S’estimant victime de discrimination dans la décision qui l’a privé d’une aide au fonctionnement de 300 000 $ par année pour quatre ans, le Théâtre du Rideau Vert a demandé lundi à la Cour fédérale d’invalider le programme de subventions Inspirer et enraciner administré par le Conseil des arts du Canada (CAC)

Simon Chabot Simon Chabot
La Presse

Le Rideau Vert estime que le système de pondération du programme Inspirer et enraciner est inéquitable. « Exiger davantage de la part des nouveaux demandeurs de subventions que de la part de ceux qui en reçoivent déjà est tout à fait discriminatoire », a fait savoir par communiqué la directrice générale du théâtre, Céline Marcotte.

Selon une analyse du Rideau Vert, un demandeur ayant obtenu une moins bonne note selon les critères du programme peut en effet bénéficier d’une subvention au détriment d’un autre ayant mieux fait simplement parce qu’il a déjà reçu de l’aide. Or, la Loi sur le Conseil des arts du Canada ne permet pas ce double standard, soutient le théâtre montréalais.

Le théâtre fondé en 1948 estime en outre aberrant qu’il soit considéré comme un « nouveau demandeur » alors qu’il a reçu des subventions pendant des années avant de voir l’aide cesser en 2009.

Le printemps dernier, l’annonce d’un septième refus en 10 ans pour l’obtention de cette subvention de fonctionnement avait convaincu plus de 340 personnes du milieu culturel à signer une lettre ouverture en appui au Rideau Vert. « En tant que directrice artistique de ce théâtre depuis 2004, je conçois difficilement les raisons qui perpétuent un tel refus à nous octroyer les fonds essentiels au maintien de l’excellence artistique, au développement et à la prise de risques, à l’instar des autres institutions », avait écrit la metteuse en scène, scénariste et réalisatrice Denise Filiatrault dans la lettre.

Même s’il se désolait de la décision du CAC, son directeur et chef de la direction Simon Brault avait affirmé ne pas pouvoir intervenir en faveur du théâtre. « Je comprends que le Rideau Vert soit déçu, avait-il déclaré à La Presse, mais je ne peux pas renverser une décision de jury ; ce serait une hérésie et le début de la fin pour l’évaluation par les pairs à laquelle tiennent tous les artistes et organisations culturelles. »

Le Conseil des arts du Canada n’avait pas encore réagi au moment de publier cette nouvelle.