Soir de première jeudi, au Théâtre St-Denis, alors qu’André-Philippe Gagnon faisait son retour sur scène à Montréal, après plusieurs années sur la route.

Publié le 26 nov. 2021
Luc Boulanger
Luc Boulanger La Presse

Avec Monsieur tout le monde, l’infatigable imitateur présente un spectacle assez intime et personnel, en comparaison de ses prestations antérieures. Tout en demeurant, à 59 ans, une « machine » vocale. Un imitateur au talent unique, capable d’emprunter en quelques secondes les voix d’une multitude de chanteurs. Et d’exécuter des extraits de leurs grands succès.

Sous les riches éclairages de Pierre St-Mars, dans une mise en scène de Guy Lévesque, l’interprète nous parle presque autant qu’il chante. Il nous raconte quelques faits d’armes de ses 36 ans de carrière, puis rend hommage aux femmes (avec entre autres Femmes je vous aime, de Julien Clerc). Il dévoile même sa vulnérabilité, qu’il a longtemps cachée sous son éternel sourire.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Sous les riches éclairages de Pierre St-Mars, dans une mise en scène de Guy Lévesque, André-Philippe Gagnon nous parle presque autant qu’il chante.

D’entrée de jeu, l’artiste nous dit que la mémoire musicale est, après la mémoire olfactive, celle qui procure le plus de bien aux humains. Dont acte. Ce sera la trame de Monsieur tout le monde. Une soirée pour revisiter nos souvenirs musicaux, sans oublier des succès plus récents (Coton ouaté, Fille de personne II).

Dans le registre nostalgique, Gagnon marie la voix de Gilbert Bécaud à celle de Neil Diamond dans un numéro fort réussi.

Dans le segment suivant, l’imitateur joue au DJ virtuel avec une liste éclectique qui va de Love is in the Air à une chanson grivoise, en passant par Comme d’habitude, de Claude François.

« L’homme aux mille voix » a rajeuni un peu son répertoire (oubliez Michael­­­ Jackson et Lionel Richie). Or, il conserve quelques classiques tels que Barry White (Can’t Get Enough of Your Love Baby), David Bowie (Heroes) et un (très réussi) Mick Jagger (Sympathy for the Devil).

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

André-Philippe Gagnon est un artiste qui nous fait sourire en chantant.

Bien sûr, Gagnon est plus performant avec les classiques qu’avec les nouveautés. Ses imitations de Michel Louvain et d’Aznavour sont plus convaincantes que celles d’Hubert Lenoir et de Patrice Michaud. Or, Gagnon arrive à se renouveler, bien que son public demeure sensiblement le même que dans les années 1990.

Le clou de la soirée est son Blues du showman, une parodie du Blues du businessman, de Plamondon, revisitée par Sylvain Larocque (qui collabore aux textes avec Gagnon et Jean Kohnen). Un numéro brillant dans lequel l’interprète imite, d’un seul souffle (!), les voix de 16 chanteurs québécois, dont Claude Dubois, Roch Voisine, Richard Desjardins, Pierre Lapointe et Jean Lapointe, René Simard, Mario Pelchat, Plume Latraverse… Impressionnant !

Divertissant et un peu court (environ 1 h 20, en incluant le rappel et les remerciements), Monsieur tout le monde se conclut avec la chanson Smile – un mot qui résume bien la philosophie d’André-Philippe Gagnon, un artiste qui nous fait sourire en chantant.

Monsieur tout le monde

Monsieur tout le monde

André-Philippe Gagnon

Jusqu’à samedi au Théâtre St-Denis, avant d’aller au Capitole, à Québec, et en tournée jusqu’au printemps 2022

Consultez le site d’André-Philippe Gagnon pour les dates des spectacles