À l’ombre des magnolias, Sweet Magnolias en version anglaise. Ça sonnait plutôt bien. Ça évoquait de doux souvenirs de Dolly Parton dans son salon de beauté, en Louisiane.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Et ça cartonnait dans le top 10 que Netflix publie quotidiennement. J’ai donc déclenché le premier épisode de Sweet Magnolias et, doux Jésus, qu’est-ce que c’est que cette série rose bonbon, soufflée aux bons sentiments et arrosée de musique sirupeuse ?

Comme si les Gilmore Girls, sans le budget des lattés, avaient été fusionnées à des épisodes de Degrassi, avec une touche chrétienne bien assumée. Insérez ici quelques accords de banjo joyeux.

Bref, Sweet Magnolias, c’est l’équivalent d’un film de Noël de la chaîne Hallmark (du même propriétaire que les cartes de souhaits), décliné en 10 épisodes d’une heure. Ce type de télé à numéros, aux intrigues simples et prévisibles, connaît beaucoup de succès, principalement auprès des femmes âgées de 25 à 54 ans, de classe moyenne supérieure ou aisée. Le rêve des publicitaires, quoi.

PHOTO ELIZA MORSE, FOURNIE PAR NETFLIX

Sweet Magnolias raconte l’amitié indéfectible entre trois femmes de 40 ans dans la petite ville pittoresque de Serenity, en Caroline du Sud.

En ces temps plus qu’incertains, allô la pandémie et les tensions raciales, ces séries offrent du réconfort taillé sur mesure pour des téléspectatrices en quête de bonheur et de répit. Une sorte de refuge, de cocon, de bulle protégée, où la vie se résume à des parties de baseball amateur (go Bulldogs !), à des ventes de tartes maison et à de chaudes soirées d’été à se bercer sur la galerie.

Personne ne sacre dans Sweet Magnolias, qui raconte l’amitié indéfectible entre trois femmes de 40 ans dans la petite ville pittoresque de Serenity, en Caroline du Sud. Elles portent des vêtements aux couleurs vitaminées, sourient abondamment et boivent des margaritas tous les lundis soir, dans un rituel emprunté aux filles de Sex and the City.

Comme dans toute production de type Hallmark, les héroïnes de Sweet Magnolias ont des emplois stressants et de gros problèmes de cœur. Il y a une cheffe (Dana Sue), une avocate (Helen) et une spécialiste en marketing (Maddie), qui a mis sa carrière en veilleuse pour élever ses trois beaux enfants, qui l’accompagnent à l’église tous les dimanches, bien sûr.

J’ai l’air de juger, mais je suis rendu au huitième épisode de Sweet Magnolias et j’aurai probablement fini la série au moment où vous lirez ces lignes. Pourquoi ? Aucune espèce d’idée. Le côté rétro-romantique de la série n’est pas déplaisant. C’est sucré comme un thé glacé du commerce, jamais salé.

Car Sweet Magnolias ne parle jamais de politique, n’aborde pas de sujets controversés et montre peu de scènes de sexe. C’est l’équivalent adulte des séries de Disney. C’est tout sauf compliqué.

Quand une ado boit trop, à son premier party, elle comprend vite la leçon : l’alcool, c’est le démon. Et elle ne recommencera plus jamais, OK ?

Dans la distribution d’acteurs inconnus de Sweet Magnolias, vous reconnaîtrez peut-être la petite sœur de Britney Spears, mauvaise de chez mauvaise, ainsi que Chris Klein, alias Oz dans les films American Pie, qui joue avec un accent du Sud ridicule. Il vaut mieux en rire que s’en offusquer.

La version doublée en français de Sweet Magnolias arrivera bientôt. Pour l’instant, il n’y a que les sous-titres français d’offerts.

Si on s’aimait, version express

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L’ÉMISSION

L’ambiance n’aurait pas pu être plus lourde que celle entre Marie-Ève la dépendante et Jonathan le codépendant, en voyage exotique au Saguenay.

Chochotte, par-ci, princesse par-là, Fanny la rationnelle a poursuivi son entreprise de picossage d’Anyck à Si on s’aimait sur les ondes de TVA. C’était peut-être le « gaz d’avion » que Fanny a bu le matin – ou la nourriture mexicaine « qu’elle n’est pas habituée de manger » – qui ont autant alimenté son moteur verbal, reste que c’était pénible à regarder.

Sur le canapé de Louise Sigouin, Anyck l’émotif s’est en plaint : « Fanny me parle comme un genre de trucker ». Anyck a aussi demandé plusieurs fois à Fanny d’arrêter d’employer le mot chochotte, sans succès, jusqu’à ce qu’il se choque. Ah-ha ! Une chochotte qui se choque, aurait pu ajouter Fanny, qui ne décroche pas de cette expression dénigrante.

Par contre, l’ambiance n’aurait pas pu être plus lourde que celle entre Marie-Ève la dépendante et Jonathan le codépendant, en voyage exotique au Saguenay, commandité par Expedia. Quel fiasco. C’était malaise par-dessus malaise, le tout déposé sur un lit de malaises, dans un dôme au Cap Jaseux. Avec beaucoup, beaucoup de brûlots dehors.

Encore une fois, Marie-Ève s’est plainte de l’hygiène de Jonathan, qui ne se lave pas avant de se glisser dans le sac de couchage, selon elle. « Je suis pas capable de faire semblant d’être contente avec quelqu’un qui m’énerve », a confié Marie-Ève durant sa séance de thérapie.

Jonathan, de son côté, a mentionné qu’il avait l’impression d’avoir un « deux par quatre » à ses côtés. Deux appels d’urgence ont été faits. Du jamais-vu à Si on s’aimait. Jonathan a même fui sa compagne pour se rendre, sur le pouce, à Val-Jalbert.

Depuis deux semaines, la perspective du public a complètement changé envers Marie-Ève, devenue la méchante dans son « couple ». Pour paraphraser le coanimateur Guillaume Lemay-Thivierge : « Marie-Ève, ça ne fait jamais son affaire. »

Jennifer a aussi changé d’attitude à mi-parcours. Fermée et rébarbative, nous l’avons vue s’épanouir et avoir du plaisir. Qui l’aurait cru, à l’époque où elle fréquentait le pauvre Mike.

D’après moi, la séance de magie blanche de Fanny sur la plage mexicaine a ensorcelé tous les participants. Il n’y a pas d’autre explication logique.