Les orphelins de Madrid : sur la route

Louise Cardinal et Sébastien Gauthier, dans Les orphelins...

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Louise Cardinal et Sébastien Gauthier, dans Les orphelins de Madrid.

C'est rare, très rare, d'apercevoir un panneau publicitaire en bordure de l'autoroute des Laurentides présentant l'affiche d'une création de la relève théâtrale. Pourtant, en traversant la rivière des Mille-Îles sur l'autoroute 15, un gros panneau annonce l'actuelle production du Petit Théâtre du Nord, une compagnie qui, depuis près de 15 ans, présente des pièces inédites de jeunes auteurs québécois pour le public des Basses-Laurentides et de la région métropolitaine.

C'est un mandat aussi noble qu'exigeant que se sont donné les comédiens Luc Bourgeois, Louise Cardinal, Sébastien Gauthier et Mélanie St-Laurent. Les trois premiers acteurs ont fait leur classe tout près, à l'option-théâtre du Collège de Sainte-Thérèse, d'où l'idée d'installer leur compagnie dans la MRC (d'ailleurs, la troupe occupera l'été prochain sa propre salle dans son nouveau centre de création-production et diffusion, à Boisbriand).

Le dernier opus défendu par ce quatuor est signé par la prolifique auteure Sarah Berthiaume. Il a pour titre Les orphelins de Madrid. Disons-le tout de suite, le résultat, fort sympathique, répond parfaitement à leur mandat.

La prémisse est assez amusante et originale. Un couple dans la (jeune) quarantaine, récemment séparé, se partage la garde de leur fille de 6 ans. Comme l'un habite Montréal et l'autre Québec, les parents ont l'habitude de se rencontrer à mi-chemin, au restaurant Le Madrid pour confier l'enfant à l'autre... Or, ce jour-là, ils arrivent devant les décombres du restaurant démoli (très belle scénographie de Jonas Veroff Bouchard, éclairée subtilement par Jérémie Boucher). Un décor qui évoque à la fois les ruines du Madrid, mais aussi celles de la famille traditionnelle symbolisée par ce couple en déroute.

Ensuite, les choses se compliqueront: l'enfant disparaîtra, la mère partira à sa recherche, mais tombera plutôt sur un ex-serveur du resto (Luc Bourgeois), frustré d'avoir perdu son boulot. Ce dernier a aussi une dent contre le chanteur du Madrid, Normand L'Amour, qui lui aurait volé les textes de ses chansons. Quant au père, il verra son voeu exaucé par Zoltar, ce diseur de bonne aventure de la machine (clin d'oeil au film Big avec Tom Hanks). Au milieu de ces péripéties aussi loufoques qu'insolites, le couple remettra en question sa séparation...

Si la prémisse est prometteuse, le propos demeure un peu mince. Il y aurait plus de choses à dire sur les thèmes effleurés par l'auteure. Mais bon, ne boudons pas notre plaisir. Sarah Berthiaume veut davantage amuser le public que philosopher sur les fragiles fondations du couple d'aujourd'hui ou sur l'avenir des familles reconstituées.

Qui plus est, son histoire est habilement mise en scène par Sylvain Bélanger et livrée par quatre solides acteurs, dont Luc Bourgeois, qui brille dans un registre assez périlleux. Cette 15e production du Petit Théâtre du Nord vaut le détour.

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Les orphelins de Madrid. Au Centre communautaire de Blainville, 1000, chemin du Plan-Bouchard. Jusqu'au 25 août.




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