Les 7 doigts de la main ouvriront dans quelques semaines les festivités de Sharjah (aux Émirats arabes unis), nommé plus tôt cette année capitale mondiale du livre par l'UNESCO, a appris La Presse.

Mis à jour le 5 avr. 2019
JEAN SIAG LA PRESSE

Le collectif de cirque montréalais s'inspirera du récit des Mille et une nuits pour donner le coup d'envoi à l'événement le 23 avril prochain au théâtre Al-Majaz. Le spectacle 1001 Nights, The Last Chapter sera présenté là-bas jusqu'au 27 avril avant d'entamer une tournée.

Le titre de capitale mondiale du livre est accordé chaque année par l'organisme international à une ville dont les programmes visent à promouvoir le livre et la lecture. Sharjah avait déjà été nommé capitale culturelle du monde arabe en 1998 (toujours par l'UNESCO). Elle succède à Athènes, qui avait été nommée l'an dernier.

Production de plusieurs millions

Le cofondateur des 7 doigts, Sébastien Soldevila, a mené le projet de « plusieurs millions », la plus importante production à laquelle participe le collectif à ce jour.

« C'est un très gros spectacle, affirme-t-il. On aura une trentaine d'artistes sur scène, des danseurs et des acrobates, un orchestre symphonique formé d'une cinquantaine de musiciens [d'Arménie], qui va interpréter une musique originale composée par Maxime Lepage, et des projections créées par la compagnie australienne Artists in Motion. »

Les 7 doigts, qui ont fait l'expérience des spectacles à grand déploiement lors des Jeux olympiques de Sotchi en 2014, ont été invités par le producteur d'événements Multiple International. Après quelques séances de remue-méninges avec le directeur créatif du projet, Philippe Skaff, Sébastien Soldevila a décidé de se servir des contes des Mille et une nuits comme base d'écriture pour ce spectacle.

« L'histoire est centrée sur Shéhérazade, 20 ans après sa dernière histoire, a-t-il détaillé. Comme elle est mourante, elle demande à ses deux fils et à sa fille de venir à son chevet, car elle a une dernière histoire à raconter. Elle va demander à ses enfants de récupérer trois objets, pour qu'ils puissent comprendre le sens de cette dernière histoire. »

«Il y a un sens à ce qu'on fait»

Des voix hors champ d'une dizaine de minutes au total serviront à narrer l'histoire, qui a plu à la famille régnante du Cheikh Sultan bin Mohammed al-Qasimi, émir depuis près de cinq décennies.

« Ce sont des gens extrêmement cultivés et ouverts», a indiqué Sébastien Soldevila, qui défend le choix des 7 doigts de se produire dans ce pays conservateur de la Péninsule arabique. « On fait un show dans le cadre d'un événement international qui vise à faire la promotion du livre et de la culture. On n'a pas créé un spectacle commercial pour faire de l'argent là-bas, il y a un sens à ce qu'on fait. »

La garde rapprochée du Cheikh, qui a lui-même publié des essais et des pièces de théâtre, a assisté aux répétitions à Montréal, a indiqué le metteur en scène, mais elle n'est pas intervenue dans le processus créatif, a-t-il assuré. « On n'a eu aucune restriction par rapport à la tenue vestimentaire des artistes non plus », a-t-il précisé, même si les 7 doigts ont opté pour des costumes d'époque.

La chorégraphe Geneviève Dorion Coupal et le scénographe Olivier Landreville, deux fidèles collaborateurs des 7 doigts, ont également participé à la création du spectacle, que le collectif espère présenter au Québec dans les prochains mois.

Une production Al Majaz développée par Multiple International, en partenariat avec Les 7 Doigts et AIM.

PHOTO FOURNIE PAR LES 7 DOIGTS DE LA MAIN 

L'affiche du spectacle des 7 doigts de la main.