vous offrira du bon divertissement trempé dans l’évasion et l’air salin.

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Bienvenue dans le monde des Nest Seekers de Bridgehampton, où travaillent Michael, Noel, Peggy, Jimmy et JB dans la série Million Dollar Beach House.

Les fans (bonjour !) de Selling Sunset y retrouveront des pantoufles griffées confortables. Des maisons d’été hors de prix, de jeunes agents immobiliers qui se sautent à la gorge et des clients méprisants : pas question de modifier cette recette gagnante – et souvent copiée – qui a catapulté Mary, Chrishell et Christine au firmament des vedettes de la télé.

L’action de Million Dollar Beach House se déroule dans les Hamptons, terrain de jeu estival des milliardaires de Manhattan. Les magnifiques résidences, valant jusqu’à 33 millions, s’élèvent dans de riches communautés aux noms qui apparaissent souvent dans le Vanity Fair : Sag Harbor, Montauk, Sagaponack, Water Mill, Amagansett.

Million Dollar Beach House (Paradis sur mer en version française) est beaucoup moins bon que Selling Sunset. Voilà, c’est écrit. Par contre, je vous mentirais en écrivant que j’ai détesté ça. J’ai joyeusement englouti les six demi-heures d’une traite. Il ne s’agit, ni plus ni moins, que de la pornographie immobilière de luxe.

Mais au lieu de pénétrer dans les bureaux industrialo-quétaines du Groupe Oppenheim de Los Angeles, nous entrons chez les Nest Seekers de Bridgehampton, où travaillent Michael, Noel, Peggy, Jimmy et JB.

Contrairement aux efficaces femmes de Selling Sunset, les hommes de Million Dollar Beach House, dont deux ex-joueurs de football, ne vendent pas autant de grosses cabanes. Et leurs « chicanes » de bureau ont l’air encore plus scénarisées que celles entre Davina et Chrishell.

Peu importe, si vous avez le goût de saliver devant des îlots de cuisine en marbre blanc, de magnifiques bardeaux de cèdre blanchis par le vent marin et des terrasses grandes comme un terrain de soccer, vous savez où les trouver.