On oublie facilement que l’équilibre de notre planète repose sur de multiples connexions entre les règnes animal et végétal peaufinées au fil des millénaires. On oublie tout autant que l’activité humaine parasite ou rompt ces précieux liens. La série Our Planet (Notre planète) le rappelle à force d’images époustouflantes et d’explications toutes simples.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

CAPTURE D'ÉCRAN DE OUR PLANET, FOURNIE PAR NETFLIX

Les laminariales, algues géantes qu'on trouve au large de la Californie, peuvent atteindre 50 mètres de hauteur et abritent des loutres de mer.

Une planète pour tous

Montrer la splendeur de la nature et de la vie sauvage est le propre des documentaires comme Our Planet. On ne peut qu’être ébloui, une fois de plus, par les images saisissantes de cette superproduction – celles qui ont été tournées sous l’eau en particulier – qui montre à la fois l’élégance et l’ingéniosité du règne animal. La série de Netflix ne se contente toutefois pas de gaver le spectateur de beauté, elle le confronte ouvertement à la destruction causée par l’activité humaine. Sa pertinence se trouve justement là: dans cette manière habile et directe d’impliquer le spectateur, de lui faire comprendre que ce qu’il voit à l’écran existait avant lui. En plus riche, en plus grand nombre, bref, en mieux.

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Le caméraman Barrie Britton filmant des albatros.

Un monde hyper connecté

On vit depuis toujours dans un monde hyper connecté, pas seulement depuis qu’on a des téléphones intelligents. C’est le propos central d’Our Planet. Plutôt qu’une simple chronique de la vie rude dans les mondes polaires, la savane ou la forêt tropicales, la série se présente plutôt comme un engageant cours d’écologie. Le narrateur David Attenborough (LA voix des documentaires sur la nature de la BBC, doublée en français par Jacques Frantz) insiste sur le fonctionnement des écosystèmes et leur interdépendance. Le nœud de l’affaire est là. La déforestation, par exemple, a un impact global, qu’elle ait lieu aux confins de l’Amazonie ou en Abitibi. La biodiversité dépend autant de la survie d’oiseaux qui dispersent les semences d’un arbre fruitier grâce à leurs déjections que de la bonne santé des coraux où fourmille la vie marine.

CAPTURE D'ÉCRAN DE OUR PLANET, FOURNIE PAR NETFLIX

La nature a repris ses droits dans la zone d'exclusion de Tchernobyl.

Une pluie de chiffres

Les forêts humides représentent 7% de la planète et jouent «un rôle essentiel dans l’équilibre» de notre terre. Or, Bornéo, où se trouve la plus vieille des forêts tropicales du monde, a perdu 50 % de son couvert forestier. Juste à côté, aux Philippines, la perte s’élève à 90%. D’un épisode à l’autre, les statistiques s’accumulent. Les chiffres sont pour la plupart alarmants. Entre 2016 et 2017, la grande barrière de corail australienne a perdu 1000 km. Autrement dit, une partie de ce qu’on voit à l’écran dans Our Planet n’existe peut-être déjà plus… L’espoir n’est sans doute pas perdu: la série montre aussi comment des mesures de protection ont ramené les anchois (et les oiseaux marins) au large du Chili et comment la nature a repris ses droits dans la zone d’exclusion de Tchernobyl. Trente ans et des poussières après l’accident nucléaire, renard, lièvres, chevreuils et loups courent en effet dans les forêts et la végétation qui ont repris possession des ruines de la ville ukrainienne.

CAPTURE D'ÉCRAN DE OUR PLANET, FOURNIE PAR NETFLIX

L'une des forces de la série est toutefois de rappeler - sans faire la morale - qu'il est temps d'agir pour sauver la planète.

Tous pour notre planète?

L’étalage de tant de beauté et de sa destruction par l’activité humaine émeut, choque et attriste. L’une des forces de la série est toutefois de rappeler – sans faire la morale – qu’il est temps d’agir pour sauver la planète. Par la voix de son narrateur, elle prend position et plaide entre autres ouvertement pour la fin de la surpêche, la transformation de toutes les zones côtières de la planète en aires protégées et la préservation de la forêt boréale. Le réchauffement climatique ne menace pas que les ours polaires affamés par la disparition hâtive de la banquise, bien sûr. Toutes les formes de vie sur terre comme en mer sont en jeu. Y compris celle de la seule espèce qui pourrait renverser la vapeur: nous.

La série Our Planet est disponible sur Netflix

> Consultez le site éducatif de la série