La troupe de cirque de Québec Flip Fabrique planche sur une nouvelle création « COVID-proof », qui pourrait être présentée dès septembre dans la Capitale nationale. Six º mettra en vedette cinq acrobates menés par le clown charismatique Jamie Adkins.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

Le directeur général et artistique de Flip, Bruno Gagnon, parle de « lumière au bout du tunnel ». Leur création précédente, Blizzard, avait le vent dans les voiles (sans mauvais jeu de mots) au moment où la pandémie a été déclarée et où tout s’est arrêté.

Après plusieurs semaines de confinement au printemps, la troupe a participé cet été à plusieurs « défilés » organisés par la Ville de Québec — un peu l’équivalent de ce que Bonheur mobile (Cirque Alfonse et Patin Libre) a fait dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Mais avec le déconfinement progressif et la réouverture des salles de spectacle — avec des capacités maximales de 250 personnes —, Flip Fabrique s’est lancée dans une création « COVID-19 » qui respecte les règles de distanciation physique.

C’est sûr qu’avec le guide [des normes sanitaires] de la CNESST [Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail], on a beaucoup de contraintes à respecter sur scène, mais c’est la seule façon de travailler pour l’instant. On a favorisé les numéros solos et si on voit que deux acrobates interagissent de trop près, ils porteront des masques.

Bruno Gagnon, directeur général et artistique de Flip Fabrique

Six º met en vedette cinq acrobates, soit trois finissants de l’École de cirque de Québec, une acrobate-équilibriste originaire de Montréal et le clown — mais également spécialiste de fil mou — Jamie Adkins, qui a fait ses débuts avec le Cirque Éloize et qu’on a vu quelques fois à la TOHU dans des spectacles solos (dont Circus Incognitus).

PHOTO SIMON FAUCHER, FOURNIE PAR FLIP FABRIQUE

Les cinq artistes de Six º répètent dans « la grange » de Portneuf de l’artiste de cirque Jean-François Faber.

La troupe est actuellement en création dans « la grange » de Portneuf de Jean-François Faber, qui a accueilli Flip par le passé — et le Cirque Alfonse, entre autres.

Le titre du spectacle est une référence à la théorie des « six degrés de séparation », selon laquelle les individus sont tous reliés les uns aux autres à travers une chaîne de six maillons. Bref, qu’on est tous à plus ou moins six poignées de main les uns des autres. Petit monde, quoi.

Outre cette interrelation et les six pieds qui nous séparent en ce moment, Six º ne fera pas directement allusion à la COVID-19, nous dit Bruno Gagnon.

Je ne pense pas que les gens souhaitent qu’on leur rappelle la crise qu’on vit, même si, bien sûr, avec la distanciation physique, on ne peut pas faire abstraction de la situation. Mais on n’a pas intégré la pandémie dans notre scénario, on ne tenait pas à la rappeler.

Bruno Gagnon, directeur général et artistique de Flip Fabrique

Ce scénario, mis en scène par Olivier Lépine, Bruno Gagnon le décrit succinctement : « Il y a six invitations cachetées dans des enveloppes, mais seulement cinq invités. » « Et si la sixième personne, la connexion manquante, c’était vous [le public] ? », ont écrit les membres de Flip dans leur communiqué publié mardi.

Les disciplines privilégiées dans cette production, qui avait démarré juste avant la crise, sont évidemment celles qui se pratiquent individuellement : roue Cyr, équilibre, trampomur, hula-hoop, contorsion. « Ça reste un défi pour nous de jouer à deux mètres de distance, souligne Bruno Gagnon, mais on n’a pas le choix si on veut faire quelque chose… »

Le spectacle conçu tant pour l’extérieur que pour les salles intérieures devrait pouvoir être créé à Québec à l’automne, dans un premier temps. La troupe est actuellement en discussion avec des diffuseurs.