La chanteuse Beyries présentera vendredi soir en webdiffusion une « Carte blanche colorée », captation d’un spectacle enregistré plus tôt cette semaine à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Compte rendu d’une expérience particulière.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Beyries l’avoue, se retrouver sur scène avec son groupe, qui est composé d’Amélie Mandeville, Marc Chartrand et André Papanicolaou, l’a rendue « euphorique ». « Quand tu y goûtes de nouveau, c’est là que tu te rends compte à quel point ça te manque ! C’est extrême comme comparaison, mais c’est comme un prisonnier qui aurait le droit de revoir ses proches pendant une semaine sur une île déserte et qu’après tu le ramenais dans sa cellule. » Beyries a interprété plusieurs chansons qui figurent sur son nouvel album lancé l’automne dernier, Encounter, des pièces intimes et douces qui mettent un baume sur notre année pandémique depuis leur sortie.

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Parmi les invités de Beyries, Michel Rivard, qui est arrivé avec une nouvelle chanson et tout son métier, et avec qui elle a partagé la toujours poignante J’aurai cent ans. « Quand je regarde des gens comme lui, avec leur expérience de scène, je trouve ça extraordinaire », dit l’autrice-compositrice-interprète, qui estime qu’elle a encore un long chemin à parcourir avant d’« atteindre leur niveau ». « Ça me met de la pression, et quand j’ai commencé, j’étais trop naïve pour m’en rendre compte ! Mais dans une situation comme cette semaine, je suis contente de pouvoir m’asseoir sur le peu d’expérience que j’ai. Ça me sauve. Tout ça est bien mélangé, c’est très émotif. »

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La chanteuse Pomme, toujours aussi juste, faisait aussi partie des invités, ainsi que la comédienne Geneviève Schmidt, une de ses grandes amies, qui a livré un numéro rempli d’émotion. Dans un décor chaleureux, chaque artiste faisait sa prestation en tournant le dos à la salle, alors que des caméras étaient disposées tout autour de la scène. « J’ai chanté face à mes musiciens et j’ai apprécié parce que c’est comme ça qu’on répète, explique Beyries. Ça crée du confort. Mais Pomme, qui s’accompagnait elle-même, s’est retrouvée à chanter devant le mur… C’est vrai que c’est bizarre. Comme l’année qu’on vient de passer ! »

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Beyries s’est accompagnée à la guitare pendant tout le spectacle, sauf pour Into You, qu’elle a interprétée magistralement au piano. Mais malgré l’intensité, chaque chanson se terminait toujours sur un grand silence, sensation étrange dans cette salle où tant de foules ont vibré. La chanteuse n’a pas peur du silence, précise-t-elle, et aime bien jouer avec lui dans ses spectacles. Mais elle constate qu’il n’a pas la même densité devant une salle vide. « Si la salle est pleine de monde, c’est plus puissant. »

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Derrière la série des Cartes blanches colorées, qui se termine avec Beyries, il y a Monique Giroux, dont l’animation, qu’elle fait à partir de la salle, est très discrète. C’est par sa volonté que le spectacle « normal » a été adapté en captation pour webdiffusion, et Beyries loue autant sa bienveillance que son enthousiasme. « Je ne sais pas si j’aurais été aussi à l’aise de le faire avec un autre producteur. Le fait que ce soit Monique et sa comparse productrice Sylvie, je savais que ça allait bien se passer », dit la chanteuse, pour qui c’est l’expérience humaine qui compte avant tout. « Et Monique, c’est une femme tournée vers les autres. »

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Maintenant que la captation est terminée, reste la diffusion. « Oui, je viens de me rendre compte de ça ! C’est là qu’on voit que je suis encore naïve. Ce matin, mon agente m’a dit qu’on était rendus à 1000 billets vendus. J’ai fait what ? » Beyries aime l’idée que des gens de partout pourront regarder le spectacle, mais s’ennuie de la spontanéité de la rencontre avec le public. « On vit pour ça, les musiciens, les artistes. Si je pouvais, j’irais faire mes shows assise au milieu des gens, le plus proche possible. »

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« Des fois, j’ai des flashs de chanter à la place des Festivals devant des milliers de personnes. C’est un drôle de rêve, mais je suis convaincue que ça va revenir. » En attendant, Beyries travaille avec ses musiciens sur son nouveau spectacle qui sera mis en scène par Pierre Lapointe. « Les reports, c’est dur pour le moral, mais à la longue, il y a comme un détachement qui s’installe. Notre mindset , c’est de se préparer. Et quand on va dire Beyries, est-ce qu’elle peut jouer ? Ben, Beyries, elle va jouer. Et elle va faire un super show en plus ! » On peut se procurer les billets pour la webdiffusion de la Carte blanche colorée par Beyries sur le site de la Place des Arts.

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