Les 23es Nuits d'Afrique seront plus métissées que jamais. Le festival, qui aura lieu du 14 au 26 juillet prochains, s'annonce cette année comme un gros «melting pot» de genres musicaux, de nationalités (30 pays sont représentés) et d'instruments modernes ou anciens.

Jean-Christophe Laurence LA PRESSE

«Les musiques du monde sont de plus en plus mélangées. Nous avons voulu refléter cette tendance», explique Frédéric Kervadec, coresponsable de la programmation des 23es Nuits d'Afrique.

Pas étonnant que les organisateurs aient choisi l'Orchestre national de Barbès pour le concert d'ouverture officiel, qui aura lieu le jeudi 16 juillet au Métropolis.

Depuis 10 ans, cette formation française joue la carte de la fusion, en mixant le moderne et le traditionnel, le rock, la musique du Maghreb, d'Afrique et la lutherie électronique. Ce qui fait dire à M. Kervadec, qu'il était «symbolique de les présenter en début de festival».

Parmi d'autres spectacles à tendance hybride, soulignons également le retour du groupe franco-espagnol Sergent Garcia (14 juillet, National) et de son «salsamuffin» latino-urbain-engagé. Ou celui de la formation zouk antillaise Kassav, en concert de clôture le 26 juillet au Métropolis.

Ça, c'est pour les pointures. Qu'en est-il côté «découvertes» ? À peu près la même chose, mais en parfois plus surprenant.

C'est le cas du groupe bélizien Umalal, rare formation à mixer le folklore «garifuna» (musique des Noirs d'Amérique centrale) avec le blues, le rock et le funk, qui se produira le 15 juillet au Kola Note.

C'est aussi le cas du Watcha Clan, annoncé quatre jours plus tard au même endroit. Composé de musiciens français et maghrébins, Watcha Clan propose une fusion absolument unique de chaâbi algérien, de hip-hop, de musique électronique et... de rythmes d'Europe de l'Est. Après écoute, nous confirmons: le résultat est pour le moins déroutant!

En vrac, signalons enfin l'improbable mélange banjo-kora du tandem Jayme Stone et Mansa Sissoko (20 juillet, Balattou) le reggae-gnawa-funk-arabo-andalou du chanteur algérien Jimmy Oihid (23 juillet, La Tulipe), le mix afro-péruvien-R'n'B du groupe Novalima (21 juillet, Lion d'Or) et le trad-folk-jazz-rock sud-africain du groupe Freshlyground, dont les membre sont originaires du Mozambique, du Zimbabwe et d'Afrique du Sud (22 juillet, Balattou).

Une vitrine de la scène locale

Comme à son habitude, Nuits d'Afrique débordera des salles pendant sa deuxième fin de semaine (23-26 juillet) pour s'étendre au parc Émilie-Gamelin, où une vingtaine de concerts gratuits seront présentés sur une scène extérieure.

Cette «vitrine de la scène locale», comme le résume M. Kervadec, inclura des artistes encore peu connus, issus du Québec multiculturel, comme Nii, Madou Diarra, Gotta Lago, Tribaa ou Doddy Le Tigre, mais aussi un spectacle 100 % ouest-africain, Carré Mandingue (attention, jeu de mots...) pour clôturer la programmation en plein air.

À noter que cette année, la porte-parole de Nuits d'Afrique est l'animatrice d'origine éthiopienne Rebecca Makonnen, qui dit s'être associée au festival avec «beaucoup de curiosité et d'humilité».

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23es Nuits d'Afrique, du 14 au 26 juillet. Plus de détails sur la programmation. www.festivalnuitsdafrique.com