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Michel Legrand s'amuse avec Mario Pelchat

Les moulins de mon coeur se mettent à tourner. Les milliers de ronds dans... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Photo: André Pichette, La Presse

Les moulins de mon coeur se mettent à tourner. Les milliers de ronds dans l'eau, les harpes du vent, le tourbillon de neige, les forêts de Norvège, ainsi défilent les mots suaves d'Eddy Marnay. Devant nous sur la scène du Théâtre Maisonneuve, Mario Pelchat avec pour directeur musical Michel Legrand, le compositeur de toutes les musiques de cette soirée d'hier.

Au-delà du surréalisme qu'inspire cette apparition, le constat est clair: jamais l'interprète québécois n'aura joui d'un tel accompagnement, d'un tel répertoire. Pour Mario Pelchat, on peut parler d'une chance inouïe de s'élever au-dessus des soupçons.

Il enchaîne La chanson de Maxence, devenue un standard de jazz comme l'est The Windmills of Your Mind. Des projections léchées, très pop art, très Expo 67, clignotent en fond de scène pendant que Mario tente de s'adapter aux salves pianistiques de Monsieur Legrand et ses accompagnateurs - Grégoire Morency, contrebasse, Jimmy Lahaie, guitare, Luc Catellier, batterie, Catherine Michel, harpe.

Suit Je vivrai sans toi, un peu trop appuyée avec trop de vibrato, mais déjà plus fine que sur l'album qui résume cette étrange collaboration. Un ami s'en est allé, un autre grand texte d'Eddy Marnay sur une musique de Legrand, est étonnamment réussie par l'interprète, qui y a trouvé le ton juste.

Les choses se gâtent avec La valse des lilas, une des plus grandes chansons de Legrand... que l'on ne peut à mon sens interpréter comme une power ballade à l'américaine. On peut alors être irrité par le foisonnement pianistique du compositeur, peut-être emporté par les exagérations de son interprète. Ébloui par ce spectacle, l'auditoire n'a que faire de ces considérations, force est d'observer. Dans la vigoureuse Je suis là, Pelchat n'arrive pas non plus à dépasser l'exercice de style, il réussit néanmoins à épater la galerie.

Seul au piano, Michel Legrand interprète des poèmes magnifiques de Jean Dréjac sur des musiques superbement inspirées. On se surprend même à apprécier sa voix mince et haut perchée: Le Vieux costume se porte très bien, Édith (Piaf) rejoue sur un phono en mono, Rupture est toujours aussi terrifiante. Malgré le côté un peu criard et approximatif de l'organe vocal, malgré ces sparages pianistiques dont on ne sait trop si les dissonances sont toujours désirées (surtout lorsque le jeu devient véloce), on ressent la beauté de cet art signé Michel Legrand.

Une longue introduction de la harpiste nous ramène à L'été 42. Mario réapparaît sur un tabouret. Il a beau ne pas bouger, Mario en fait trop. C'était la gueeeeeeerrre... je criais je t'aiiiiiiiiiiiime... C'était l'été quarante deuuuuuuuuuuuux... De grâce, calmons-nous! Retour au trot, c'est L'addition, popularisée par Yves Montand, bien reprise par l'interprète et le compositeur. Juste assez, le compositeur et son interprète ont cette fois trouvé la voie.

Des mots très touchants du chanteur sur la mort de sa grand-mère et les mots de son grand-père, qui l'avait «connue hier», précède Comme elle est longue à mourir, ma jeunesse. Ici, justement, la power ballade était requise, appropriée.

Une pause quartette, du jazz destiné à celles et ceux qui n'en écoutent qu'à l'occasion. On ne leur gâchera pas leur découverte, on se mettra pas à leur dire que Monsieur Legrand n'est pas le plus fluide des improvisateurs même s'il peut nous en mettre plein la vue.

Puis on a droit à un duo sympa sur le thème Elle a, elle a pas, malgré les imperfections instrumentales et le noviciat de Pelchat dans les séances de scat. Retour à la ballade slow soul, cette fois anglaise: How Do You Keep The Music Playing, que Mario a fait en duo sur disque avec Dionne Warwick et qu'il fait en solo sur scène. La montée d'intensité me semble alors arriver au bon moment.

Le chanteur québécois est d'autant plus à l'aise avec Un Parfum du monde, typique ballade de pop classique, comportant des repères évidents, grande mélodie de Legrand et grand texte de Boris Bergman. Le ciel s'ennuage, ce sont les dramatiques et ostentatoires Parapluies de Cherbourg. Ovation comme prévu.

On termine en boucle avec Les Moulins de mon coeur, servie cette fois en duo ludique. Les deux interprètes ont du mal à contenir leur rire avant que le swing les ramène à l'ordre et les conduisent à la conclusion.

Visiblement, Legrand s'est amusé avec Pelchat.

 




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