Après La voix et La voix junior, Marie Mai conseillera de nouveau des artistes émergents, mais cette fois, elle le fera en anglais. La chanteuse sera juge permanente au concours canadien The Launch, diffusé à CTV, aux côtés d'artistes et de réalisateurs comme Scott Borchetta, Sarah McLachlan et Ryan Tedder, du groupe OneRepublic.

Mis à jour le 20 sept. 2018
VÉRONIQUE LAUZON LA PRESSE

Révélée par Star Académie et ancienne coach à La voix et La voix junior - trois productions phares de TVA -, Marie Mai fait maintenant ses premiers pas à la télévision anglophone sur les ondes de CTV, propriété de Bell Média, grâce à la téléréalité The Launch. L'émission sera aussi diffusée à VRAK, sous-titrée en français.

«J'ai fait La voix et ce fut une superbe, superbe opportunité. Mais, en même temps, je pense que j'étais prête pour quelque chose de nouveau et de différent. Et The Launch me ressemble tellement!», indique celle qui a quitté Productions J pour evenko et Spectra.

Distribution immédiate des chansons

Scott Borchetta, un prolifique producteur de Nashville ayant propulsé plus de 200 chansons au sommet des palmarès, est l'un des idéateurs de The Launch. Il était aussi un des mentors des deux dernières saisons de l'émission American Idol.

«L'idée est arrivée après mes années à American Idol, où je cherchais vraiment à comprendre comment nous pourrions réinventer le concept [du concours de chant]. Et je me disais: "Quand le public découvre quelque chose, il le veut maintenant." Et ce fut la prémisse de The Launch», explique Scott Borchetta, joint par La Presse à ses bureaux à Nashville où il se trouvait en compagnie de Marie Mai.

Chaque épisode de The Launch présente des artistes émergents qui interprètent devant un jury une chanson connue, ainsi qu'une création originale. Seulement deux d'entre eux passent à l'étape suivante, soit d'enregistrer une chanson créée par un artiste de renommée internationale pour ensuite la présenter devant un public.

Les juges choisissent finalement la meilleure version de la chanson et la distribuent dès la fin de l'épisode.

La première saison à CTV a attiré une moyenne de 869 000 téléspectateurs et trois des six chansons ont atteint la première place des ventes d'iTunes Canada. Également, ces chansons ont dépassé 21 millions d'écoutes en ligne.

«Nous sommes tellement fiers du succès que nous avons eu avec la première saison», dit Scott Borchetta, seul juge qui était présent lors de chaque épisode de la première saison. Il a été toutefois entouré de juges invités comme Shania Twain, Fergie, Alessia Cara, Boy George et Ryan Tedder, chanteur de OneRepublic et réalisateur pour Adele.

Question de «timing»

Dans cette première saison, diffusée l'hiver dernier, Scott Borchetta a répété régulièrement que la clé dans l'industrie de la musique était de trouver la bonne chanson, pour le bon artiste, au bon moment.

«Combien de fois avons-nous un bon artiste et une bonne chanson, mais le timing n'est pas bon. Pour une tonne de raisons. Par exemple, c'est trop pop quand la tendance est au hip-hop. Ou trop rock quand c'est la pop. Alors, il faut vraiment comprendre le marché et saisir le moment», dit-il.

«D'après moi, c'est ce qui fait que le show fonctionne. Nous prenons de bons producteurs qui doivent produire un hit tout de suite. Nous ne sommes pas là à développer un projet qui sortira dans quelques mois.»

Pour cette deuxième saison, qui sera diffusée dès janvier prochain, Marie Mai sera juge permanente, tout comme Scott Borchetta. Des artistes internationaux comme Sarah McLachlan, Ryan Tedder et Max Kerman (Arkells) viendront se joindre à eux comme juges invités.

«Je suis passionnée par l'écriture et le travail en studio, dit Marie Mai. Ce n'est pas quelque chose que les gens savent beaucoup à propos de moi, parce que je fais de la musique pop et que je suis flamboyante. Mais c'est vraiment quelque chose que j'adore, passer du temps en studio et travailler avec d'autres artistes», répond Marie Mai en anglais, une langue qu'elle maîtrise très bien.

Un nouveau marché pour Marie Mai

«C'est une grosse occasion pour Marie Mai d'élargir sa carrière et de se faire une place en anglais aussi. Il ne faut pas oublier que ce genre de show te permet de te faire connaître d'un plus large public. Blake Shelton ou Adam Levine ne seraient pas les immenses vedettes qu'ils sont sans The Voice. Je pense que lorsque tu fais un bon travail, c'est une bonne façon de t'ouvrir à un nouveau public», croit Scott Borchetta, ajoutant qu'il espère que Marie Mai viendra de plus en plus souvent à Nashville «pour qu'elle fasse partie de [leur] communauté».

La principale intéressée, qui sort son sixième album le 9 novembre, ne cache pas son intérêt à travailler dans la langue de Shakespeare: «Je ne mentirai pas, on travaille en parallèle sur des trucs en anglais.»

«Ça revient au fait que le timing, c'est important. Pendant plusieurs années, je voulais faire le saut en anglais. Mais quelque part, je pense que je n'étais pas prête. [...] Et maintenant, je sens que c'est le bon moment. Quand j'ai vu qu'on m'ouvrait la porte pour ce show, j'étais prête à sauter.»

Lorsque nous abordons avec l'auteure-compositrice-interprète sa décision de se joindre au label Spectra pour la sortie de son prochain album, et au promoteur evenko pour la production de ses spectacles, elle affirme: «Être ici, avec Scott, à Nashville, ça me confirme que dans la vie, j'ai pris de bonnes décisions.»

Les enregistrements de The Launch auront lieu cet automne à Toronto et l'émission sera diffusée à CTV dès janvier. La chaîne VRAK présentera aussi l'émission avec des sous-titres en français.