À deux mois d’une ouverture espérée et fort attendue, Martin Faucher a dévoilé mercredi sept spectacles d’artistes québécois qui feront partie du 15e Festival TransAmériques (FTA). Le directeur artistique qui signe sa dernière édition en a profité pour expliquer les raisons de son départ, après 15 ans de collaboration au FTA.

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

Si on exclut le festival de musique Santa Teresa sur la Rive Nord, le Festival TransAmériques sera le premier festival important de retour à Montréal ce printemps, après plus d’une année de pause pandémique. « Or, depuis un an, les artistes n’ont pas cessé de travailler leurs œuvres, dit Martin Faucher. Même invisibles, même dans l’ombre, ils ont continué à créer sans relâche. »

On les retrouvera avec bonheur dès le 26 mai. En débutant avec deux artistes souvent en vedette au FTA, Louise Lecavalier et Marie Brassard, qui présenteront leurs plus récentes pièces solos : Stations et Violence.

Marie Brassard s’inspire encore du Japon « pour plonger en mots, en musique et en images dans le mystère liant la création à la destruction », lit-on dans le communiqué du festival. Il s’agit de son projet le plus ambitieux à ce jour. Quant à la grande Louise Lecavalier, la chorégraphe poursuit « une vertigineuse odyssée en quête de sa propre vérité ».

Autre star de la danse québécoise, Mélanie Demers proposera aussi une création, La Goddam Voie Lactée, qui s’annonce comme « une messe païenne inspirée par les deuils incessants » de notre époque. Demers collabore avec cinq interprètes féminines dans sa nouvelle proposition.

Le créateur multidisciplinaire 2Fik va personnifier 100 personnages (!) tous brûlant d’un désir ardent, dans une nouvelle performance intitulée, La romance est pas morte, 2Fik. La Montréalaise d’origine haïtienne Rhodnie Désir (lauréate du Grand Prix de la danse de Montréal 2020) va créer une nouvelle étape du projet BOW’T-Tio’tia : ke. Cette œuvre, qui sera présentée dans des lieux extérieurs chargés de mémoire, se penche sur le passé esclavagiste de notre métropole.

Finalement, deux créations, l’une de la chorégraphe d’origine ojie-crie et mennonite Lara Kramer, l’autre de l’artiste multidisciplinaire pekuakamilnu Soleil Launière s’installeront dans le jardin du Musée d’art contemporain de Montréal.

Présence internationale discrète

Bien entendu, le volet international sera plus mince cette année, avec les mesures sanitaires qui réduisent les échanges entre les pays. Martin Faucher a tout de même souhaité une présence outre-frontière au FTA, à travers des œuvres d’artistes d’ailleurs qui seront défendues par des acteurs québécois ; et aussi des captations de spectacles étrangers et de lectures qui restent à annoncer.

Il y a quelques mois, Faucher avait pourtant affirmé à la revue Jeu « qu’il en avait soupé des écrans », leur préférant les spectacles vivants, et souhaitant travailler avec des êtres humains présents.

« J’ai évolué dans ma pensée envers le numérique, dit-il. La pandémie m’a amené à réfléchir à une offre virtuelle dans la programmation. Dans le contexte actuel, on n’a pas le choix. Il faut être ouvert à la découverte et à l’expérimentation. »

Martin Faucher est fier de sa programmation, construite avec « 1000 contraintes, mais aucun compromis artistique », précise-t-il. Le directeur envisage avec fébrilité son dernier printemps au FTA. « Mais je laisse un festival en excellente santé, financière et artistique. »

Un nouveau chapitre

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE BERNARD BRAULT

Martin Faucher directeur artistique du Festival TransAmériques (FTA).

Depuis quelques mois, plusieurs directions artistiques ont annoncé ne pas renouveler leur mandat (au Prospero, à la SAT, par exemple). Est-ce que la décision de Faucher est liée au contexte sanitaire actuel ? « Non, c’est un hasard. Je l’ai annoncée au CA en décembre 2019, trois mois avant le confinement. Après 15 ans au FTA, j’estime avoir accompli ce que je voulais faire. J’ai envie d’aller voir ailleurs. De passer à un nouveau chapitre dans ma vie. De revenir à la mise en scène. »

Les 7 productions annoncées annoncées cette semaine font partie de 23 spectacles qui seront à l’affiche au prochain FTA. Cette 15e édition se tiendra du 26 mai au 12 juin. Martin Faucher dévoilera le 21 avril l’ensemble de la programmation, le même jour de la mise en vente des billets.

Les nouvelles codirectrices artistiques du FTA, Martine Dennewald et Jessie Mill, nommées au mois de janvier dernier, succèderont à Martin Faucher à l’issue de cette 15e édition. Elles entreront en poste à l’été pour travailler à la mise en place de l’édition 2022 du festival.

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