Le Cirque Kalabanté Productions, dont l’ADN a été façonné par la culture de la Guinée, revient présenter à la TOHU son spectacle phare, Afrique en cirque. Un voyage ensoleillé en musique et en danse, mais où les performances circassiennes manquent de saveur.

Publié le 14 avril
Stéphanie Morin
Stéphanie Morin La Presse

Mercredi à la TOHU, Yamoussa Bangoura et sa bande ont ressorti kora et djembés pour la première d’une nouvelle série de représentations d’Afrique en cirque. Le spectacle a été modifié pour l’occasion afin de témoigner avec encore plus d’authenticité de la vie ouest-africaine. Le décor rappelle celui d’un marché, les bruits des oiseaux remplissent la salle. Avant même qu’un humain ne pose le pied sur scène, le spectateur sait qu’il est ailleurs.

En effet, la troupe nous entraîne loin de Montréal, de sa grisaille printanière et de sa pluie froide. Il y a des chants entonnés en langue soussou par Yamoussa Bangoura, maître de piste charismatique et fondateur de la troupe. De la danse endiablée aussi, exécutée par cinq artistes énergiques aux corps sculptés. Les tambours ont résonné. Les musiciens – un guitariste, un saxophoniste et un batteur – ont ajouté leur grain de sel à l’ambiance résolument festive. La musique est sans conteste l’élément le plus réussi de ce spectacle.

On joue même, dans le sens théâtral du terme, des scènes de pêche et de marché qui pousseront plus avant l’exotisme de l’ensemble. Ces tableaux, tantôt très réalistes, tantôt oniriques, sont souvent d’une grande beauté.

Seulement, il y a un hic et il est de taille : les performances circassiennes ne sont pas à la hauteur de ce à quoi on peut s’attendre dans un spectacle de cette envergure. Ni ce à quoi la TOHU et les compagnies de cirque montréalaises nous ont habitués. On a vu des numéros de roue Cyr et de jonglerie, voire de mât chinois, plus impressionnants. Les figures acrobatiques sont trop souvent répétitives.

  • Yamoussa Bangoura joue de la kora pendant le spectacle.

    PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

    Yamoussa Bangoura joue de la kora pendant le spectacle.

  • Certains numéros, comme celui de roue Cyr, ne sont pas convaincants.

    PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

    Certains numéros, comme celui de roue Cyr, ne sont pas convaincants.

  • La musique, plus que le cirque, reste l’élément le plus réussi de ce spectacle.

    PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

    La musique, plus que le cirque, reste l’élément le plus réussi de ce spectacle.

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Seuls les acrobaties au sol (très explosives) et le numéro de boleadoras exécuté par la reine de la discipline au Québec, Sarah Louis-Jean, suscitent l’admiration. Or, pour le public, le plaisir du cirque repose aussi dans ces numéros qui semblent inaccessibles au commun des mortels, dans un mélange de contrôle et de bravoure qui donne des sueurs froides.

Ce qui n’arrange rien, c’est que les transitions entre les numéros sont parfois laborieuses et viennent alourdir le rythme de l’ensemble. Résultat : on finit par trouver longuet un spectacle qui dure à peine 75 minutes.

Mercredi, la troupe célébrait la 105représentation d’Afrique en cirque. Certes, les artistes ont changé au fil des années ; les numéros aussi. Il reste à espérer que le spectacle soit un peu resserré pour que le voyage soit plus réussi et que personne ne songe à descendre du train avant la fin.

Consultez le site de la Tohu
Afrique en cirque

Afrique en cirque

De Cirque Kalabanté Productions

À la TOHU, Jusqu’au 24 avril

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