Le Cirque du Soleil a dévoilé hier quelques extraits de son nouveau spectacle sur glace Axel, qui sera présenté en décembre à Québec et à Montréal. Un « concert d’aréna », nous promet-on, avec moult projections et effets spéciaux, qui fera la part belle à la musique live et aux arts graphiques.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

Après l’expérience (réussie) de Crystal, premier spectacle sur glace du Cirque (créé en 2017), la directrice de création Patricia Ruel et le metteur en scène Fernand Rainville ont quand même reçu le mandat « d’aller ailleurs ».

Le tandem derrière Axel a donc misé sur une « énergie plus masculine », plus proche du « concert d’aréna » que du théâtre, où la musique et les projections seront mises de l’avant, nous assure-t-on.

« Les gens vont dans les arénas pour vivre une expérience collective », croit Patricia Ruel.

On est dans les grandes émotions qui nous transcendent. Ce qui fait que visuellement, on est beaucoup plus proche du concert d’aréna, avec des effets spéciaux, de la fumée, des lasers, de la pyrotechnie et des caméras qui feront des gros plans sur les artistes.

La directrice de création Patricia Ruel

Pas question de placer les musiciens à l’arrière-scène ou près des coulisses. Ils seront tous visibles et auront l’occasion de faire des solos, promet la directrice de création. Mieux, ils seront menés par un vrai chanteur (en patins !), l’Australien Jayden Sierra, qui incarnera le personnage principal d’Axel.

« Axel est l’artiste suprême, celui qui dessine, qui écrit des chansons et qui a probablement conçu les costumes, illustre Fernand Rainville. L’artiste suprême troublé et tourmenté, et en même temps joyeux, qui embrasse la vie avec une énergie débordante et qui tombera amoureux d’une jeune femme [appelée Lei]. »

Mad World donnera le coup d’envoi

Le numéro d’ouverture, dévoilé aux médias hier matin, met la table. Le chanteur Jayden Sierra, 24 ans, fait son apparition en patins, guitare en bandoulière. Il entonne les premières notes de Mad World, de Tears For Fears. Autour de lui, la ville se dessine grâce à la magie des projections.

Coup de chapeau (voulu) au monde de la bédé, des superhéros et des mangas, toutes époques confondues, qui apparaîtront sur la glace autant que sur le mur du fond de scène.

Une demi-douzaine d’acrobates appartenant à un clan (les rouges) s’élancent dans une chorégraphie dite « freestyle », qui répond à un autre objectif du Cirque : rehausser les numéros sur patins, mais aussi « dépolir » les numéros exécutés par les 17 patineurs professionnels (sur 41 artistes).

Fernand Rainville nous précise que ce clan des rouges appartient au groupe des Syndicats, « créatifs et rebelles anticonformistes » menés par Lei. Opposés bien sûr à la « Corporation » (incarnée par le personnage de Vï), qui « vole leur lumière » et « l’essence de leur personnalité » pour s’ennoblir et prendre le pouvoir.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Fernand Rainville signe la mise en scène du spectacle Axel, du Cirque du Soleil.

Les enjeux seront clairs. On est dans les images iconiques de la bédé, Syndicates c. The Corporation. Il y aura les bons et les méchants.

Fernand Rainville, metteur en scène

Le personnage de Quartz, création de l’esprit d’Axel, représenté tel un superhéros sorti de l’univers de Marvel, fait un numéro de diabolo (sur patins) dans un autre extrait montré par le Cirque baptisé Héros du jour. Autour de lui, un chien-robot fait son apparition, manipulé à vue (et par-derrière), rappelant les beaux jours du loup-vipère (dans Avatar).

Des tubes

Cette pièce-là, comme d’autres, a été composée par Philippe Brault, qui a hérité de la direction musicale d’Axel. Mais l’équipe de création a quand même choisi des pièces connues, pour satisfaire la « culture patin » friande des tubes du top 40. Outre Mad World, on reconnaîtra donc Creep de Radiohead, Diamonds de Rihanna, You Should Be Dancing des Bee Gees et Jump Around de House of Pain.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Un numéro de contorsion aérienne sur un double cerceau fait partie des numéros d'Axel présentés aux médias hier.

Dans le dernier extrait présenté aux médias, on a pu voir un duo de contorsion aérienne sur un double cerceau. Un numéro (parfaitement) exécuté, sorte de « rituel pour invoquer la lumière sacrée ». Pour « remettre la main sur l’Étoile brillante ». Bref, il faudra voir Axel pour saisir toutes les métaphores de ce combat épique pour la survie de notre espèce.

Au Centre Vidéotron à Québec, du 12 au 15 décembre, puis au Centre Bell à Montréal, du 19 au 29 décembre