Théâtre, remise de prix, danse, improvisation au menu.

Stéphanie Morin Stéphanie Morin
La Presse

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

Iris Gagnon-Paradis Iris Gagnon-Paradis
La Presse

En vedette : un lexique de mots qui comptent

Pour deux soirs, le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui vibrera au son des langues autochtones lors du spectacle-évènement Kiciweok. Pour l’occasion, l’artiste pluridisciplinaire Émilie Monnet a réuni 13 artistes autochtones d’horizons divers, dont l’historien et philosophe Georges Sioui, la poète Joséphine Bacon, la réalisatrice Catherine Boivin et l’artiste visuelle Hannah Claus. Ensemble, ils ont dressé un lexique de mots autochtones qu’ils avaient envie de faire partager. « Chacun a choisi un mot qui résonne pour lui, un mot qui est une porte d’entrée à ses réflexions sur la langue et à la vision du monde qui est imbriquée dans sa langue, explique Émilie Monnet. Il peut s’agir du premier mot qu’un des artistes a appris dans sa langue, d’un mot en voie de disparition, d’un mot à inventer ou d’un mot-concept. Les langues autochtones sont très descriptives… »

Ces mots prendront vie sur scène par le moyen d’une prise de parole ou d’une performance. « Mon rôle à la mise en scène est de tricoter toutes ces paroles ensemble », dit Émilie Monnet, qui a aussi fait appel à l’artiste métis Moe Clark pour la trame sonore en direct, tandis que Meky Ottawa rythmera la soirée par des projections vidéo.

« Pour moi, c’est un spectacle qui honore la résistance : ces langues autochtones continuent d’exister et même, dans certains cas, elles sont revitalisées de façon inspirante. »

Au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, les 11 et 12 décembre.

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Prix de la critique : Anne-Marie Cadieux et Francis Ducharme honorés

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le metteur en scène Florent Siaud (à gauche) en compagnie du comédien Francis Ducharme, lors des répétitions de la pièce Britannicus au TNM

Lundi soir à la Maison Théâtre, l’Association québécoise des critiques de théâtre a récompensé les meilleures productions de la saison 2018-2019 à Montréal. Le prix du meilleur spectacle a été remis à Chapitres de la chute, de Stefano Massini, mis en scène par Marc Beaupré et Catherine Vidal au Quat’Sous. La lauréate de la meilleure interprétation féminine est Anne-Marie Cadieux pour son rôle dans Les larmes amères de Petra von Kant. Chez les acteurs, Francis Ducharme a été récompensé pour sa prestation dans Britannicus, dirigé par Florent Siaud, au TNM. Le prix de la mise en scène est allé à Robert Lepage pour Coriolan, aussi au TNM. L’autrice et actrice Catherine Chabot a décroché celui du meilleur texte original pour Lignes de fuite, créé au Théâtre d’Aujourd’hui. Enfin, la création de Wajdi Mouawad Tous des oiseaux, vue au Festival TransAmériques et au Carrefour international de théâtre, a reçu le prix du meilleur spectacle, catégorie « hors Québec ».

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À Québec : histoires d’exil

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Le Théâtre de la Bordée à Québec présente ICI pour seulement cinq représentations en décembre.

Après le succès qu’ont connu les trois représentations du spectacle ICI lors du Carrefour international de théâtre de Québec et l’impact qu’il a eu sur les spectateurs, le théâtre La Bordée reprend la pièce pour cinq représentations. Sous la direction de Nancy Bernier, ICI raconte l’histoire de huit interprètes qui ont quitté leur pays pour sauver leur vie, suivre leur amour et chercher une vie meilleure.

À La Bordée, du 10 au 14 décembre.

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Improvisation : le septième art sur les planches

PHOTO PASCALE GAUTHIER, FOURNIE PAR LA LNI

La Ligue nationale d’improvisation s’attaque aux classiques du cinéma au Théâtre Outremont.

Pour la deuxième année et pour trois soirs seulement, la Ligue nationale d’improvisation s’attaque aux classiques du cinéma. Trois comédiens-improvisateurs — Salomé Corbo, Pierre-Luc Funk et Pascale Renaud-Hébert — revisitent l’univers de trois cinéastes de renom : Xavier Dolan (5 décembre), Quentin Tarantino (6 décembre) et Alfred Hitchcock (7 décembre). Chaque représentation permet d’explorer les codes et le style particulier d’un cinéaste. Après de courtes improvisations dirigées, la soirée culmine avec un film de 30 minutes, improvisé en direct pour la caméra, à la manière du cinéaste en question. Silence, on improvise !

Au Théâtre Outremont, les 5, 6 et 7 décembre.

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Danse : l’intérieur révélé

PHOTO DENIS MARTIN, FOURNIE PAR DANSE DANSE

Caroline Laurin-Beaucage propose son solo Intérieurs à Danse Danse.

La chorégraphe et interprète Caroline Laurin-Beaucage clôt la programmation 2019 de Danse Danse avec un solo qui promet d’être incarné. L’artiste, qui a travaillé auprès de Ginette Laurin, Paul-André Fortier et Jean-Pierre Perreault, en plus de présenter depuis 2001 son propre travail chorégraphique, rend hommage à la mémoire et aux trajectoires de l’existence avec Intérieurs. Ce solo est le fruit d’un parcours créatif amorcé avec le projet Habiter sa mémoire, où l’artiste transportait son studio — un cube sans cloisons — dans l’espace public, invitant le public à voir se créer, en direct, son prochain solo. C’est sur plus de 195 heures de danse, présentées ici et à l’étranger, que repose cette création. Sur les planches, l’espace scénique, l’environnement sonore et la matière chorégraphique portent les traces des gens croisés et des expériences vécues, déployant un monde intérieur changeant traversé de paysages intimes.

À la Cinquième Salle de la Place des Arts, du 10 au 14 décembre.

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Danse : le corps musical

PHOTO VANESSA FORTIN, FOURNIE PAR DANSE-CITÉ

La nouvelle création du chorégraphe Benjamin Hatcher met en scène des danseurs formés en gigue.

Pour sa nouvelle création, Sonore Dés_Accord, le chorégraphe Benjamin Hatcher (notamment connu pour avoir dansé pendant 17 ans avec les Grands Ballets canadiens) a voulu créer sur scène un microcosme d’individus aux relations humaines précaires, où la stabilité collective est sans cesse mise à l’épreuve. C’est à travers la musicalité du corps et le rythme des pas frappés sur le sol que l’échange s’installe dans cette œuvre qui met en scène sept danseurs formés en gigue traditionnelle ou contemporaine. Le chorégraphe a voulu sortir ces derniers de leur zone de confort en déstabilisant leurs acquis physiques et techniques. Un plaidoyer pour un humanisme renouvelé et une émotivité rassembleuse à travers le corps musical, production de Danse-Cité. 

Aux Écuries, du 5 au 14 décembre.

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Festival : vivement Alain Platel !

PHOTO CHRIS VAN DER BURGHT, FOURNIE PAR LE FTA

Requiem pour L., de Les ballets C de la B, sera présenté dans le cadre du FTA en 2020.

L’inclassable Alain Platel et ses Ballets C de la B seront de retour au Festival TransAmériques avec Requiem pour L. La direction du FTA a déjà annoncé la première œuvre de sa programmation 2020, une « ode sacrée dédiée à tous les vivants de la terre », où l’Afrique rencontre Mozart. Le chorégraphe et metteur en scène belge a collaboré avec le compositeur Fabrizio Cassol et dirigé 14 interprètes de divers horizons. Depuis la fondation de sa compagnie en 1984, Alain Platel mêle les disciplines et repousse les limites du spectacle vivant, à travers des œuvres humanistes qui prônent la diversité. Le 14e Festival TransAmériques a lieu du 20 mai au 3 juin, et Requiem pour L. est présenté au Théâtre Maisonneuve, du 26 au 28 mai 2020.

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