« Dans le domaine du sentiment, nous sommes tous des analphabètes », estimait Ingmar Bergman. Scènes de la vie conjugale, son film réalisé pour la télévision en 1973, présentait une radiographie du mariage et des relations amoureuses.

LUC BOULANGER, IRIS GAGNON-PARADIS, IRIS GAGNON-PARADIS, LA PRESSE

La dérive des sentiments

« Dans le domaine du sentiment, nous sommes tous des analphabètes », estimait Ingmar Bergman. Scènes de la vie conjugale, son film réalisé pour la télévision en 1973, présentait une radiographie du mariage et des relations amoureuses.

« Aujourd'hui, c'est son oeuvre la plus jouée dans le monde », dit James Hyndman, qui signe l'adaptation et la mise en scène du texte, en plus de jouer dans ce drame intimiste dès ce soir au Quat'Sous. 

« Le couple est un lieu de constante recherche de soi au travers de l'autre. Son sens nous échappe », ajoute sa partenaire de scène, Evelyne de la Chenelière. Selon l'actrice, il y a « un phénomène d'identification très fort, une catharsis » qui explique le succès de Scènes de la vie conjugale

À 56 ans, James Hyndman signe sa première mise en scène. Le comédien a fait ses devoirs. Maintenant, il est prêt à aller à la rencontre du public et vivre « une expérience réelle de communication avec la salle ». « Au-delà du sens et du propos de la pièce, ça demeure un prétexte pour faire du théâtre », dit-il. Selon l'acteur, ses années de psychanalyse l'ont aidé à mieux explorer « cette matière extrêmement fertile et vibrante ». 

Malgré ses hauts et ses bas, le couple reste toujours le modèle des relations amoureuses. Pourquoi ? « Parce que l'autre est un miroir, répond Hyndman. Et sans miroir, l'humain est face à la solitude. J'ai été célibataire plus de 12 ans ; je l'ai vécu, ce long chemin de solitude. J'avais les mêmes problèmes que Bergman... Or, contrairement à lui, je ne plongeais pas dedans. Et je sais que c'est cliché, mais, à la fin de notre vie sur notre lit de mort, il ne reste que l'amour. »

Scènes de la vie conjugale

Au Quat'Sous du 9 avril au 8 mai

Programmation: l'urgence de dire

La programmation du Festival du Jamais Lu sera dévoilée aujourd'hui. Ce 18e festival est propulsé par l'envie et le besoin de réunir trois cultures - autochtone, francophone et anglophone - autour de la question suivante : comment l'art de la parole, mais aussi de l'écoute, peuvent-ils contribuer au sens du mot société ?

Avec la collaboration de Nahka Bertrand, Pascal Brullemans et Alexis Diamond, la directrice, Marcelle Dubois, a concocté une édition montréalaise riche et diversifiée. Elle peut compter sur la participation d'une cinquantaine d'auteurs et d'autrices. Au menu : mises en lecture de textes inédits, performances poétiques, cabarets festifs et groupes de discussion. 

Le Jamais Lu s'ouvrira avec un gros « garden party » organisé par Alix Dufresne. La créatrice des Déesses des mouches à feu a invité plusieurs artistes à la soirée, dont Simon Boulerice, Nicole Brossard, Geneviève Pettersen et le groupe musical Comment Debord.

18e Festival du Jamais Lu

Aux Écuries du 2 au 11 mai

Danse: le mythe Iggy Pop déconstruit

PHOTO LA PRESSE

Marcelle Dubois

Requiem Pop est le dernier volet d'un triptyque consacré au « grand-père » du punk rock, Iggy Pop, et qui suit No Fun (2014) et Idiot (2017). Dans cette création de la chorégraphe Helen Simard, six danseurs et trois musiciens explorent la période la plus récente de la vie du chanteur et y distillent une réflexion sur le vieillissement et la mythification de l'artiste. Une oeuvre à l'énergie trouble qu'on dit à la fois absurde et onirique, où le chaos devient moteur de virtuosité.

Requiem Pop

À l'Agora de la danse du 10 au 13 avril

Danse: dépoussiérer les traditions

PHOTO CLAUDIA CHAN TAK, FOURNIE PAR L,AGORA DE LA DANSE

L'Usine C accueille en première nord-américaine Simon Mayer, un jeune prodige autrichien, avec son succès international Sons of Sissy. À l'oeuvre dans cette création de groupe pour quatre danseurs-musiciens un détournement des codes du folklore alpin qui amène à poser un regard neuf sur la masculinité et le rapport au pays et à la tradition. Un rendez-vous déjanté et jouissif pour découvrir une nouvelle voix créatrice qui fait parler d'elle partout où elle passe.

Sons of Sissy

À l'Usine C les 10 et 11 avril

Théâtre: royalement libre 

PHOTO ARNE HAUGE, FOURNIE PAR L'USINE C

Créée au Théâtre du Nouveau Monde en novembre 2012, Christine, la reine-garçon de Michel Marc Bouchard fait l'objet d'une nouvelle production à Québec, sous la direction de Marie-Josée Bastien, avec Marianne Marceau dans le rôle-titre. « J'ai choisi d'écrire une pièce classique à la manière dont on le faisait jadis pour dépeindre les héros, raconte l'auteur sur son site officiel. J'ai tenté d'explorer la question que Christine de Suède nous pose, celle qui nous confronte plus que jamais à choisir entre le bien commun et nos aspirations personnelles. Et la notion de libre arbitre. »

Christine, la reine-garçon 

Au Théâtre de la Bordée, à Québec, du 16 avril au 11 mai

PHOTO LA PRESSE