La Cinquième Salle accueille dès aujourd'hui Weather, une création inspirée des variations climatiques de la chorégraphe australienne Lucy Guerin, dont les six interprètes virevolteront au gré du temps.

Mis à jour le 22 oct. 2013
Stéphanie Vallet LA PRESSE

Présentée en première mondiale au Festival de Melbourne en octobre 2012, Weather est une coproduction de la Place des Arts, qui a accueilli la compagnie Lucy Guerin Inc. pour deux semaines de résidence en octobre 2011. Portée par l'idée que la force des éléments se marie à merveille avec les mouvements du corps, la chorégraphe a donc décidé d'explorer cette avenue.

«La dynamique et le flot directionnel de la météo ont un beau potentiel chorégraphique. Cette création est complexe, mais laisse autant place à des mouvements formels qu'à l'improvisation», dit-elle.

Après un long processus de recherche, dont une visite du Bureau de la météorologie australien, la chorégraphe est passée en mode expérimentation dans son studio, dans lequel elle a fait entrer une machine à neige, des ventilateurs, mais aussi un canon à confettis et quelques séchoirs à cheveux afin d'évaluer la capacité de ces objets à reproduire certains phénomènes météo.

De simples sacs blancs

Ce sont finalement de simples sacs blancs en plastique qui auront le plus fait leurs preuves dans cet exercice inusité de reproduire le mouvement invisible de l'air.

C'est ainsi que les six danseurs de Weather s'exécuteront sous un plafond de nuages aux couleurs changeantes et à la texture intrigante créé par Robert Cousins.

La scénographie est très importante. «Ç'a été un long processus de découvertes! Mais les sacs blancs sont assez génériques à travers la planète et répondent si bien à l'air et au mouvement. Ils symbolisent aussi la manière dont on endommage la planète», ajoute la chorégraphe.

Les danseurs de Weather incarnent donc les variations climatiques, du temps qui s'éclaircit, puis s'assombrit en violentes tempêtes, mais expriment également la relation émotionnelle qu'entretient l'humain avec la météo.

«Le climat influence aussi nos humeurs, notre habillement, notre nourriture, nos activités, l'architecture, et même nos conversations! Nous sommes émotionnellement reliés aux phénomènes météorologiques», explique Lucy Guerin.

Si tous les aspects de la météo se retrouvent dans Weather, c'est la structure de la formation des tempêtes qui a le plus inspiré la chorégraphe. En plus de creuser l'idée de circularité sur scène, elle a exploité les similitudes des mouvements du corps avec ceux provoqués par la force des éléments comme l'eau ou l'air. Ainsi, au gré d'une musique atmosphérique, les danseurs se font feuilles au vent, orage qui gronde, pierres qui roulent dans une rivière ou eau tranquille.

«C'est une pièce très demandante pour les danseurs. Ils doivent passer de passages très chorégraphiés à d'autres entièrement improvisés, ce qui amène cet élément chaotique et imprévisible typique de la météo», précise Lucy Guerin.

Weather transporte les spectateurs dans un univers sonore composé par Oren Ambarchi, qui représente les changements de saison et la perpétuelle rotation de la Terre. «Je voulais faire vivre au public une expérience sonore qui l'aiderait à mieux plonger dans la chorégraphie», précise la créatrice.

Mais quel type de temps décrirait le mieux Lucy Guerin? «Un rayon de soleil juste après la pluie», répond-elle en riant.

La chorégraphe australienne est actuellement en pleine conception d'un projet intitulé Live Movie.

«Les danseurs regardent le film Vertigo de Hitchcock sur un grand écran derrière le public. J'ai utilisé le film comme canevas de chorégraphie: le public entend, mais ne voit pas le film, alors que les danseurs y répondent sur scène», conclut-elle.

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Du 22 au 26 octobre, à la Cinquième Salle de la PdA.