Shantay, pas question de quitter ! Depuis la mise à feu de Canada’s Drag Race sur la plateforme Crave, le 2 juillet dernier, la Montréalaise Rita Baga s’approche dangereusement de la couronne diamantée grâce à ses looks flamboyants et à son humour juste assez piquant.

Hugo Dumas
Hugo Dumas La Presse

Il ne reste maintenant que cinq drag queens dans cette compétition télévisuelle anglophone, et Rita Baga, campée par Jean-François Guevremont, affiche actuellement le meilleur bulletin avec trois victoires dans les sept grandes épreuves.

L’autre Montréalaise de Canada’s Drag Race, Kiara, 21 ans, a été renvoyée à mi-parcours, se classant au huitième rang de ce concours pailleté.

Les espoirs d’une victoire québécoise reposent donc entièrement sur Rita Baga, qui n’a jamais atteint le fond du baril une seule fois, contrairement à toutes ses consœurs.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce format dérivé de RuPaul’s Drag Race, les candidates doivent y exceller en improvisation, en chant, en design, en danse, en humour, en maquillage et en interprétation.

Le plus enthousiasmant, c’est que Rita Baga, 33 ans, brille dans chacun des épisodes sans ne jamais rabaisser ses rivales. Une rareté dans cet univers où la bitcherie sert régulièrement à marquer des points.

PHOTO FOURNIE PAR CRAVE

Rita Baga, campée par Jean-François Guevremont dans l’émission Canada’s Drag Race

Les gens me parlent beaucoup de mon calme. Je n’ai pas été très vocal par rapport aux autres participantes. J’ai été plus mature. Je n’ai pas embarqué dans ce jeu-là et j’essaie de me placer au-dessus de ça. Je laisse les enfants se chicaner.

Jean-François Guevremont qui incarne la drag queen Rita Baga

Les 10 heures de Canada’s Drag Race ont été enregistrées cet automne à Toronto. Entrevues, vidéos, tests psychométriques et papier médical, le processus de sélection a été long et ardu.

« J’avais vu tous les épisodes de RuPaul’s Drag Race, tous les All Stars ainsi que la version britannique. J’avais confiance en mes moyens », explique Jean-François Guevremont, qui enfile perruques et talons hauts depuis 13 ans.

Son personnage de scène s’est d’abord appelé Rita D’Marde. C’est Mado Lamotte qui lui a suggéré de le modifier, car elle ne pouvait pas imprimer des affiches avec le mot « marde » dessus. Rita D’Marde est alors devenue Rita Baga.

Les différentes tenues de Rita Baga dans <em>Canada’s Drag Race</em>

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Jean-François Guevremont, qui travaille aussi comme directeur de la programmation de Fierté Montréal, admire ses collègues américaines Sasha Velour et Shea Couleé, capables d’à peu près tout faire sur une passerelle.

« Mon style est éclectique. Dans ma garde-robe de drag queen, il y a autant de costumes campy que de robes sexys », dit-il.

Canada’s Drag Race réunit trois juges permanents (la drag queen Brooke Lynn Hytes, l’acteur Jeffrey Bowyer-Chapman vu dans UnREAL et la mannequin Stacey McKenzie), et l’animation revient au juge invité, avec des résultats inégaux.

Elisha Cuthbert et Deborah Cox ont été super bonnes, tandis que le comique Tom Green a été mauvais rare. RuPaul n’apparaît qu’en vidéo et sa présence manque parfois. Ceci dit, le calibre des performances est étonnamment très élevé.

La finale à quatre se déroulera le 3 septembre à 21 h, toujours sur la plateforme Crave. Si vous savez bien compter et que vous connaissez RuPaul’s Drag Race, vous déduisez que nous approchons de l’épisode où personne ne quittera l’atelier.

Messieurs, démarrez votre moteur. Et que la meilleure… gagne !

Et c’est pas fini, prise deux !

Un espion bien branché m’a envoyé en primeur un fichier audio d’une valeur inestimable : la nouvelle version d’Et c’est pas fini, qui servira à promouvoir le retour de Star Académie sur les ondes de TVA en janvier 2021.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Les 14 vedettes de l’émission Star Academy en 2003

Observations ? Cette version 2020 d’Et c’est pas fini est dorénavant interprétée par des artistes québécois de la relève. Après plusieurs écoutes, je crois avoir reconnu Émile Bilodeau, Sarahmée, Roxane Bruneau et Alicia Moffet (ou est-ce Claudia Bouvette ?).

Comme les voix ont été égalisées en studio, c’est difficile de démêler tout ce beau monde. Une section plus hip-hop sonne également comme du FouKi.

Par contre, cette relecture « moderne » de la pièce de Stéphane Venne n’accote pas celle de 2003, faite par la toute première cuvée d’académiciens de TVA, je trouve. Déjà, vous entendez probablement la voix cristalline d’Annie Villeneuve qui s’envole dans les notes aiguës. C’est devenu un classique.

La version 2003 d’Et c’est pas fini a tellement tourné qu’elle s’est gravée à jamais dans nos cerveaux. Bonne chance à ceux et celles qui essaieront de la déloger.

Il s’agit d’un choix très (trop ?) prudent de la part des producteurs de Déferlantes que de reprendre la chanson la plus populaire des cinq éditions de Star Académie.

De toute évidence, TVA veut chatouiller la fibre nostalgique des fans de cette téléréalité musicale. Ça m’étonnerait toutefois qu’Et c’est pas fini serve d’hymne à Star Académie 2021. Il y a des limites à recycler de bonnes idées.

Selon mes taupes, TVA lancera Et c’est pas fini jeudi matin pour marquer le début des auditions de l’émission. Insérez ici le refrain qui parle du « plus beau des commencements-en-en-hen-en-en » !