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Jean dit: vérités et conséquences

Le texte d'Olivier Choinière emprunte la voie d'une... (PHOTO VALÉRIE REMISE, FOURNIE PAR LE THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI)

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Le texte d'Olivier Choinière emprunte la voie d'une spirale pernicieuse basée sur un jeu, «Jean dit», qui place les personnages/participants dans une quête absolue de vérité.

PHOTO VALÉRIE REMISE, FOURNIE PAR LE THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI

Mario Cloutier

Un spectacle furieusement original que ce Jean dit d'Olivier Choinière. Malgré quelques redondances, il nous triture le cerveau là où il y a surchauffe. Sans anesthésie.

Une salle de rencontre kitsch avec dorures et sculptures de pénis au plafond, de cage thoracique et de coeur sur les murs. Deux animateurs haranguent la foule: «Jean dit: êtes-vous prêts?» Les spectateurs répondent au début, mais près de deux heures plus tard, comme tétanisés, ils ne diront plus mot.

Le texte d'Olivier Choinière emprunte la voie d'une spirale pernicieuse basée sur un jeu, «Jean dit», qui place les personnages/participants - famille, amis, enseignant, médecin, journaliste, politicien - dans une quête absolue de vérité. Tous finissent par s'y soumettre. Ils sont «baptisés», forment un cercle solide et propagent leur foi jusqu'aux plus puissants.

La dramaturge et metteur en scène nous fait passer du rire franc au jaune et au noir dans ce rituel cherchant la vérité à tout prix. 

La sincérité de tout un chacun nous touche, mais leur obsession maniaque nous mène peu à peu vers l'absurde.

Vérité totalitaire

Cette messe pas du tout à gogo est célébrée par un chanteur de death metal (remarquable Sébastien Croteau) à l'allure tant messianique que satanique. Les nombreuses conversions de disciples à la «Vérité», rythmées par un même couplet musical, versent toutefois dans la redondance.

Sinon, le texte dense et l'interprétation, qui évite toute exagération, tournent inlassablement le fer dans la plaie de la vérité comme idée totalitaire. Ce concept bénéfique et douteux tout à la fois. Ce désir justifié de sincérité qui peut devenir un combat sans merci entre les vérités de chacun.

Dans Jean Dit, Sébastien Croteau interprète un chanteur de... (Photo Valérie Remise, fournie par le Théâtre d’Aujourd’hui) - image 2.0

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Dans Jean Dit, Sébastien Croteau interprète un chanteur de death metal qui convertit des disciples à la «Vérité».

Photo Valérie Remise, fournie par le Théâtre d’Aujourd’hui

Admettre ses mensonges au grand jour et à ses proches délivre, libère, mais jusqu'où aller exactement? Jusqu'à dire tout ce qui nous passe par la tête sans réfléchir? Jusqu'à ériger «sa» vérité comme «la» vérité, comme religion? Jusqu'à devenir dieu?

On le conçoit aisément, si l'on veut vivre en société, échanger d'égal à égal, débattre raisonnablement, rendre et obtenir justice, un cadre et des limites s'imposent.

Olivier Choinière manie le scalpel avec précision et pertinence dans Jean dit. La vérité, toute la vérité, rien que la vérité finit par faire mal. Ce n'est pas à cause du band de death metal qui intervient fréquemment durant le spectacle, mais bien parce qu'elle n'est pas que lumière et sagesse. 

La vérité des autres crachée en plein visage laisse perplexe. La vérité comme credo donne mal au coeur. La vérité tout le temps et à tout prix est une dictature... et un mensonge de plus.

* * * 1/2

Jean dit. Texte et mise en scène d'Olivier Choinière. Présentée au Théâtre d'Aujourd'hui jusqu'au 17 mars.




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