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Louis T: mieux comprendre l'autisme

À 34 ans, l'humoriste Louis T a reçu... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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À 34 ans, l'humoriste Louis T a reçu un diagnostic de syndrome d'Asperger.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Sophie Allard
La Presse

Toute sa vie, l'humoriste Louis T s'est senti bizarre sans trop savoir pourquoi. À 34 ans, il a reçu un diagnostic: syndrome d'Asperger. Dans le documentaire Apprenti autiste, diffusé mercredi à Télé-Québec, on assiste à sa quête pour comprendre sa situation et déboulonner les mythes associés au trouble du spectre de l'autisme.

Peu après avoir reçu ton diagnostic, tu l'as annoncé sur les réseaux sociaux. Tu dis que ton coming out à Tout le monde en parle a changé ta vie. De quelle façon?

Du côté personnel, le diagnostic m'a apporté un soulagement. Je compare ce diagnostic à un coffre à outils, on m'a donné des outils pour mieux me comprendre, je m'estime plus heureux. Du côté professionnel, j'ai profité d'une tribune [de 1,8 million de téléspectateurs] que je n'avais jamais eue.

On te dit souvent: «T'as pas l'air d'un autiste, Louis!» Les préjugés envers l'autisme sont-ils encore très présents?

Il y a beaucoup de méconnaissance et d'ignorance, c'est compréhensible parce que c'est un sujet complexe. À titre personnel, j'ai passé 33 années de ma vie à essayer d'être normal et je suis devenu assez bon. Je ne suis pas étonné aujourd'hui que les gens me disent que je n'ai pas l'air autiste, j'ai passé la majorité de ma vie à essayer de le masquer.

Te sens-tu submergé parfois par tous les témoignages que tu reçois?

Oui, sauf que j'assume la responsabilité de mon coming out et je connais mes limites. Les gens sont super gentils. Des monsieurs et des madames de 57 ans et 60 ans m'écrivent. Toute leur vie, ils n'ont pas compris ce qu'ils avaient et ont réussi à vivre normalement. Ils se reconnaissent en moi. Je ne suis pas expert du sujet, alors je réfère beaucoup au site autisme.qc.ca.

Te sens-tu investi d'une mission de faire le pont entre les autistes et les neurotypiques?

Sans dire que je me sens investi d'une mission, je crois que je suis en mesure d'aider à faire le lien. J'aime dire que j'ai un pied dans la normalité et un pied dans l'autisme. J'ai ma quête personnelle, mais mon objectif est de faire comprendre aux gens aussi. La mission, que je l'aie choisie ou pas, m'est tombée dessus. Voilà pourquoi j'ai accepté de participer au documentaire.

Durant le tournage d'Apprenti autiste, y a-t-il eu des rencontres déstabilisantes?

Non, mais on est allé jouer dans mes émotions alors que je ne suis pas particulièrement émotif dans la vie. Je me suis rendu compte que ça me touchait beaucoup. J'ai vu des gens heureux, mais aussi fragiles et forts à la fois. Je ne m'intéressais pas particulièrement à l'humain, ça m'a réconcilié. Pendant trois mois, je n'ai rencontré que du bon monde.

Les confidences de ta conjointe à la caméra sont touchantes. Elle raconte la difficulté pour vous de sortir entre amis, de souper en tête à tête.

Ça fait de la bonne télé, hein? Ça m'a touché, même si on en avait déjà parlé. Elle ne veut pas que les gens aient pitié pour elle, qu'ils pensent que notre vie de couple est difficile. Je pense que ça va rejoindre les gens, elle est authentique.

Dans le documentaire, on voit Julien qui tente d'obtenir un emploi. Chez les personnes avec Asperger, le taux de chômage est de 40 %. Te sens-tu privilégié de connaître le succès professionnel?

Oui, tout à fait. Julien, c'est une belle rencontre. Je me suis reconnu en lui quand j'étais jeune adulte, c'était difficile pour moi à l'époque. J'ai eu la chance de choisir un métier atypique. Ça m'a permis d'avoir un horaire flexible, d'avoir droit à mes excentricités. Je regarde cheminer Julien, j'ai confiance que sa vie va s'améliorer, comme la mienne s'est améliorée.

On sent ta mère peu à l'aise avec ta nouvelle «étiquette» d'autiste. «Il ne faut pas en abuser», dit-elle.

Je comprends la crainte de certaines personnes face à un effet de mode. On en parle plus, donc ça donne l'impression qu'il y a de l'autisme partout. Ce n'est pas ça. En pointant quelque chose qu'on ne connaissait pas beaucoup, on le remarque plus dans la société. Ma mère m'a toujours vu normal avec mes particularités et m'a toujours accepté comme ça. Le diagnostic l'a brusquée. Je lui ai expliqué que, pour moi, ce n'était pas une condamnation, mais un soulagement.

Qu'est-ce que tu attends de ce documentaire?

C'est comme un cours d'autisme 101. J'espère que ça va sensibiliser le public, le rassurer. Mon souhait serait que, dans la société en général, on s'ouvre à la différence, qu'on accepte les gens qui sortent des normes. La différence n'est pas toujours agréable, pas toujours cute, mais il faudrait être plus compréhensif.

Soirée sur l'autisme à Télé-Québec le mercredi 27 février

20 h: Apprenti autiste. Réalisation: Gabriel Allard-Gagnon. Productions Urbania.

21 h: Table ronde sur l'autisme aux Francs-tireurs, réunissant Guylaine Guay, Patricia Paquin et Sophie Prégent, mères d'enfants touchés par un trouble du spectre de l'autisme.

Louis T est en résidence à la Place des Arts et au Petit Théâtre de Québec avec Vérités et conséquences... sur scène, un spectacle qui reprend le ton et certains thèmes abordés dans ses capsules web.




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