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Se mettre dans l'eau chaude : sortir la tête de l'eau

Pour la présentation du parcours déambulatoire baptisé Se... (Andre Pichette)

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Pour la présentation du parcours déambulatoire baptisé Se mettre dans l'eau chaude, l'Action terroriste socialement acceptable a transformé le théâtre de L'Espace libre en spa nordique, ce lieu d'évasion par excellence, qui symbolise sans doute le mieux notre caractère individuel.

Andre Pichette

L'Action terroriste socialement acceptable (l'ATSA) s'est trouvé un nouveau terrain de jeu pour encourager l'engagement citoyen: le spa. Pour la présentation du parcours déambulatoire baptisé Se mettre dans l'eau chaude, Annie Roy et Pierre Allard ont transformé le théâtre de L'Espace libre en spa nordique, ce lieu d'évasion par excellence, qui symbolise sans doute le mieux notre caractère individuel.

Dès notre arrivée, une équipe de bénévoles nous remet un peignoir avec un choix à faire: se mouiller ou non. On pourrait penser que ce choix est déterminant dans le parcours théâtral qui suivra, mais il ne l'est pas tant que ça. Vous aurez droit tout au plus à une saucette dans l'un des trois spas installés à l'extérieur du théâtre, dans la rue Coupal, avant la représentation.

Une fois vêtu dudit peignoir, on se fait offrir un verre de bière, de vin ou de cidre (qu'on paie à la fin de la représentation), des rondelles de concombres, qu'on peut se coller sur les paupières ou les tempes, et aussi un petit baume de tigre qu'une hôtesse nous applique gentiment sur les tempes. Bref, on recrée l'expérience douillette du spa avec ses parfums d'eucalyptus et ses cruches d'eau citronnée.

Pendant ces longs préliminaires, les clients-spectateurs sont invités à répondre à un questionnaire sur notre définition du bonheur, mais aussi sur nos préoccupations sociales et notre engagement dans notre communauté. On se rend compte assez rapidement que nos actions ne sont absolument pas proportionnelles aux inquiétudes sociales et politiques que l'on pourrait avoir. Premier sentiment de culpabilité.

Mais venons-en au coeur de ce parcours, somme toute assez mince. À l'intérieur du théâtre recouvert de tapis orientaux, la prof de yoga Mylène Roy nous propose une expérience méditative. En même temps qu'elle nous invite à mettre nos soucis de côté pour vivre notre «ici maintenant», on nous bombarde d'extraits sonores de nouvelles malheureuses et d'images de guerres, de cadavres, d'enfants abandonnés...

Bref, pendant qu'on se bichonne au spa ou qu'on médite dans nos cours de yoga, des gens souffrent et meurent. Une évidence, bien sûr, mais aussi une façon - pas toujours très subtile, il faut le dire - de souligner notre capacité extraordinaire à faire collectivement l'autruche et à prétendre que tout va bien. Plus tard, on nous entassera dans un «sauna» en évoquant des camps de prisonniers. Un peu court...

Certains n'apprécieront pas le ton moralisateur des créateurs, un peu agaçant. En même temps, on ne peut pas être contre la vertu, l'engagement, la bonté et l'amour. Le contraste entre le spa relaxant et le chaos du monde moderne est saisissant, mais le lien implicite entre l'inaction et le spa est un raccourci un peu facile. Est-ce si farfelu d'aller au spa un jour et de manifester contre l'exploitation du gaz de schiste le lendemain?

Outre deux courts monologues de Geneviève Rochette et Jean-François Nadeau, et une discussion libre sur le thème du bonheur collectif, on reste un peu sur notre faim. Au lieu de son approche culpabilisante, on aurait aimé que l'ATSA plonge dans l'arène artistique avec un projet plus étoffé, un angle plus précis, un récit plus poignant. Pour que cette installation soit plus qu'une distraction.

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À L'Espace libre jusqu'à samedi.




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