Un invité de La Presse prend position sur des sujets qui marquent son actualité.

Stéphanie Vallet LA PRESSE

Nico Archambault est en vedette dans la comédie musicale Saturday Night Fever, présentée au Théâtre St-Denis jusqu'au 1er avril, puis tout l'été au Capitole de Québec. Le danseur et chorégraphe se promènera entre la France et le Québec au cours des prochains mois. Il sera en effet de retour cet automne dans son siège de juge à Danse avec les stars en France, mais aussi sur le plateau des Dieux de la danse à ICI Radio-Canada Télé.

Les comédies musicales

Pour

«Je suis assez fan de la nouvelle vague de comédies musicales qu'on retrouve sur Broadway ou dans l'East End de Londres, qui prennent des causes sociales actuelles et qui font réfléchir les gens en se servant des aspects classiques de la comédie musicale. Récemment, j'ai vu The Book of Mormon et j'ai beaucoup apprécié son discours super moderne, tout comme Dear Evan Hansen sur l'intimidation. Je trouve ça très intéressant.»

Les méthodes d'enseignement de la «vieille école» en danse

Contre

«Je suis pour la rigueur dans l'enseignement de manière générale. Les mentors et professeurs de qui j'ai le plus appris sont ceux qui m'ont poussé et qui ont eu des demandes parfois exigeantes, parfois inconfortables. Oui, ça peut passer par une rigueur d'éthique de travail, d'horaire, de professionnalisme. Mais jamais ça ne doit passer par la punition corporelle, l'humiliation, l'intimidation, des insultes ou la domination. Jamais un danseur ne doit se sentir diminué. C'est une excuse facile de se réclamer de la "vieille école".»

Danser avec sa conjointe dans un spectacle

[Nico Archambault partage la vedette de Saturday Night Fever avec sa femme, Wynn Holmes]

Pour

«Je suis pour, mais avec un dosage sain. Je ne pense pas que c'est bon de vivre et de travailler ensemble à 100 % tout le temps. Tu n'as plus rien à te raconter le soir, sinon! Je me sens privilégié de pouvoir travailler avec ma conjointe sur Saturday Night Fever en ce moment. C'est rare! On s'est rencontrés en dansant ensemble, mais c'est la première fois en dix ans qu'on retravaille ensemble sur un spectacle en tant qu'interprètes.»

Les fans aux mains baladeuses

[Nico Archambault a publié un message sur les réseaux sociaux en septembre dernier pour dénoncer cette pratique]

Contre

«Ce n'était pas la première fois que ça m'arrivait dans ma carrière, mais avant, je l'acceptais en me disant que c'était plus facile de sourire et de faire comme si de rien n'était. Mais ce n'est pas acceptable. Je me serais porté à la défense de quiconque autour de moi à qui ce serait arrivé. Ce qui est intéressant, c'est qu'à la suite de mon message, la première réaction de mes collègues a été d'en rire. On me disait: "Attention, Nico est arrivé, il ne faut pas le toucher." Il a fallu que j'explique que ce n'était pas si drôle. C'est un sujet qui est lié directement à l'hypersexualisation des danseurs dans notre société.»

La multiplication des émissions de danse à la télé

Pour

«Je ne peux pas être contre, car plus les gens se seront familiarisés avec la danse, plus ça va être facile pour les personnes de toutes origines, de toutes tailles et de tous âges d'avoir envie de danser. Mais j'émets un bémol qui n'a rien d'élitiste: je pense qu'il faut parfois faire la recherche nécessaire pour bien informer le public et donner les explications nécessaires à propos des divers styles de danse et de mouvements. Je prends mon rôle de juge très au sérieux dans le cadre des émissions où je travaille. Il faut aussi faire attention de ne pas saturer le marché.»

L'introduction des cours de danse à l'école

Pour 

«À mon époque, ça aurait été compliqué de faire danser tous mes camarades. Le préjugé qui veut que la danse soit seulement pour les filles était encore très fort ! Mais maintenant, il y en a pour tous les goûts. Ma soeur est prof de français à l'école secondaire Antoine-de-Saint-Exupéry et elle y dirige un programme de danse parascolaire où elle fait venir des enseignants de danse de styles différents. Ça pourrait faire des petits. Ça fait bouger les jeunes et il y aura sûrement plus d'utilisation dans la vraie vie qu'avec certains autres sports enseignés.»