Six spectacles de danse, de théâtre et de performance à ne pas manquer dans la programmation du FTA, qui se tient du 25 mai au 9 juin, à Montréal.

Publié le 21 mai

Elenit

PHOTO JULIAN MOMMERT, FOURNIE PAR LE FTA

Elenit, une création du chorégraphe et metteur en scène grec Euripides Laskaridis

Figure de proue de la nouvelle scène grecque, le chorégraphe et metteur en scène Euripides Laskaridis a collaboré avec Robert Wilson. Tout comme lui, ce créateur grec est reconnu pour la puissance de son théâtre visuel et sa beauté plastique. Pour sa deuxième venue au Québec en quatre ans (il avait présenté Titans en 2018), le FTA propose Elenit, dernier volet d’une trilogie entamée en 2015 avec Relic, qu’on annonce comme une « fable poétique et grotesque sur les grandeurs et les failles de l’humanité ». « Je suis parti de la vie domestique [Relic], pour aller vers un monde céleste [Titans], et avec Elenit, j’arrive dans un présent perpétuel », a-t-il confié dans un entretien sur le site du FTA.

Luc Boulanger, La Presse

Du 1er au 4 juin, Théâtre Jean-Duceppe

Le virus et la proie

PHOTO CHRISTIAN BOURGIER, FOURNIE PAR LE FTA

Le virus et la proie, de Pierre Lefebvre, avec Tania Kontoyanni, Alexis Martin, Étienne Lou et Ève Pressault

Cette création de l’écrivain et essayiste Pierre Lefebvre (ex-rédacteur en chef de la revue Liberté), dans une mise en scène de Benoît Vermeulen, pique notre curiosité. On nous annonce un théâtre de résistance, une prise de parole « affûtée et tremblante de vérité » sur les « infections sociales » du néolibéralisme. « Tout est parti d’un court texte qu’Olivier Choinière m’avait demandé, en 2016, pour 26 lettres : Abécédaire des mots en perte de sens. Il m’avait confié la lettre L pour libéral. Alors j’ai adressé ma lettre à Philippe Couillard, le premier ministre à l’époque », explique Lefebvre, à propos de l’écriture de sa pièce, sur le site du FTA. La distribution est formée de Tania Kontoyanni, Étienne Lou, Alexis Martin et Ève Pressault.

Luc Boulanger, La Presse

Du 27 au 31 mai, Espace Libre

Les jolies choses

PHOTO JULIE ARTACHO, FOURNIE PAR LE FTA

Les jolies choses, de Catherine Gaudet

La chorégraphe montréalaise Catherine Gaudet fascine, étonne et déstabilise avec ses propositions chorégraphiques, qui passent souvent par la répétition de gestes et la modulation des corps jusqu’à ce que craque la surface des choses, jusqu’à l’atteinte de l’état cathartique. Elle est de retour au FTA avec Les jolies choses, une pièce pour cinq danseurs dont les corps s’activent au rythme du métronome, dans une partition chorégraphique aux mouvements simples et mécaniques, exigeant une rigueur irréprochable. Une œuvre qu’on présente comme la maturation de son langage artistique, une « quête sous les corps où les désirs peuvent renaître sous le poids de la contrainte », qui expose les contradictions de notre époque.

Iris Gagnon-Paradis, La Presse

Du 28 mai au 1er juin, à la salle Rouge de l’Édifice Wilder

Lavagem

PHOTO RENATO MANGOLIN, FOURNIE PAR LE FTA

Lavagem, une création d’Alice Ripoll

C’est un poème « politique et ludique » qu’offre la chorégraphe brésilienne Alice Ripoll avec Lavagem. Ici, une grande bâche bleue sert de principal élément scénique, une créature en métamorphose qui révélera les craques d’une société profondément inégalitaire. Les notions de propreté et de saleté, et les préjugés sociaux qu’elles soulèvent, sont au cœur de l’œuvre mariant danse, acrobatie, chant et percussion, où évoluent six interprètes. Munis de seaux et de savons, ils se lanceront dans un grand nettoyage, remplissant la scène de mousse, créant une surface glissante où les corps à la fois luttent et se propulsent.

Iris Gagnon-Paradis, La Presse

Du 1er au 4 juin, à l’Usine C

L’homme rare

PHOTO RUBEN PIOLINE, FOURNIE PAR LE FTA

La pièce L’homme rare, de Nadia Beugré

Chorégraphe ivoirienne engagée, Nadia Beugré aime appeler et montrer les choses telles qu’elles sont. Avec L’homme rare, elle donne à voir un quintette d’hommes, majoritairement nus, et de dos, s’attaquant ainsi aux représentations des corps, interrogeant au détour la question du genre, la postcolonialité, d’une façon à la fois critique et empreinte de sensualité. « J’ai appelé la pièce L’homme rare en référence à l’histoire de l’esclavage, à cette époque où l’on venait chercher des esclaves bien musclés et bien dodus à qui l’on assignait une tâche en fonction de leur morphologie. L’homme rare est une manière de rendre hommage à ce peuple noir », explique la chorégraphe dans un entretien publié sur le site du FTA.

Iris Gagnon-Paradis, La Presse

Du 29 mai au 1er juin, au Théâtre Rouge du Conservatoire

Laboratoire poison

PHOTO VINCENT ARBELET, FOURNIE PAR LE FTA

La pièce Laboratoire poison d’Adeline Rosenstein rassemble pas moins de 12 interprètes.

Dans un spectacle à grand déploiement rassemblant 12 interprètes, la créatrice belge Adeline Rosenstein pose sa lorgnette sur l’Histoire avec un grand H, et ce, dans toute sa complexité. Les mouvements de résistance qui se sont formés pendant la guerre d’Algérie, la décolonisation du Congo ou l’occupation allemande de la Belgique, sont disséqués dans une « chorégraphie millimétrée » où les corps et les archives se superposent. Un spectacle dense salué par la critique lors de son passage en France en 2021, notamment. Intrigant.

Stéphanie Morin, La Presse

Du 7 au 9 juin au Théâtre Jean-Duceppe

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