La glace est brisée: près de 35 ans après leur dernier passage à Paris, les Grands Ballets canadiens ont inauguré lundi soir les quatrièmes «Étés de la danse», dont ils sont les uniques invités.

Mis à jour le 21 juill. 2008
Michel Dolbec

L'accueil a été chaleureux. La grande majorité des 2000 spectateurs massés dans les gradins aménagés sous l'immense nef de verre du Grands Palais, entre la Seine et les Champs Élysées, ont découvert avec un évident bonheur la compagnie montréalaise, dont le travail reste méconnu en France, même si elle jouit d'une bonne réputation.

«Les Grand Ballets sont complètement atypiques. Une compagnie qui a autant de répertoire, autant d'auteurs, c'est rare», répétait juste avant la première le directeur de la manifestation, Valéry Colin.

Pour donner un aperçu de l'éclectisme des Grands Ballets, leur directeur Gradimir Pankov a choisi d'ouvrir cette résidence de trois semaines avec Minus One, du chorégraphe israélien Ohad Naharin.

Créé en 2002, ce spectacle est un collage d'extraits de sept pièces plus anciennes de Naharin. C'est aussi un des plus grands succès des Grands Ballets à l'étranger.

Le premier tableau, avec ses 28 danseurs portant complets et chapeaux noirs, évoque l'énergie des danses juives traditionnelles. C'est saisissant, puissant et prometteur. Minus One perd ensuite en profondeur et en cohérence ce qu'il gagne en légèreté.

Empreinte d'humour, la suite du spectacle, avec ses chansons de variétés, est plus ludique, plus «grand public», un choix entièrement assumé par Gradimir Pankov, qui a d'abord voulu «offrir du plaisir au public».

«C'était bien d'ouvrir cette série de représentations avec un spectacle abordable, mais il y a au programme d'autres spectacles plus exigeants et plus stricts sur le plan formel», a-t-il expliqué, en évoquant, par exemple, le travail de Jiri Kylian.

À l'issue de cette première, Gradimir Pankov s'est montré satisfait de ses danseurs. «Ils sont restés très concentrés», a-t-il dit. Pourtant, il n'était pas facile pour eux d'évoluer dans un espace si vaste, en dehors des repères habituels. «Même la respiration est plus ardue dans un si grand volume», a souligné le directeur des Grands Ballets.

Le public, qui a longuement acclamé les 28 danseurs, n'y a vu que du feu. Dans la salle se trouvaient quelques personnalités, dont l'influente ministre française des Finances, Christine Lagarde. Fraîchement arrivée du Festival d'Avignon, la ministre québécoise de la Culture, Christine St-Pierre, était là aussi, entièrement conquise par ce «spectacle formidable» et cet «événement extraordinaire», par ailleurs «labellisé 400e».

Les Grands Ballets canadiens sont à l'affiche des Étés de la danse jusqu'au 9 août, avec trois programmes de ballet pour un total de 16 représentations. Au programme figurent aussi des pièces de Mauro Bigonzetti, Didy Veldman et Stjin Celis.