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Dave Saint-Pierre s'explique

Dave St-Pierre... (Photo: André Pichette, archives La Presse)

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Dave St-Pierre

Photo: André Pichette, archives La Presse

« Pas d'argent, pas de show », a déclaré Dave St-Pierre sur sa page Facebook, annonçant du même coup qu'il ne présentera plus de spectacles à Montréal ni ailleurs dans le monde s'il doit faire des concessions financières. Une sortie qui rend plus qu'incertaine la présentation de Foudres, troisième volet de la trilogie du chorégraphe, où que ce soit au pays. Dave St-Pierre a accepté de répondre aux questions de La Presse quant à l'avenir de ses créations.

Est-ce que le spectacle Foudres sera toujours présenté à Ottawa et à Toronto ?

Concernant Toronto, j'ai annoncé au diffuseur que la compagnie n'allait pas présenter le spectacle. Cette annulation résulte d'un conflit avec le diffuseur qui n'est pas d'ordre financier. Pour Ottawa, ce n'est pas encore annulé. Mon administratrice travaille sur un nouveau budget, qui ne comportera aucun déficit pour la compagnie. Si jamais le diffuseur ne peut pas se permettre une telle somme, je vais être dans l'obligation d'annuler le spectacle à Ottawa.

Quelle est votre réaction au commentaire de Lorraine Hébert paru dans La Presse d'hier ?

Je fais de la danse contemporaine. Déjà en soi, ce n'est pas très raisonnable. Être raisonnable, surtout en art, c'est la mort. Je ne connais pas le salaire de Mme Hébert, ou de tout autre directeur de festival ou de théâtre, mais moi, je reçois 12 000 $ par année de ma compagnie. Que cette dame qui est directrice du Regroupement québécois de la danse puisse de son côté dire des bêtises et propager une vision aussi réductrice et non visionnaire de son propre milieu, en plus d'ajouter que « c'est le citoyen qui paie en bout de compte », c'est d'une aberration sans nom et un non-respect pour tous les artistes de ce milieu qui, oui, réfléchissent sur leur milieu, mais qui avant tout le vivent et l'expérimentent. Ça ne fait qu'envoyer de l'huile sur le feu des gens qui sont contre les subventions octroyées aux artistes. Belle mentalité.

Croyez-vous devoir faire des concessions pour pouvoir présenter votre art ?

Je n'ai jamais fait de concessions, et je n'en ferai jamais. Comme je dis aux producteurs et diffuseurs : «Take it or leave it».

Qui administre votre compagnie ? Quelles subventions recevez-vous ?

Du CALQ, 85 000 $ accordés en subvention de fonctionnement pour quatre ans (administration et création), 10 000 $ discrétionnaires qu'ils m'ont donnés à la suite d'une injection spéciale que le gouvernement a donnée au milieu de la danse. Ce qui n'a rien à voir avec la diffusion, qui sont des demandes ponctuelles. Concernant le CAC : une fois sur deux ou trois, je reçois une subvention pour la création, de l'ordre de 20 000 $ à 25 000 $. Je ne suis pas éligible au fonctionnement, car je n'ai jamais eu deux années de suite des subventions au projet à la création. C'est une des conditions de base pour appliquer au fonctionnement annuel. Je n'ai pas de financement privé. J'ai une administratrice à deux jours et demi/semaine, à un salaire très moyen, payée en deçà de ses compétences. Si j'ai réussi par le passé à produire des spectacles avec autant de danseurs, c'est beaucoup grâce à l'apport financier récurrent de producteurs européens fidèles, qui croyaient en moi et en mes oeuvres. Malheureusement, c'est de plus en plus difficile à ce niveau, la situation économique en Europe étant de plus en plus précaire.

Sous quelles conditions vous produiriez-vous à nouveau à Montréal ?

Une seule condition : pouvoir être payé décemment pour pouvoir payer mon monde décemment aussi. Si j'ai si peu d'argent, c'est que je n'entre pas dans les petites cases que les subventionneurs nous imposent. Et je n'ai pas envie d'y entrer tant et aussi longtemps qu'il n'y aura pas de vrai changement. Alors oui, j'accepte de mon plein gré d'avoir moins d'argent de leur part. J'assume à fond.

Est-ce difficile de renoncer à se produire chez soi ?

C'est toujours un peu difficile de dire non à la ville et au pays qui t'ont vu grandir. Mais le sentimentalisme n'a plus sa place.

Votre prochaine création serait un duo. Est-ce que cette décision a un lien avec le fait qu'il est trop difficile de créer pour 25 danseurs ?

Autant pour des raisons financières qu'artistiques, j'ai décidé de faire des choix différents pour ce spectacle. En tant que chorégraphe, j'ai besoin de me renouveler. J'ai décidé de faire un retour sur ma trilogie, pour que mon corps et mon esprit repassent à travers tout ça et pour essayer de comprendre, de digérer ce qui s'est passé ces 10 dernières années dans ma vie artistique. J'ai déjà d'autres créations en tête et en route, et mon voeu le plus cher est qu'elles soient encore plus déraisonnables que les précédentes.




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