Les répétitions en vue du Grand spectacle de la fête nationale, qui, pour la deuxième année d’affilée, sera présenté le 24 juin sur les quatre réseaux de télévision sans public, ont commencé cette semaine. Nous avons parlé aux artistes qui formeront la « famille d’animateurs » de la soirée, ainsi qu’au grand manitou derrière l’évènement, le réalisateur et directeur artistique Jean-François Blais.

Josée Lapointe
Josée Lapointe La Presse
Léa Carrier
Léa Carrier La Presse

Jean-François Blais assurait déjà la mise en scène des spectacles de la fête nationale sur les plaines d’Abraham depuis quelques années, alors c’est tout naturellement qu’il s’est porté volontaire pour réaliser celui de l’an dernier. Il l’avoue, il n’avait pas anticipé le déferlement d’émotion que ce spectacle télévisé, présenté après trois mois de pandémie, allait susciter.

« Ce spectacle a été fait dans l’urgence, et il y avait beaucoup d’émotivité dans l’air. Nous étions tous inquiets et à fleur de peau, et le show était teinté de ça. Mais je n’avais pas vu venir cette vague de bonheur. »

Un an plus tard, quel est l’état d’esprit du moment, selon lui ?

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Jean-François Blais, metteur en scène du spectacle de la Saint-Jean

On peut dire qu’on est tannés un peu, qu’on a besoin de sortir de notre bulle. Pas d’enfreindre les règles, mais de s’amuser avec les codes ! En même temps, on n’a pas le goût de parler de COVID-19 pendant deux heures. Je pense que cette année, on sera plus dans le grand défoulement collectif.

Jean-François Blais

Le réalisateur raconte que c’est dans un autocar entre Trois-Rivières et Québec, en pleine tempête de neige, qu’il a eu l’idée du spectacle, dont le fil conducteur a été la pièce Neiges, d’André Gagnon, qu’il écoutait à ce moment-là.

« C’était une grosse tempête, et j’avais peur pour vrai ! Je me suis dit que, collectivement aussi, on avait eu peur, et que là, on voyait le bout du tunnel et qu’on pouvait être fiers d’avoir traversé la tempête ensemble. »

Une « famille »

Alors que, l’an dernier, la soirée avait été menée par Ariane Moffatt et Pierre Lapointe, Jean-François Blais a choisi cette année de former une « famille » de six artistes qui se partageront l’animation dans des combinaisons à géométrie variable.

« J’aime me remettre en question et faire différemment. Cette année, le thème “tissé serré” a été choisi par le comité organisateur et, pour moi, cette expression vient avec le mot “famille”. C’est donc ce côté familial qu’on va ressentir et qui m’a guidé. C’est important de montrer la famille telle qu’elle est. »

Samian, Sarahmée, Corneille, Charlotte Cardin, Louis-Jean Cormier et Cœur de pirate : les artistes choisis reflètent en effet le Québec dans toute sa diversité.

Ce qui est beau, c’est que ce n’est pas forcé du tout. Tout s’est fait naturellement, et ça donne cette belle courtepointe de la réalité de 2021.

Jean-François Blais

Tous les autres invités – et ils sont si nombreux qu’il serait trop long de tous les nommer –, de Guylaine Tanguay à Robert Charlebois, ont été choisis par Jean-François Blais. « Je ne suis pas control freak… mais pas loin ! », dit celui qui travaille avec sa conjointe, Isabelle Viviers, qui s’occupe davantage du contenu et des textes.

Jean-François Blais affirme n’avoir ressenti aucune pression politique et avoir construit le spectacle qu’il avait envie de construire, « avec la même liberté que d’habitude ». Mais est-il prêt à affronter les critiques négatives, car il y en a pratiquement autant qu’au lendemain d’un Bye bye ? « Ça fait partie du fait de traverser nos tempêtes. »

Comme du direct

Se rendre jusqu’aux répétitions, qui ont commencé jeudi, aura été un premier sprint pour le réalisateur. « Je fais les montages musicaux, les arrangements, je bâtis tous mes montages, mes visions de mash-up, mes plans de mise en scène. Je fais plein de petits dessins, j’ai un document de je ne sais combien de pages… Tout ça pour qu’on puisse répéter paisiblement. »

La prochaine étape sera donc l’enregistrement, qui aura lieu au Fairmont Le Manoir Richelieu le 23 juin, sans public, pour la deuxième année de suite.

« Mais on enregistre comme si c’était en direct. C’est ça que j’ai expliqué [vendredi] aux musiciens. C’est la gang de Scott Price, les musiciens de Céline, qui sont là. On roule le show et on enchaîne par blocs. Ça change l’énergie. Je veux qu’on ait cette drive : il faut être bons à ce moment-là. »

Bien sûr, le public manquera à tout le monde, mais il a fallu s’adapter de nouveau cette année. « Le mandat, c’est ça, et je me concentre pour bien le faire. On est flexibles. Mais c’est évident qu’on s’ennuie du public… et qu’on va le dire ! »