Mélanie Demers est la lauréate du Grand Prix de la danse de Montréal 2021, doté d’une bourse de 25 000 $. La chorégraphe est récompensée pour son spectacle La goddam voie lactée, coproduit par l’Agora de la danse et le Festival TransAmériques. Une pièce présentée au FTA en juin dernier et plus récemment à l’Agora.

Publié le 2 déc. 2021
Mario Cloutier Collaboration spéciale

« Je suis très heureuse, a déclaré la récipiendaire. Ça fait du bien d’être récompensée pour le travail que toute l’équipe a effectué pendant cette période terriblement hostile de la pandémie. La goddam voie lactée a été, dans les faits, un processus de conciliation, de réconciliation et de consolation. On a pris soin les unes des autres en le préparant et je crois que ça se reflète dans le spectacle. »

La chorégraphe, interprète, metteure en scène et autrice a chorégraphié une trentaine d’œuvres qui ont été présentées dans quatre continents depuis les débuts de sa compagnie Mayday en 2007. Même si gagner des prix n’est pas un objectif de carrière à ses yeux, Mélanie Demers note que La goddam voie lactée représente un point tournant dans la sienne.

« C’est un jalon pour moi, dit-elle, une prise de conscience en raison de la pandémie, mais aussi des tensions raciales et sociales qu’on a vécues dans les dernières années. Ce spectacle est une façon d’y répondre. Je l’ai toujours fait dans mon travail, mais je voulais davantage mettre en lumière la féminité plurielle et multiple en dehors des clichés. C’est un spectacle guérisseur. »

La pièce rassemble sur scène la musicienne Frannie Holder ainsi que les danseuses Stacey Désilier, Brianna Lombardo, Chi Long et Léa Noblet Di Ziranaldi. Elle sera reprise en tournée au Canada et en Europe en 2022.

La remise du Grand Prix de la danse a été faite en présence de l’instigatrice de ces récompenses en 2011, Marie Chouinard, et de la lauréate de l’an dernier Rhodnie Désir.

Autres prix

Issue de la nation Kanien’keha:ka (Mohawk) de Kahnawake, Barbara Kaneratonni Diabo a été honorée dans la catégorie interprète pour son art fusion naviguant entre les styles des pow-wow, des Haudenosaunee et de la danse contemporaine. Elle collabore avec des organismes comme La Danse sur les routes du Québec et l’Indigenous Performing Arts Alliance. Elle reçoit une bourse de 10 000 $.

Le Prix Envol pour la diversité culturelle et les pratiques inclusives en danse est remis à 100 Lux, accompagné d’une bourse de 10 000 $. Cet organisme à but non lucratif soutient la professionnalisation des interprètes et la transmission des fondations de la danse de rue en encourageant la créativité et l’innovation.

La pédagogue Louise Lapierre, dont l’école aura bientôt 50 ans, est récipiendaire du Prix Ethel Bruneau. Doté d’une bourse de 5000 $, cet honneur sert à souligner le travail d’artistes et d’artisans dont la contribution est méconnue.

Le Prix de la danse de Montréal 2021, catégorie gestionnaire culturelle, souligne cette année le travail de Francine Gagné, directrice générale et artistique de Circuit-Est centre chorégraphique. Le prix est doté d’une bourse de 5 000 $.

L’artiste multidisciplinaire Beatriz Mediavilla a remporté quant à elle le Prix Découverte 2021, qui inclut une récompense de 5 000 $ en plus d’une résidence de création. Enfin, un prix a également été remis à Annie-Claude Coutu-Geoffroy pour souligner sa contribution remarquable à l’épanouissement de la danse en région, dans son cas, Lanaudière.