Fermée pendant des semaines à cause de la crise sanitaire, la Place des Arts organise depuis le début de l’été une reprise graduelle de ses activités. À l’intérieur du complexe, mais aussi à l’extérieur, alors que seront présentées sur son esplanade des performances courtes et spontanées, question d’éviter les rassemblements trop importants.

Josée Lapointe
Josée Lapointe La Presse

Au cours des deux prochaines semaines, si vous vous promenez dans le Quartier des spectacles, vous verrez peut-être Louise Lecavalier danser, une répétition des Grands Ballets, la troupe de cirque Les 7 doigts, des musiciens de l’OSM et de l’OM en formation réduite ou le violoncelliste Stéphane Tétreault.

« Ça peut avoir l’air étrange de faire ces annonces sans donner plus de détails », admet la présidente directrice générale de la PDA, Marie-Josée Desrochers, qui assure que tout sera fait pour appliquer les mesures sanitaires adéquatement. Par exemple, des marques sur le sol faciliteront la distanciation dans le public.

Mais ce qui est prioritaire, c’est que les arts de la scène restent vivants tout en s’adaptant à la réalité de la COVID-19 et à son rythme.

Marie-Josée Desrochers, présidente-directrice générale de la PDA

Adaptation est ici le mot-clé. C’est ce qui permet à la PDA d’amorcer la deuxième étape de cette reprise « en phases et graduelle ». Ainsi, ces 15 jours d’activités extérieures mèneront à une rentrée aussi tranquille que prudente à l’intérieur.

« Au début de la pandémie, le complexe a fermé très brusquement, relate Marie-Josée Desrochers. Mais rapidement, en lien avec tout l’écosystème de la Place des Arts ainsi que la Santé publique et la CNESST, nous nous sommes mis en action pour élaborer le fameux guide sanitaire, qui était la voie du salut pour une reprise éventuelle qui soit sécuritaire pour le public et nos employés. »

Résultat : un concert de l’Orchestre de l’Agora a eu lieu devant 50 personnes à la Maison symphonique à la fin du mois de juillet, la compagnie Jean-Duceppe vient d’annoncer une programmation remaniée dont les ventes « vont très bien », des performances du festival numérique MUTEK auront lieu devant public à la Cinquième Salle en septembre. Et alors que les producteurs commencent à s’activer, d’autres annonces auront lieu bientôt, ajoute Marie-Josée Desrochers.

Bien sûr, la PDA sera loin de l’activité grouillante d’une rentrée automnale habituelle.

Ce sera autre chose. On est loin de ce qu’on a connu avec 900 spectacles par année à grande capacité. Mais on veut que la rencontre entre les artistes et le public se fasse et que le dispositif pour la sécurité fonctionne. Il faut avancer à petits pas, mais avancer. C’est ça qui nous interpelle en ce moment.

Marie-Josée Desrochers, présidente-directrice générale de la PDA

D’importants dispositifs de sécurité ont été mis en place : par exemple, l’accueil du public se fera au-delà de l’entrée des salles et sera « très chorégraphié », le souci étant autant la santé que de rendre l’expérience la plus agréable possible.

« On va le vivre comme vous, au jour le jour. Mais en ce moment, je dirais qu’on est assez fébriles, on sent une autre énergie dans le milieu, qui est celle de la rentrée. Elle sera différente, mais nécessaire pour que les arts de la scène continuent à vivre. Maintenant, c’est comment le faire à l’intérieur d’un cadre aussi rigide. »

Mais la PDG n’est pas pressée, anticipe à peine une augmentation des jauges qui serait bienvenue : l’idée est de ne pas brûler d’étapes pour ne pas avoir à remettre le pied sur le frein, ou pire, reculer.

« C’est un milieu qui planifie les choses de 12 à 18 mois d’avance, mais si on veut continuer, on devra être prudents en regardant les semaines et les mois à venir. C’est une gestion de l’incertitude au quotidien. Mais la priorité, c’est que ça reprenne. La première étape est réussie, on avance à la deuxième. Ce n’est pas aisé, pas linéaire, et tout le monde devra y mettre du sien. Et on va devoir continuer à s’adapter, parce que ce ne sera pas terminé demain. »