Depuis 1964, Casse-Noisette, classique de Noël de Fernand Nault, a été vu par plus de deux millions de personnes. Le féérique ballet, adaptation du célèbre conte de Hoffmann par le défunt chorégraphe québécois des Grands Ballets, fêtera en 2014 ses 50 ans et sera présenté à partir de mardi à la salle Wilfrid-Pelletier. Pour l'occasion, La Presse a retrouvé cinq ex-Clara, une par décennie.

Publié le 8 déc. 2013
Stéphanie Vallet LA PRESSE

ANNÉES 60

Marie-Claude L'Écuyer, 60 ans

Profession: service internet pour une société de cosmétiques

Q: Quel souvenir gardez-vous de Casse-Noisette?

R: J'ai été la première Clara, en 1964. J'étudiais à l'école des Grands Ballets de Ludmilla Chiriaeff, à Notre-Dame-de-Grâce. Puis, on a déménagé dans la rue Stanley. Comme c'était la toute première mouture de Casse-Noisette, les élèves ont passé une audition sans vraiment le savoir, pendant les cours de ballet. C'est Fernand Nault lui-même qui m'a choisie. J'avais 9 ans quand on a commencé à répéter. M. Nault était très patient avec les enfants. Il cherchait surtout l'expression, plus que la technique, pour le personnage de Clara. Les premières fois qu'on a répété à la Place des Arts en costumes, c'était magique!

Q: Avez-vous continué le ballet?

R: Après Casse-Noisette, j'ai abouti au Ballet national du Canada de Toronto. Je me suis cassé le pied l'été suivant. Je ne pouvais plus faire de pointes, alors j'ai continué en danse moderne à l'université et j'ai joué dans des comédies musicales. Je fais encore des spectacles, mais je suis plus dans le chant que dans la danse. J'ai continué à aller voir Casse-Noisette. J'y ai emmené mes fils et je compte emmener mes petits-fils.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Marie-Claude L'Écuyer

ANNÉES 70

Mathilde Rompré, 44 ans

Profession: avocate

Q: Quel souvenir gardez-vous de Casse-Noisette?

R: J'avais fait une des souris dans Casse-Noisette quand j'étais à Québec. Puis, on a déménagé à Montréal et j'ai fait un enfant de la fête. J'ai été Clara en 1978 et en 1979. La première année, j'ai attrapé la rougeole! À l'époque, on avait deux distributions complètes d'enfants. Quand on se réunissait avec les membres de la compagnie, ça donnait une atmosphère unique, comme une grande famille. Mon frère joue de la flûte traversière et venait jouer dans l'orchestre symphonique pour Casse-Noisette. Je me souviens d'être allée à l'avant-scène saluer et de l'avoir vu debout dans la fosse en train de m'applaudir en criant: «C'est ma soeur!»

Q: Avez-vous continué le ballet?

R: Après Casse-Noisette, j'ai été deux ans à l'École nationale de ballet de Toronto. Mais l'apparence physique était trop importante et j'ai dû me rendre à l'évidence que, malgré le talent et la passion, je serais toujours trop ronde pour le ballet classique.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Mathilde Rompré

ANNÉES 80

Ariane Bureau, 40 ans

Profession: chargée de la vie étudiante et interculturelle au cégep de Saint-Laurent

Q: Quel souvenir gardez-vous de Casse-Noisette?

R: C'était en 1985, j'avais 12 ans. Je me souviens de l'audition comme si c'était hier. J'ai été dans Casse-Noisette pendant cinq ans, comme souris, enfant de la fête, Clara, Orientale, puis un des moutons. Mon plus beau souvenir reste cette magie de côtoyer des grands. Ce petit bonheur m'appartenait et je le partageais avec mes amies. Je parlais avec ma cousine et elle me disait qu'elle se rappelait très bien cette année-là. On avait 48 heures avec nos familles, puis tout le monde descendait à Montréal pour me voir danser.

Q: Avez-vous continué le ballet?

R: J'ai continué à danser en programme professionnel jusqu'à 16 ans. Je dansais depuis l'âge de 4 ans et j'ai eu le goût d'essayer autre chose. Ça prenait beaucoup de place dans nos vies. L'été, on était en camp de danse et pendant le temps des Fêtes, on dansait de manière intensive. Je vais encore voir Casse-Noisette et dès que j'entends la musique, je sais encore où on en est dans la chorégraphie!

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Ariane Bureau

ANNÉES 90

Kerry-Ann Saouter, 31 ans

Profession: recherchiste pour une maison de production de documentaires et réalisatrice

Q: Quel souvenir gardez-vous de Casse-Noisette?

R: J'ai fait Clara en 1992 et en 1993, mais j'ai été dans Casse-Noisette pendant cinq ans, comme souris, Clara, mouton, Orientale et ange. J'étais à l'école supérieure de danse du Québec en programme sport-études. Mon plus beau souvenir vient de l'arrière-scène, en répétition avec les gens de la compagnie. On avait Anik Bissonnette à deux pas devant nous en train de danser! C'était extraordinaire. J'aimais beaucoup le deuxième acte de Casse-Noisette, car il me permettait, assise au centre de la scène, de découvrir les danseurs au-delà de leurs personnages.

Q: Avez-vous continué le ballet?

R: J'ai arrêté la danse en 3e secondaire, juste après Casse-Noisette, et j'ai mis 10 ans à me redonner le droit de danser. Je me suis blessée et j'ai été forcée d'arrêter. J'ai repris en danse contemporaine et je m'y donne à fond pour le plaisir. Je n'ai jamais été capable de retourner voir Casse-Noisette. Ça va être la première fois cette année. C'était trop important et émotif dans ma vie.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Kerry-Ann Saouter

ANNÉES 2000

Clara Corbo, 11 ans

Profession: élève de l'École supérieure de ballet du Québec

Q: Quel est ton meilleur souvenir de Casse-Noisette?

R: C'est la deuxième année que je suis Clara. Je vais voir Casse-Noisette chaque année depuis que j'ai 3 ans. C'est une tradition dans ma famille et c'était un rêve pour moi de jouer Clara. J'ai commencé la danse à 3 ans et je suis dans le programme danse-études depuis l'âge de 8 ans. Mon plus beau souvenir reste le premier soir, lors de mon entrée et de mon salut sur scène.

Q: Veux-tu continuer le ballet?

R: Avoir le rôle de Clara m'a vraiment poussée encore plus à vouloir devenir danseuse. Je le savais, mais l'expérience de Casse-Noisette m'a donné vraiment une grosse tape dans le dos pour continuer dans cette voie. J'aimerais beaucoup faire le mouton noir l'an prochain, car c'est très technique et il fait la finale, un de mes moments préférés.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Clara Corbo