Le Cirque du Soleil resserre ses liens avec l’Arabie saoudite. Le groupe de divertissement vient de signer un accord avec Riyad.

Mis à jour le 28 janvier
Véronique Larocque
Véronique Larocque La Presse

« En vertu de cet accord, un grand nombre de spectacles […] pourront être présentés au sein du royaume », peut-on lire dans un communiqué publié vendredi par le ministère de la Culture de l’Arabie saoudite. À titre d’exemples, le document parle des spectacles The Illusionist, Now You See Me, Paw Patrol Live – Race to the Rescue, Trolls Live ! et Blue Man Group World Tour.

Le partenariat prévoit aussi que les deux parties élaboreront un plan pour établir une académie de formation régionale et un bureau local du Cirque du Soleil, selon le communiqué.

« Cette entente a été conclue dans la foulée du vent de réformes et de changements sociaux annoncés dans ce pays, et de l’annonce d’ententes commerciales visant à mettre sur pied une toute nouvelle industrie du divertissement en Arabie saoudite. Elle permettra de définir les spectacles qui pourraient éventuellement y être présentés et ouvre la porte à d’autres projets qui pourraient être développés », a précisé Caroline Couillard, porte-parole du Cirque du Soleil, dans un courriel envoyé à La Presse.

Lorsque ces projets seront plus précis, nous ferons une annonce officielle – comme nous le faisons habituellement avec nos partenaires. Pour l’instant, il n’y a aucun projet ferme à annoncer.

Caroline Couillard, porte-parole du Cirque du Soleil

Cet accord a été signé par le prince Badr ben Abdullah ben Farhan Al Saud, ministre de la Culture de l’Arabie saoudite, et Gabriel de Alba, coprésident du groupe Cirque du Soleil, lors d’une réunion à New York.

Ce n’est pas la première fois que le groupe de divertissement se produit en Arabie saoudite. Depuis 2018, le Cirque du Soleil y a présenté six spectacles, dont Messi10, inspiré de la vie de la légende du joueur de soccer Lionel Messi, en novembre dernier.

En 2018, la présentation de spectacles du Cirque du Soleil dans ce pays avait toutefois suscité la colère de certains de ses artistes qui espéraient que la compagnie annulerait des spectacles dans la foulée de la condamnation internationale du régime à la suite du meurtre du journaliste saoudien dissident Jamal Khashoggi et d’un différend diplomatique entre le Canada et l’Arabie saoudite.

Secteur en développement

Dans les dernières années, l’Arabie saoudite a mis beaucoup d’énergie pour développer le secteur des arts et du divertissement, notamment en créant le ministère de la Culture en 2018.

Rappelons qu’il n’y a pas si longtemps, les concerts étaient interdits dans ce pays. Le prince héritier Mohammed ben Salmane est derrière ces changements, alors qu’il tente de moderniser la société pour attirer davantage de capitaux étrangers et créer de l’emploi pour la jeune génération.

Toutefois, pour les groupes de défense des droits de la personne, ces évènements culturels ne visent qu’à détourner l’attention du bilan du royaume saoudien en matière de droits de la personne.

L’automne dernier, une campagne avait d’ailleurs été lancée pour dissuader Justin Bieber d’y donner un spectacle. Sans succès. Le chanteur canadien est monté sur scène à Djeddah le 5 décembre dernier.

Avec La Presse Canadienne et l'Associated Press