Un melting pot de styles, de musiques, de cultures. Une grosse fresque joyeuse où Bollywood et Khatakali, saris et yogis se mêlent allégrement. Une suite bon enfant de tableaux animés par des projections montrant tantôt des scènes quotidiennes autour du Gange à Varanasi, tantôt le tournage d'un film d'hommes virils à Mumbai.

Sylvie St-Jacques LA PRESSE

Racoleur comme un vendeur du Taj Mahal, cliché comme un voyage organisé pour découvrir l'Inde en 10 jours, divertissant, facile, accessible... Le spectacle Bharati a tout pour irriter les puristes... et plus encore pour allumer l'étincelle enfantine chez les authentiques amoureux de comédie musicale!

C'est long -deux heures vingt, avec entracte-, c'est chargé -chaque tableau comporte plus de paillettes, de voiles et de couleurs vives que le précédent-, c'est très vivant -on vous met au défi de ne pas hocher de la tête et taper du pied- et, surtout, ça ne s'encombre pas de nuances et encore moins d'intrigues inutilement complexes.

Au coeur de ce buffet indien fastueux et délirant, la splendide Bhavna Pani incarne Bharati, une fille du pays qui flanche pour un dénommé Siddharta, ingénieur qui a grandi aux États-Unis qui retourne dans son Inde d'origine avec des ambitions environnementales.

Le narrateur, Rahul Vohra, dans un français impeccable -et pimenté de quelques allusions au Québec qui ont séduit le public-, se charge de raconter une histoire qui prend forme dans des tableaux dansés et chantés avec une virtuosité parfaite.

Tout l'intérêt de Bharati, en vérité, réside dans l'occupation de la scène de Wilfrid-Pelletier par des musiciens, chanteurs et danseurs qui transmettent leur art avec une maîtrise incroyable. Certes, cette démonstration sous forme de cartes postales vivantes de la diversité de l'Inde effleure de manière superficielle la richesse d'une civilisation, mais Bharati a le mérite d'allier avec beaucoup de doigté modernité et tradition.

Objet atypique, inclassable, à mi-chemin peut-être entre un film de Bollywood et une comédie musicale au kitsch assumé -comme Mamma Mia, disons-, Bharati existe dans une classe à part. Au bout du compte, ce que l'on retient de ce déferlement de couleurs, d'images et de chansons entraînantes, c'est qu'il nous a fait sourire et voyager pendant une soirée où l'on n'a pas vu le temps passer. Et si, à 22h20, tous les spectateurs étaient debout, avec les bras qui s'agitaient dans les airs, c'est qu'il devait bien avoir un ingrédient magique dans cet abondant «masala musical».

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Bharati, jusqu'au 23 octobre à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.