Deux sujets alimentent actuellement les conversations – virtuelles et téléphoniques – dans le petit milieu de la télé québécoise : quel nom portera la chaîne V l’automne prochain et qui pilotera la nouvelle mouture de Star Académie à TVA.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Ça jase, ça mémère, ça placote, ça potine. Essayons maintenant de disperser l’épais nuage de brouillard qui enveloppe ces deux rumeurs.

Commençons par V. Selon mes infos, pas question pour le nouveau propriétaire de la station, Bell Média, de conserver le nom de V sur la marquise, qui sonne trop comme celui d’une chaîne spécialisée.

Bell Média exploite déjà Canal D et Z. Rajoutez V dans le bouquet et vous avez l’impression qu’il s’agit d’une autre chaîne pointue consacrée à a) des concours d’humour, b) des séries criminelles, c) des téléréalités de construction ou d) toutes ces réponses.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

« Le nouveau nom de V a déjà été trouvé, me dit-on. Et ceux qui le connaissent ont quasiment juré sur la vie de leur premier-né qu’ils n’éventeraient pas ce secret », écrit Hugo Dumas.

Pour la mise en orbite de sa première chaîne généraliste francophone, Bell Média souhaite frapper un coup de circuit. Le logo V, inauguré pour la rentrée de 2009, puis rafraîchi en 2012 et en 2018, a vieilli et évoque le passé de l’antenne sous le règne de la famille Rémillard.

Le nouveau nom de V a déjà été trouvé, me dit-on. Et ceux qui le connaissent ont quasiment juré sur la vie de leur premier-né qu’ils n’éventeraient pas ce secret.

C’est un pari très risqué que de changer l’identification et la signature visuelle d’une chaîne de télévision. Encore aujourd’hui, bien des gens parlent de V comme de TQS ou de Télévision Quatre-Saisons.

Au printemps 2013, Radio-Canada a greffé l’appellation ICI à toutes ses branches radiophoniques, web et télévisuelles. En principe, vous regardez ICI Télé, ICI RDI ou ICI ARTV. Personnellement, je ne me suis jamais habitué à ce vocable de marketing inutile.

Radio-Canada, RDI et ARTV, c’est tellement plus simple et joli, non ? Pourquoi s’entêter à vouloir mêler les téléspectateurs avec ce charabia censé unifier toutes les marques du diffuseur public ?

Star Académie, maintenant. La production de la sixième saison à TVA avance pour un retour en ondes prévu en janvier ou février, dans la case horaire de La voix, qui prend une pause en 2021.

À peu près tous les membres actifs du bottin de l’Union des artistes (UDA) ont été évoqués pour succéder à Julie Snyder, mais un nom ressort particulièrement du lot : Véronic DiCaire.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Véronic DiCaire

Chanteuse, animatrice et imitatrice, Véronic DiCaire pourrait être un bon choix pour Star Académie. Exactement comme Katherine Levac aux commandes de L’amour est dans le pré chez V. Ça tombe sous le sens, même s’il ne s’agit que de suppositions.

Véronic DiCaire cumule de l’expérience sur scène, devant les caméras et en studio. Le showbiz, cette ancienne protégée de René Angélil connaît ça. Sur papier, Véronic DiCaire coche toutes les cases des critères préalables requis pour piloter une grande émission de variétés.

Le problème, et ça demeure un obstacle majeur, c’est que Véronic DiCaire a de nombreuses dates de tournée européenne prévues en janvier, février et mars 2021.

Selon la relationniste de l’imitatrice, Sandra Rossi, il n’y a pas eu d’approche ou de négociations entre TVA et Véronic DiCaire pour Star Académie 2021.

Par contre, Véronic DiCaire a été sollicitée pour devenir l’un des quatre coachs de la dernière saison de La voix, toujours à TVA. Son horaire chargé ne lui avait toutefois pas permis de se visser dans l’un des quatre fauteuils rouges du télé-crochet.

Mauvais Dossiers mystère

Vous gardez de bons souvenirs de la belle voix de Jean Coutu dans l’émission Dossiers mystère (Unsolved Mysteries), que TQS a relayée entre 1989 et 1993 ? Ne les ruinez pas en regardant la nouvelle mouture d’Unsolved Mysteries, que Netflix ressuscite mercredi. C’est très ordinaire. En fait, c’est juste long et lénifiant.

La popularité des séries de « true crime » à la Making a Murderer a rendu désuète la formule de Dossiers mystère, qui se contente de relater des histoires policières jamais bouclées, sans les amener plus loin. Vous détenez des informations sur le meurtre d’untel ou d’unetelle ? Communiquez avec nous !

Le premier épisode (sur les six offerts) explore la disparition d’un homme de 32 ans de Baltimore, Rey Rivera, grand gaillard de 1,95 m, sans ennemi connu.

Pendant une heure, la journaliste de la télé locale, la femme de Rey et un enquêteur à la retraite racontent à la caméra à quel point ils ne comprennent pas ce qui a bien pu se passer en ce jour fatidique du 16 mai 2006, Seigneur du bon Dieu.

Une nouvelle théorie jette-t-elle un éclairage différent sur le départ inexpliqué de Rey Rivera ? Non. Quelle perte de temps.

En cette époque de Tiger King et autres The Jinx, qui renferment des revirements à la chaîne, Dossiers mystère dégage des effluves de paresse et de vieille télé des années 80.

Oui, la musique originale procure encore des frissons. Mais le charme a complètement disparu. Ne perdez pas votre temps avec cette resucée sans saveur.